Éric Filion, président d’Hydro-Québec Distribution, était invité par le DigiHub de Shawinigan mercredi midi.

Le président d’Hydro-Québec Distribution rassurant sur l’avenir du LTÉ

Shawinigan — Le DigiHub de Shawinigan recevait de la grande visite dans le cadre de ses conférences du Hub mercredi midi, avec la présence d’Éric Filion, président d’Hydro-Québec Distribution. Si son propos portait principalement sur le portrait de sa division et les nouvelles solutions énergétiques, le maire de Shawinigan, Michel Angers, a voulu profiter de l’occasion pour être rassuré sur les perspectives d’avenir du Laboratoire des technologies de l’énergie, l’un des deux centres qui forment l’Institut de recherche d’Hydro-Québec.

Le nombre de chercheurs a fondu sur l’avenue de la Montagne depuis plusieurs années, ce que déplore M. Angers.

«Le directeur du LTÉ me dit qu’éventuellement, il y aura une croissance», témoigne le maire. «J’ose espérer que la contribution des chercheurs de Shawinigan (...) sera une plus-value non seulement pour notre ville, mais pour le Québec.»

Les laboratoires de recherche ne relèvent pas directement d’Hydro-Québec Distribution, mais M. Filion convient que cette division travaille étroitement avec lui.

«Pour nous, le LTE, c’est l’aspect développement du service au client», explique le conférencier. «Nous avons une soixantaine de personnes qui travaillent à Shawinigan. C’est assez stable depuis les trois ou quatre dernières années. Par contre, nous allons continuer à nous diversifier.»

«Présentement, environ le quart des effectifs œuvrent au nouveau centre d’excellence pour le transport électrique, tout ce qui concerne le stockage, entre autres», ajoute le président. «C’est une des diversifications qui a été faite. Nos nouveaux produits et services nous amèneront d’autres opportunités pour le futur. Nous avons une super équipe, à Shawinigan.»

Pendant son discours d’une trentaine de minutes, M. Filion a d’ailleurs cité le développement de la résidence intelligente, réalisé par le LTÉ depuis deux ans.

«Nous avons deux maisons expérimentales où nous avons installé toutes les technologies possibles, autant dans la domotique, les panneaux solaires, les batteries, les bornes de recharge bidirectionnelle... C’est un cocktail de technologies pour voir comment tout ça s’intègre ensemble, comment ça va influencer notre réseau et aussi, quelle sera la plus-value pour nos clients. C’est un beau projet qui mènera à des annonces pour de nouveaux produits pour la population.»

Demande

Environ 80 personnes ont assisté à cette conférence, qui était suivie d’une période de questions. L’un des volets de la présentation touchait la croissance de la consommation prévue en raison d’une nouvelle demande, notamment celle des centres de données. À Shawinigan, Watts Illimités doit entreprendre l’exploitation du sien au début de l’été, dans le Technoparc. Un investissement de 10 millions $ dans sa première phase qui garantira un très haut niveau de sécurité à ses clients, en plus d’offrir un volet de récupération d’énergie.

«Depuis 2007-2008, la consommation au Québec stagne à 170 térawattheures», rappelle M. Filion. «Comme nous avons des actifs vieillissants qui nécessitent plus de maintenance, il faut accroître nos revenus. Nous avons donc développé certains créneaux, fait du démarchage pour attirer des entreprises.»

«Tout ce qui touche aux centres de données est un créneau de croissance important. C’est une consommation qui nous intéresse beaucoup, parce que pour un certain niveau de puissance, ils utilisent un maximum de consommation d’énergie. Montréal et le Québec sont rendus une plaque tournante mondiale dans ce domaine. La chaîne de blocs est aussi un créneau important. Les serres industrielles est un autre domaine qui nous intéresse.»

En entrevue, M. Filion précise que les consommateurs verront les bénéfices de ces nouveaux marchés.

«Ces ventes additionnelles, avec la même base d’infrastructures au Québec, permettent de faire une pression à la baisse sur les tarifs de tous les clients. C’est pourquoi nous entreprenons des initiatives pour attirer des entreprises ici. La notion du développement économique dans les communautés est aussi intéressante.»

Avant sa conférence, M. Filion a visité le DigiHub et il en est reparti avec une très favorable impression.

«Le mot qui me vient en tête, c’est dynamisme», résume-t-il. «J’ai vu plein de beaux projets, de belles entreprises. Des éléments qui pourraient être intéressants pour Hydro-Québec, comme des logiciels sur les façons avec lesquelles on interagit avec les fournisseurs, des clients. J’aime beaucoup le concept.»