Ann Charest et Patrice Laroche sont les deux propriétaires de l'Auberge de la petite chapelle.

Le presbytère Saint-Andrew transformé en charmante auberge

Tout a été pensé dans l'Auberge de la petite chapelle à La Tuque. Les propriétaires veulent offrir beaucoup plus qu'une simple nuitée dans l'ancien presbytère de l'église anglicane Saint-Andrew. C'est toute une expérience qu'ils proposent de vivre dans un morceau d'histoire de la Haute-Mauricie. L'Auberge de la petite chapelle ouvrira ses portes officiellement le 1er septembre après de longues années de travail acharné.
La chambre Wenceslas Plante.
On peut apercevoir l'intérieur de l'église Saint-Andrew. Le vitrail de l'artiste Mary Hamilton Frye est au fond complètement.
«On passait souvent devant. On se disait que ça ne faisait aucun sens de laisser partir un patrimoine comme celui-là. C'est tellement beau! On a décidé de visiter. Ç'a été le coup de coeur, un vrai coup de coeur», lance d'entrée de jeu Ann Charest.
On a mis beaucoup d'efforts, beaucoup de notre temps et de notre ADN aussi. Pour nous, c'est une aventure qui se termine et une nouvelle qui commence», a ajouté Patrice Laroche.
L'église anglicane Saint-Andrew de La Tuque et son presbytère, deux bâtiments inventoriés au répertoire du patrimoine culturel du Québec, ont trouvé preneurs il y a déjà quelque temps, cinq ans précisément. Les deux entrepreneurs, Patrice Laroche et Ann Charest, ont eu un véritable coup de foudre, mais le rêve qu'ils chérissaient n'était pas aussi simple qu'ils l'avaient imaginé.
«On ne savait pas trop dans quoi on s'embarquait. C'était plus compliqué que ça en avait l'air. On avait mis nos lunettes roses», confie Ann Charest.
En plus de toute la paperasse, les dirigeants de l'usine s'étaient opposés au changement de zonage au début du projet. Même si le conflit s'est réglé rapidement, le couple avait alors pris la décision de mettre le projet sur la glace un moment. Ils avaient alors emménagé dans l'ancien presbytère avec leurs enfants. C'est le départ de ceux-ci qui a ramené le projet sur les rails. 
«Là, on a décidé de plonger», lance-t-elle.
«C'était une place de rassemblement ici. Je suis contente qu'elle retrouve sa vocation, pas initiale, mais qu'elle retrouve sa valeur d'antan. On veut que les gens s'y sentent bien», a ajouté Mme Charest.
Les propriétaires ont commencé les travaux. Ils ont gardé le plus d'éléments «d'origine» possible. Du foyer de la salle à manger aux portes qui ont nécessité des heures de travail pour enlever de nombreuses couches de peinture en passant par les poteaux d'escaliers. 
L'inspiration de l'ameublement des chambres est également étroitement liée avec l'époque des bâtiments. L'histoire de La Tuque se retrouve aussi dans les photos encadrées un peu partout dans les pièces. Une réalisation qui a été rendue possible avec la Société historique de La Tuque et du Haut Saint-Maurice qui a appuyé les propriétaires.
«Plus on s'intéresse à l'histoire, plus on veut en savoir. [...] Ç'a réveillé une partie de l'histoire de La Tuque qu'on pourrait dire oubliée et enterrée. Les Latuquois entendent beaucoup parler de Félix Leclerc, mais il n'y a pas que lui qui a laissé sa trace à La Tuque», a lancé Patrice Laroche.
«Les clients aiment ça se faire raconter des histoires, et on a hâte de les raconter», a-t-il ajouté.
Même le nom des chambres, qui sont toutes équipées d'une salle de bain privée, fait référence au passé. Les clients pourront choisir de loger dans un endroit portant le nom de grands personnages. 
«On a la Anne McCormick pour la reine de la Mauricie. Il y a la chambre du docteur Max Comtois qui a pratiqué ici dans les années 20. Il y en a une autre qui porte le nom du premier maire de La Tuque, Wenceslas Plante. Il y a d'ailleurs beaucoup d'histoire à raconter sur lui ! Il y a aussi la chambre Jean Crête et la suite Montague Browne. C'est la pièce maîtresse, la vedette de la place», explique Mme Charest.
Montague Brown est le personnage du vitrail qui orne l'église Saint-Andrew. D'ailleurs, l'oeuvre d'art, signée de la main de l'artiste américaine Mary Hamilton Frye, attire de nombreux regards d'un peu partout dans le monde. 
«Il y a une femme du Montana qui est venue passer deux jours pour voir le vitrail. De Montana à La Tuque, c'est loin. Elle avait déjà toutes les photos. [...] C'est comme ça qu'on a su qu'il avait été exposé à Boston avant d'arriver ici. On a un article de journal qui en parle», racontent-ils.
Il faut dire que les gens en général sont très curieux. Ils se présentent à toutes heures pour visiter les lieux, pour toutes sortes de raisons différentes. 
Les clients pourront évidemment aller visiter l'église centenaire lors de leur séjour, un incontournable.
D'ailleurs, lorsqu'ils ont acquis l'église, les propriétaires y ont trouvé beaucoup de matériel qu'ils se sont empressés de redonner. 
«On a fait des démarches avec le Diocèse de Québec qui en avait déjà trop. On ne pouvait quand même pas y mettre le feu. [...] Alors, on a donné aux suivants. On a donné les toges aux petits chanteurs de la chorale de Mme Guérin. Tout ce qui était plus religieux a été remis à la société historique. Il ne faut pas détruire l'histoire! On voulait que ce soit dans des places où ce sera utilisé à une juste valeur», a expliqué Ann Charest.
Les deux hôtes de l'Auberge de la petite chapelle accueilleront leurs premiers clients dans les prochains jours, mais les idées se font déjà nombreuses pour la suite des choses.