Félix-Antoine Huard (Rum&Code), Chantal Trépanier (pdg de Cognibox), Pascal Godin, (gagnant du Hackethon 2017) et Jean-Yves Tremblay (maire suppléant de Shawinigan) souhaitent une troisième édition couronnée de succès.

Le Hackathon Cognibox prépare sa troisième édition

Shawinigan — Après «Shawinigan, ville intelligente», les participants à la troisième édition du Hackathon Cognibox, présentée au DigiHub les 3 et 4 février, s’attarderont à un thème très terre à terre, soit celui de sauver des vies. Encore une fois, une cinquantaine de programmeurs et développeurs sont attendus pour ce rendez-vous annuel.

«Nous travaillons en santé et sécurité au travail», rappelle Chantal Trépanier, présidente et directrice générale chez Cognibox, à l’origine de cet événement depuis ses débuts. «En plus, les jeunes sont à la quête de sens. Ils sont allumés par des choses qui apportent une réelle contribution. Sauver des vies, ça en est une! Ça peut être pour des services de sécurité publique, mais aussi en sécurité industrielle. C’est très large.»

Lors de ce week-end, de jeunes programmeurs et développeurs se réunissent pour résoudre un problème en développant une application logicielle. Jusqu’ici, Mme Trépanier indique qu’aucun relevé exhaustif n’a été réalisé pour savoir si des idées mises au point pendant ce marathon d’une trentaine d’heures avaient dépassé les cadres de cet événement pour se retrouver en entreprise ou dans les services publics. Par contre, le rendez-vous de ces passionnés provoque des échanges stimulants entre les participants et transforme ce laboratoire en intéressant bassin de main-d’œuvre dans un secteur en perpétuel recrutement.

«Nous avons maintenant deux employés qui sont passés par le Hackathon, qui ne nous connaissaient pas du tout avant l’événement», signale Mme Trépanier. «Ce n’est pas un endroit où les entreprises se cannibalisent. L’idée, c’est d’avoir des étudiants qui convergent ici pendant un week-end qui peuvent être intéressés par des profils comme CGI, Cognibox ou autres.»

«Nous changeons vraiment la donne», croit la dirigeante. «Il faut qu’un jeune qui est finissant à quelque part nous voie comme une option. La Mauricie est devenue un lieu pour les technologies de l’information. Ça fait partie des événements qui amènent un rayonnement provincial. Nous avons ici de très bons emplois.»

Une analyse que partage Jean-Yves Tremblay, maire suppléant de Shawinigan, pour qui cet événement contribue à faire connaître la ville et à consolider sa place comme troisième pôle du numérique au Québec.

Où sont les filles?
Au terme de ce hackathon, un jury déterminera les meilleurs projets en attribuant des bourses totalisant 7000 $. La Financière Banque Nationale récompensera l’équipe gagnante avec un don de 5000 $. Le Service financier Bertrand Lapointe, le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales et l’Association québécoise des technologies offriront également des prix en argent.

L’an dernier, Pascal Godin, jeune programmeur chez Cognibox, avait remporté les grands honneurs grâce à une application pour faciliter le stationnement à Shawinigan pendant les périodes de déneigement. Le jeune homme sourit en relatant la poussée d’adrénaline qui anime les diverses équipes pendant cette bourrasque d’innovation de 35 heures. Il salue également l’encadrement dont bénéficient les participants pendant l’événement, dont celui offert par l’entreprise Rum&Code, qui supervise bénévolement des jeunes depuis la première édition.

Seul bémol, depuis sa création, le hackethon de Shawinigan attire presque exclusivement des hommes. Geneviève Beaulieu-Veilleux, responsable des communications au DigiHub, souhaite ainsi que les femmes se lancent dans l’aventure cette année. Mme Trépanier comprend toutefois qu’il s’agit d’un travail de longue haleine, car encore aujourd’hui, elles recherchent des formations où elles travailleront en groupe, alors que l’image des technologies de l’information projette parfois le contraire.

«Il y a encore plein de jeunes qui pensent qu’être en programmation, c’est passer sa vie à six pouces d’un écran», constate-t-elle. «Pourtant, on travaille beaucoup en équipe! Il faut défaire le mythe que ce sont des emplois hyper plates, à huit heures par jour devant un écran. Ce n’est pas le cas.»