Frédéric Lepage, président - directeur général du Groupe Château Bellevue, lors de l’un de ses passages à Shawinigan dans le cadre du projet de construction au coin de l’avenue des Cèdres et de la 9e Rue de la Pointe.

Le Groupe Château Bellevue lorgne Trois-Rivières

SHAWINIGAN — L’intérêt du Groupe Château Bellevue pour Trois-Rivières se précise. Mardi, les actionnaires de ces résidences pour aînés ont annoncé la création d’un fonds immobilier qui leur permettra d’accélérer la croissance dans les centres urbains de la province.

Le groupe possède actuellement huit complexes dans son portefeuille, dont celui de Shawinigan, inauguré en décembre, qui compte 316 unités sur dix étages. Frédéric Lepage, président - directeur général du Groupe Château Bellevue, précise qu’avec le levier financier annoncé mardi à Québec, il compte construire quatre résidences par année sur une période de dix ans, à compter de 2022. Au bout de ce plan, la valeur des actifs tournerait autour de deux milliards de dollars.

Questionné à savoir si Trois-Rivières se retrouvait sur l’écran radar dans cet horizon,M. Lepage n’a laissé place à aucune ambiguïté.

«L’objectif derrière tout ça est d’avoir les moyens de nos ambitions», déclare-t-il. «Nous visons les centres urbains, dont Trois-Rivières. Avec le Fonds Champlain, on s’est doté d’une équipe de développement plus structurée, qui nous permettra d’accélérer cette croissance.»

M. Lepage ne veut pas encore avancer si Trois-Rivières se retrouvera sur sa liste d’investissements dès 2022, mais il s’agit d’une cible dans l’échéancier de dix ans.

«Nous avons un gros plan et il reste des choses à finaliser, notamment en ce qui concerne des acquisitions de terrains», commente le pdg. «Mais je peux certainement vous dire que Trois-Rivières suscite notre intérêt.»

La direction des Jardins du Campanile, un autre important complexe à Shawinigan, a déjà manifesté son intérêt pour la capitale régionale, où les vastes résidences pour personnes retraitées se sont multipliées au cours des dernières décennies.

M. Lepage croit qu’on n’a encore rien vu. Il rappelle que les perspectives démographiques démontrent clairement la tendance.

Effectivement, selon l’Institut de la statistique du Québec, la proportion des personnes âgées de 65 ans et plus au Québec passera de 18 % en 2016 à 26,3 % en 2041.

En Mauricie, cette strate d’âge représentait 23,2 % de la population en 2016. En 2041, une personne sur trois sera âgée de 65 ans et plus dans la région! Dans la MRC de Mékinac, les aînés représenteront même plus de 40 % de la population dans une vingtaine d’années.

«Tous les groupes confondus, même en travaillant très fort, nous n’arriverons pas à répondre à la demande», prédit M. Lepage. «On parle d’une demande de 5000 unités par année (au Québec). C’est incroyable, ce qui s’en vient.»

Nouveau fonds

Mardi matin, M. Lepage, en compagnie de Marie-France Poulin et de Jean-François Breton, ont annoncé la création du Fonds immobilier Champlain RPA (pour Résidences pour aînés), qui devient propriétaire du Groupe Château Bellevue.

M. Lepage estime cette transaction à quelque 300 millions de dollars pour l’acquisition de tous les actifs. Il s’agit de l’aboutissement de négociations qui durent depuis deux ans.

Le fonds souhaite ainsi posséder un portefeuille d’une trentaine de résidences totalisant près de 10 000 unités à travers la province.

Le Groupe Château Bellevue continuera à agir comme gestionnaire. Pour le complexe de Shawinigan, cette annonce ne change rien aux opérations quotidiennes. Il s’agit surtout d’un tremplin pour favoriser la croissance.

M. Lepage fait remarquer que l’actionnariat sera maintenant regroupé dans un même portefeuille, ce qu’il considère un avantage. Jusqu’à maintenant, les propriétés du groupe étaient détenues par une quarantaine d’investisseurs. La majorité d’entre eux se retrouvent maintenant au sein du Fonds immobilier Champlain RPA.

«Gérer tout ce monde-là, ça me prenait beaucoup de temps», fait remarquer M. Lepage. «Ce n’est pas ce qui m’anime, ce qui me passionne. Moi, je veux développer les meilleures pratiques pour l’intérêt de nos aînés. C’est là-dedans que je veux mettre mon temps.»

«Si on voulait passer à une autre étape, il fallait réviser notre modèle d’affaires et changer notre structure corporative», ajoute M. Lepage. «Le Fonds Champlain va s’occuper des partenaires et moi, je m’occuperai des résidences.»