Serge Bellemare, coprésident du Groupe Bellemare, souhaite investir dans un nouvel équipement et augmenter la capacité de recyclage de l’entreprise.

Le Groupe Bellemare au cœur de la solution?

TROIS-RIVIÈRES — En 2018, pas moins de 72 % du verre utilisé au Québec a été envoyé dans des lieux d’élimination. Alors que la commission parlementaire sur le recyclage du verre est en cours, le Groupe Bellemare a annoncé une entente de principe avec le fabricant Owens-Illinois pour la mise sur pied d’un projet qui permettrait de doubler la quantité de verre présentement recyclée par l’entreprise trifluvienne.

Le Groupe Bellemare, qui recycle du verre depuis 2004, souhaite investir dans l’achat d’équipement qui permettrait d’augmenter sa production. «Ça doublerait notre capacité de recyclage», indique Serge Bellemare, coprésident du Groupe Bellemare. Présentement, l’entreprise recycle 30 000 tonnes de verre provenant de la collecte sélective par année.

Il faut savoir que depuis 2013, à la suite de la fermeture de la principale usine de recyclage du verre au Québec, Klareco, le gouvernement provincial a autorisé l’envoi du verre dans les sites d’enfouissement, où il est utilisé comme matériau de recouvrement. Selon M. Bellemare, cette mesure l’empêche d’avoir une assurance de quantité nécessaire de verre à recycler pour que le Groupe Bellemare investisse dans son projet qui s’élève à 4 millions de dollars.

L’annonce de l’entente de principe avec le fabricant de conteneurs en verre Owens-Illinois en pleine commission parlementaire n’est donc pas un hasard. Le Groupe Bellemare souhaite susciter des discussions au sein du gouvernement, souhaitant l’abolition de cette mesure.

Séparer et décontaminer le verre

L’équipement qui serait acheté par le Groupe Bellemare advenant une telle décision du gouvernement permettrait de séparer les différents types de verres, en plus de les décontaminer. «Les appareils de tri optique séparent le verre par couleurs et retirent les particules de céramique», explique M. Bellemare.

C’est que le verre qui se retrouve dans les bacs de recyclage peut rarement être recyclé, en raison de sa contamination. Des particules de céramiques, qui proviennent notamment de morceaux de vaisselle cassée placés au recyclage, se retrouvent sur le verre et le rendent difficile à recycler. L’entreprise Groupe Bellemare se spécialise dans le recyclage du verre provenant de la collecte sélective, et non du verre consigné.

Deux solutions sont donc discutées en commission parlementaire: l’implantation d’un système de consigne des bouteilles de verre, ou alors une modernisation des centres de tri quant aux technologies utilisées pour le recyclage du verre.

La SAQ pour un système de consigne

Alors que la Société des alcools du Québec (SAQ) s’est toujours positionnée contre la consignation des bouteilles de verre, la société d’État a changé de cap, lundi après-midi, et se dit maintenant ouverte à ce type de récupération du verre. Un système de consignation du verre serait-il synonyme de bonne ou de mauvaise nouvelle pour le projet du Groupe Bellemare?

Serge Bellemare estime que la nécessité d’augmenter sa production serait toujours présente, même si les bouteilles de verre pouvaient être consignées. «En Ontario, ils ont la consigne sur les bouteilles de vin et il y a quand même 50% du verre qui se retrouve dans les bacs bleus, affirme M. Bellemare. S’il y a encore une bonne partie du verre qui n’est pas consignée et que c’est encore possible de l’envoyer en [matériau] de recouvrement, on n’atteindra pas nos objectifs de solutionner le recyclage du verre au Québec.»

Le coprésident du Groupe Bellemare a bon espoir que le gouvernement se penchera sur cette question au plus tard cet automne. Si l’entente est conclue avec Owens-Illinois, le projet de l’entreprise trifluvienne pourrait prendre environ 18 mois à se concrétiser.