Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, appuie le projet de Gazoduq.
Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, appuie le projet de Gazoduq.

Le maire de La Tuque appuie le projet de Gazoduq, «porteur d’avenir, créateur d’emplois»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — «J’y crois moi à ce projet-là!» Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, appuie le projet de Gazoduq et interpelle le gouvernement. Il attire l’attention sur le fait que le projet peut apporter beaucoup à sa communauté et insiste sur son importance dans le contexte économique actuel. Il aimerait voir le gouvernement être davantage proactif dans ce dossier.

«Le gouvernement semblait emballé au début par ce projet-là. Tout d’un coup, on a senti un détachement. […] On a décidé de prendre l’initiative et de dire aux gens que ce projet-là est important en matière de développement économique», explique Pierre-David Tremblay.

«Le gouvernement dit qu’il en est un ‘‘de région’’, il a l’occasion d’en faire la preuve. On est des régions dévitalisées et un projet comme ça nous permettrait de nous revitaliser», ajoute-t-il.

Le maire de La Tuque demande à ses homologues le long du tracé du projet de Gazoduq de joindre leur voix à la sienne afin de «prouver aux investisseurs que le Québec est un choix intéressant pour le développement de grands projets».

«Nous aurons de grands défis à relever collectivement en matière d’économie mondiale au cours de prochains mois et des prochaines années, c’est pourquoi nous croyons qu’il y a lieu aujourd’hui d’élever nos voix pour défendre ardemment certains grands projets du Québec, comme celui de l’entreprise Gazoduq, qui peuvent nous permettre d’entrevoir des signes encourageants de prospérité économique dans le futur», peut-on lire dans un extrait de la lettre.

Le maire soutient que c’est le devoir de la Ville d’appuyer des projets «porteurs d’avenir, créateurs d’emplois et offrant du financement intéressant pour le milieu autant économique que social».

Le maire Tremblay, qui depuis le lancement du projet martèle qu’il est «favorable, mais prudent», souhaite plus que jamais la réalisation de ce projet qui prévoit la construction d’une conduite souterraine de transport de gaz naturel de près de 780 km entre le nord-est de l’Ontario et le Saguenay.

«On doit apporter l’appui nécessaire pour que ce projet-là voie le jour incessamment dans le calendrier proposé. […] Je suis pour, c’est clair, mais je suis toujours prudent. Il faut toujours garder cette prudence-là. Ils sont très transparents à l’heure actuelle, il faut que ça demeure», lance-t-il.

La Ville a d’ailleurs déjà reçu plusieurs appuis, dans Mékinac, en Abitibi, et au Lac-Saint-Jean, dans ses démarches. La lettre sera envoyée à plusieurs élus des deux paliers de gouvernement dans les prochains jours.


« Il n’y a pas beaucoup d’opposition à ce projet-là »
Pierre-David Tremblay

La Ville soutient qu’il est essentiel que le développement du projet se poursuive dans «les meilleures conditions et les meilleurs délais». Les dirigeants de la municipalité veulent la réussite du projet et travailler en équipe avec l’entreprise.

«Gazoduq a, depuis le début de l’annonce de son projet, agi comme un citoyen corporatif responsable et d’exception. L’entreprise nous a démontré, par ses gestes, un souci réel de consulter les communautés de façon appropriée», peut-on lire dans la lettre.

Rappelons que l’automne dernier, l’entreprise avait annoncé qu’elle investirait annuellement aux alentours de 10 millions de dollars en Haute-Mauricie en créant notamment un Fonds pour les communautés. Pour la Ville ce serait des retombées économiques importantes.

«Pour nos communautés, ces retombées représentent des sommes importantes que nous pourrons investir dans le développement de projets verts, sociaux, économiques et éducatifs. Gazoduq permettra à nos milieux de se développer. Il n’en tient qu’à nous d’être innovateurs et créatifs».

D’ailleurs, le maire aimerait bien voir naître un «fond d’énergie renouvelable et nouvelle» afin de développer des projets verts.

La pandémie ralentit le travail sur le terrain

Chez Gazoduq, on se réjouit évidemment de recevoir un tel appui de la Ville de La Tuque.

«On est effectivement bien enchanté de voir que des gens prennent le dossier à cœur comme ça […] Il faut quand même qu’on fasse nos devoirs, mais je crois que c’est positif et que ça envoie un bon message», lance la directrice principale Affaires publiques et relations avec les communautés pour Gazoduq, Marie-Christine Demers.

Avant le début de la crise entourant la COVID-19, Gazoduq avait confirmé la signature d’une convention de collaboration avec huit Premières Nations issues des nations Innus, Atikamekw et Anishnabe. On avait alors indiqué que ces Premières Nations s’unissaient afin d’analyser les impacts du projet, de faire respecter leurs droits et que leurs préoccupations soient prises en compte.

Évidemment, la situation actuelle entourant la COVID-19 a bouleversé un peu les plans de l’entreprise notamment en raison de l’interdiction de rassemblement.

«Ça nous a amenés à prendre un pas de recul pour regarder comment on peut continuer de consulter sur les différents sujets qui concernent notre projet. On est encore dans la phase de réévaluation. On essaie de planifier la suite des choses. On ne sait pas quand on va pouvoir retourner dans chacune des régions», explique-t-elle.

Évidemment, les activités de consultations prévues au printemps seront reportées, mais on n’en sait encore bien peu sur la façon dont elles auront lieu.

«On va essayer d’être créatif. […] La grande prochaine étape de notre projet c’était, et c’est toujours, la finalisation et le dépôt de notre étude d’impacts. Pour la finaliser, il y avait différentes choses à faire, dont les consultations qui doivent se poursuivre. On a fait beaucoup de travail par exemple au niveau des impacts environnementaux, ça va se retrouver dans l’étude d’impact. On veut aller voir les communautés pour leur montrer qu’est-ce que ça donne et poursuivre les échanges», note Marie-Christine Demers.

«C’est toujours ça l’objectif, mais c’est décalé dans le temps pour être en mesure de tenir compte des obligations sanitaires que le gouvernement nous précisera au courant des prochaines semaines», ajoute-t-elle.

Gazoduq a également perdu au début du mois de mars un investisseur potentiel, qui était disposé à investir des sommes très importantes dans le projet.

«Comme dans tous les projets en développement, le nerf de la guerre c’est d’aller chercher des fonds pour accompagner chaque étape de développement. Depuis le début du projet, il y a des gens qui sont rencontrés, il y a des investisseurs qui décident d’embarquer, d’autres qui pour X raisons décident de se retirer. Ça fait partie de la vie normale d’un projet. La situation a suscité beaucoup de discussions, mais la réalité est que nos investisseurs qui étaient là avant sont toujours là. Ça fait en sorte qu’on continue de développer le projet. Est-ce qu’il faut continuer d’aller en chercher d’autres? La réponse est oui», a conclu Mme Demers.