La Société de développement de Shawinigan possède 18 propriétés, dont le Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins.

Le maire Angers veut démystifier la SDS

SHAWINIGAN — La Ville de Shawinigan souhaite démystifier les activités de son bras immobilier en l’encourageant dorénavant à présenter un bilan annuel de ses activités. Le maire, Michel Angers, veut ainsi que la population comprenne un peu mieux le rôle de la Société de développement de Shawinigan, un organisme important qui a toujours oeuvré dans la plus grande discrétion depuis sa création, en 2003.

Robert St-Onge, un assidu des séances du conseil municipal, a récemment obtenu la liste des terrains et immeubles qui appartiennent à la SDS, à la suite d’une demande d’accès à l’information. Cette liste comprend 18 propriétés, dont le Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, la caserne de la rue Champlain et plusieurs immeubles industriels, dont ceux qui hébergent HDI Technologies, Bionest, Kongsberg Automotive, Camso, Movex et AddÉnergie. La SDS avait soulevé une certaine controverse, en 2013, en devenant propriétaire des établissements de production de la Société Laurentide, sur le boulevard de Shawinigan-Sud et de Shalwin, sur l’avenue Georges-Bornais.

Lors de la dernière séance publique, M. St-Onge s’est demandé si le bras immobilier de la Ville faisait une bonne affaire avec ces propriétés. «Qui paye pour les rénovations et les agrandissements?», questionne-t-il. «Avant, ce sont les propriétaires de ces entreprises qui payaient pour leurs travaux.»

Les questions entourant les activités de la SDS refont surface périodiquement. Issu d’une fusion entre le Progrès économique de Shawinigan-Sud, la Société de développement économique de Grand-Mère et la Société structurante de Shawinigan, cet organisme était traditionnellement géré par le directeur général adjoint de la Ville de Shawinigan. Ce rôle est maintenant rempli par Luc Arvisais, directeur du Service de développement économique.

Le conseil d’administration est présidé par l’homme d’affaires Louis Chevalier. La vice-présidence est assumée par Steve Martin, vice-président exécutif chez PMA Assurances et ex-conseiller municipal. Pierre Grenier agit à titre de secrétaire-trésorier depuis les débuts de l’organisme. M. Arvisais siège également à titre d’administrateur, alors que la conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, a été déléguée par le conseil municipal comme observatrice.

Transparence

M. Angers reconnaît que traditionnellement, la Ville de Shawinigan s’est montrée assez discrète au sujet des activités de la SDS, pour des raisons qu’il peine à expliquer. L’an dernier, il avait déjà laissé entendre que la Ville planchait sur une façon de faire connaître cet organisme. Or, il semble que le plan se précise.

«Nous regardons une façon de livrer certains éléments des états financiers, les emplois créés», illustre-t-il. «On ne commencera pas à dévoiler les ententes privées que nous avons, mais on pourrait faire état d’un rapport annuel. On va démystifier ça un peu. La consigne est donnée.»

«On se fait poser des questions sur la SDS et nous n’avons pas grand-chose à cacher, si ce n’est que des ententes spécifiques que nous ne dévoilerons pas», ajoute le maire. «Pour le reste, ça ne m’a jamais dérangé. Il y a toujours eu une certaine pratique, pour protéger la partie privée. Mais pour le volet public, au contraire, ça peut être une nouvelle très positive de dire combien d’emplois sont créés ou maintenus. Plusieurs autres villes au Québec bénéficient d’une loi et s’en servent pour supporter leurs entrepreneurs.»

Pour M. Angers, la SDS fait partie des outils à la disposition de la Ville pour attirer des entreprises, en offrant des espaces locatifs.

«En périphérie de Montréal, les parcs industriels sont pleins», fait remarquer le maire. «Ils sont quatre à vouloir la même place. Ils ne sont pas dans la même situation. Nous, pour être attractifs, il faut se donner les outils pour attirer les entrepreneurs chez nous ou encourager ceux qui sont là à prendre de l’expansion ou à développer de nouveaux créneaux. Et ça fonctionne! Je trouve cet outil fabuleux.»