Les impacts de la COVID-19 se font déjà ressentir des deux côtés du fleuve.

Le milieu économique sur le qui-vive: «c’est clair que ça va avoir un impact»

TROIS-RIVIÈRES — Des deux côtés du fleuve Saint-Laurent, que ce soit dans les ports ou les établissements hôteliers, en passant par les organismes économiques, le COVID-19 cause bien des maux de tête au plan organisationnel.

«C’est clair que ça va avoir un impact. On se réjouit que les gouvernements prennent des mesures, mais ce n’est pas clair encore. On suit ça de près. Les gens s’affairent aujourd’hui à mettre en place des plans», a commenté la présidente du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Johanne Hinse.

Celle-ci se dit inquiète pour les PME qui n’ont pas de moyens, ni de services en ressources humaines. «La Fédération des chambres de commerce du Québec va produire un guide pour les entreprises. Si on peut aider, on va aider. Ça va devenir de l’effort collectif tantôt», a-t-elle ajouté, confirmant du même coup que chez Cogeco, où elle est vice-présidente, «on est en train de s’organiser».

Vendredi, la Chambre trifluvienne a annoncé, à regret, l’annulation ou le report de plusieurs événements en raison des répercussions de la COVID-19, mais surtout pour la sécurité de tous.

Ainsi, si le 5@7 prévu le 19 mars en collaboration avec Technoscience est carrément annulé, la CCI3R a décidé de reporter à une date ultérieure les activités suivantes: Rendez-vous d’affaires publiques avec la ministre Marie-Eve Proulx qui devait avoir lieu le 20 mars, le Grand déjeuner d’affaires Cogeco qui devait se tenir le 25 mars et la Dégustation de Vins du Monde Fonds de solidarité FTQ qui était prévue le 2 avril.

C’est donc à la suite des recommandations du premier ministre François Legault d’annuler tout événement non essentiel et à la lumière du contexte qui prévaut en région que la CCI3R dit prendre «cette difficile décision afin d’éviter tout risque de propagation du coronavirus».

«C’est une décision responsable et vitale qu’a pris notre organisation. Nous ferons connaître tous les détails et modalités des reports ou annulations dans les meilleurs délais. Nos événements sont des rassemblements qui impliquent un grand nombre d’invités, de partenaires et il y a évidemment beaucoup d’éléments à évaluer. Je vous invite à surveiller nos différentes plateformes pour les détails», a précisé la présidente Johanne Hinse.

Selon elle, la Chambre surveille la situation de près et se permet de réévaluer les décisions en temps réel. «Toute l’équipe demeure disponible aux questions des membres», tient-elle à faire savoir.

À l’Auberge Godefroy, à Bécancour, la vice-présidente et directrice générale, Marie-Ève Boisclair, affirme ne pas avoir été pris de court.

«On a mis en place des mesures supplémentaires aux mesures habituelles d’hygiène qui existent depuis 30 ans. Toutes nos aires publiques et nos poignées sont nettoyées plusieurs fois par jour. Le Purell est déjà installé. On travaille déjà avec des produits désinfectants biodégradables. On veut protéger nos employés, qui sont formés pour être consciencieux, les clients et les familles», a confié celle qui a fait installer une affiche invitant les gens à désinfecter et laver leurs mains ou à «revenir nous voir si vous êtes malades et fiévreux».

À cela s’ajoute des mesures additionnelles à la salle à manger alors que la literie, la lingerie et la vaisselle bénéficient d’un lavage industriel.

«Nous sommes en communication avec l’Association de l’hôtellerie du Québec. Ça va être de suivre les recommandations. On a déjà contacté les clients pour annulation de conférences avec plus de 250 personnes. Mais on travaille déjà par sous-groupes. Et on a annulé notre présence à des salons de golf. Les coûts économiques de cette crise vont assurément être exponentiels. Les prochaines semaines vont être rock’n’roll pour notre industrie», avoue Mme Boisclair.

Au port de Trois-Rivières, «ça fait déjà un bout de temps qu’on parle quotidiennement avec Transports Canada et même plusieurs fois par jour», indique la directrice aux Affaires publiques, Sara Dubé, par rapport aux navires qui approchent les eaux canadiennes.

Au niveau de l’Administration portuaire, on encourage le télé-travail et depuis déjà deux semaines, les membres du personnel doivent suspendre les voyages professionnels à l’international et doivent faire connaître leurs projets de déplacement personnel pour que les mesures soient adaptées en conséquence. «On suit ça d’heure en heure», affirme la porte-parole.

À la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, le président-directeur général, Maurice Richard, est en contact avec les entreprises. «Chacune gère ça à l’interne avec la maison-mère à l’étranger», explique-t-il. Quant au port, il se dit préoccupé par la gestion de l’arrivée des équipages.

À son avis, la décision de fermer les écoles et les services de garde vient ajouter au casse-tête. Et à la Société du parc, un employé qui revenait de voyage a été retourné chez lui pour y faire du télé-travail.