Le site Harmonie, situé à la limite de Shawinigan et Grandes-Piles, a généré à lui seul tout près de la moitié des revenus de la SDS en 2019.
Le site Harmonie, situé à la limite de Shawinigan et Grandes-Piles, a généré à lui seul tout près de la moitié des revenus de la SDS en 2019.

Le parc Harmonie, carte cachée de la Société de développement de Shawinigan

Shawinigan — Avec des revenus de quatre millions de dollars en 2019 et des capacités d’enfouissement qui se prolongeront sur une vingtaine d’années, le parc Harmonie constitue la carte cachée de l’acquisition des installations de Produits forestiers Résolu par la Société de développement de Shawinigan, convient le maire, Michel Angers.

Lors de cette transaction en 2016, tous les yeux étaient tournés vers les travaux de démolition et la reconversion de certains bâtiments de l’ex-papeterie Laurentide pour les besoins de Nemaska Lithium. L’aménagement d’une nouvelle marina et d’un parc riverain a suivi en 2018.

Le parc Harmonie a repris ses activités en 2017. Il s’agit d’un site d’enfouissement pour les résidus de l’industrie papetière, un énorme terrain de jeux de près de 1,3 million de mètres carrés situé à la frontière de Grandes-Piles, sur la route 155.

En mars 2016, la SDS avait acquis ce site, celui de l’usine Laurentide et un lot adjacent, le Parc des Anglais et la bâtisse des opérations forestières pour la somme de deux millions de dollars.

À 1,478 million $, la propriété de l’ancienne papeterie représentait la plus grosse part du gâteau, mais le site Harmonie était ensuite la plus importante acquisition, soit un montant de 332 000 $, dont 15 000 $ pour un bout de terrain qui déborde du côté de Grandes-Piles.

«On ne connaissait pas tant le potentiel de ce site», confie Louis Chevalier, président de la SDS. «Nous avons fait faire des études et nous savons maintenant que c’est un site avec un grand potentiel.»

L’exploitation du site Harmonie a entraîné des revenus de 4,066 millions $ en 2019 et un bénéfice net de 2,6 millions $, après les charges liées à ses opérations.

«Nous avons des clients qui viennent nous mener de la marchandise et on facture!», résume M. Chevalier. «Nous travaillons sur des ententes à long terme avec des clients et des investissements s’en viennent pour répondre à la demande, tout en respectant le certificat d’autorisation dédié aux résidus de l’industrie papetière.»

M. Chevalier fait remarquer qu’il existe peu de sites semblables au Québec, ce qui le rend d’autant plus précieux. Par exemple, les matières résiduelles du grand ménage en cours à l’ex-usine Belgo aboutissent à cet endroit. Cette contribution exceptionnelle explique, en partie, les revenus d’exploitation enviables en 2019.

La quantité de matières enfouies est passée de 70 000 tonnes en 2017 à 100 000 tonnes l’an dernier. La SDS s’est créé une réserve de 1,5 million $ pour ajouter des cellules au site Harmonie et ainsi, augmenter sa capacité d’accueil.

À ce rythme, M. Chevalier ne nie pas que la contribution annuelle demandée à la Ville de Shawinigan pourrait diminuer. Grosso modo, un montant de 1,5 million $ est transféré au bras immobilier de la Ville chaque année, mais il a atteint un sommet de 2,04 millions $ en 2019 en raison des investissements requis pour compléter l’aménagement du deuxième étage du Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins. En 2020, cette contribution a été ramenée à 1,6 million $.

«Le site Harmonie donnera un élan aux finances de la SDS à long terme», estime M. Chevalier. «Éventuellement, ça pourrait enlever de la pression sur nos demandes de contribution à la Ville de Shawinigan.»

Le maire ne demande pas mieux.

«Très rapidement, la SDS rentre dans son argent avec la transaction avec Produits forestiers Résolu», se félicite-t-il. «Et là, j’exclus la vente d’équipements et l’aide financière d’un million $ pour la décontamination... C’est le deal du siècle! Notre objectif, c’est qu’éventuellement, la Société de développement vole de ses propres ailes et on s’en va dans la bonne direction.»

Une première

Outre la subvention municipale et l’exploitation du site Harmonie, la SDS a touché des revenus de loyers de 2,3 millions $ en 2019. L’organisme possède 15 immeubles et sa vingtaine de locataires procurent des emplois à plus de 1400 personnes. M. Angers fait remarquer que la SDS paye un peu plus d’un million de dollars en taxes municipales chaque année.

Bref, sur des revenus totaux de 8,9 millions en 2019, plus des trois quarts sont générés par les activités de la société.

Il s’agit du tout premier rapport annuel produit par la SDS depuis sa création, en 2003.

«Nous avions des demandes de citoyens, qui posaient des questions sur nos activités», rappelle M. Chevalier. «Dans le privé, je n’étais pas trop habitué à ça! Nous avons eu des demandes d’accès à l’information, nous avons gagné nos causes, mais on se demandait comment faire pour donner de l’information en faisant attention de respecter les relations privées que nous avons. L’idée de ce rapport est venue de fil en aiguille. C’est une belle histoire, la SDS, mais des gens trouvaient ça opaque.»

En 2019, l’organisme a dégagé un surplus de 2,218 millions $. Une importante partie de ce montant, soit 1,5 million $, sera réservée aux investissements prévus au site Harmonie en 2020.