Un an après sa fermeture, le Fin quartier semble figé dans le temps.

Le Fin quartier se cherche des locataires

À la jonction du boulevard de Shawinigan-Sud et de la 105e Avenue, le Fin quartier semble figé dans le temps. Un an après la brusque fermeture de ce nouveau concept qui devait allier fine gastronomie, cours de cuisine et location de salles, la liquidation de l'inventaire n'est toujours pas terminée et le nouveau propriétaire, Michel Côté, tient à demeurer discret sur l'évolution de ce projet.
De l'extérieur, très peu de changements ont été observés à cet endroit depuis la fin des activités, le 8 mars 2016. La banderole ceinturant l'immeuble, installée à l'été 2016, scande toujours «Maintenant ouvert», mais le stationnement désert confirme une autre réalité. Les noms des commerces qui avaient inauguré le Fin quartier apparaissent toujours sur une enseigne extérieure, comme si rien ne s'était passé.
La faillite, survenue après à peine sept mois d'exploitation, avait fendu le coeur de l'architecte du projet, Nathalie Milette, abandonnée par sa partenaire d'affaires Nathalie Drouin en octobre 2015. Les deux femmes administraient le principal commerce du Fin quartier, Les Fines charcuteries Mado, qui avait subi une perte nette d'environ 630 000 $ lors de l'année financière complétée le 31 janvier 2016.
Après deux appels d'offres, le syndic Raymond Chabot avait finalement accepté, à la fin juin, la proposition d'une compagnie à numéros administrée par l'homme d'affaires Michel Côté, président de Côté-Reco, une entreprise spécialisée dans la distribution de chaussures établie à Deschaillons-sur-Saint-Laurent depuis plus de 75 ans.
Très peu d'information a filtré sur la nouvelle vocation du Fin quartier depuis ce moment. Les gens ont pu s'y présenter l'automne dernier pour acheter divers articles ou équipements mis en vente. La liquidation se poursuit, mais uniquement pour une clientèle ciblée dans la restauration. Mme Milette demeure la personne ressource désignée pour écouler ces biens.
Le site web de l'entreprise permet d'en savoir un peu plus sur les intentions du propriétaire. Maintenant connu sous la dénomination de «Complexe multi-location», l'endroit se définit comme un site de location d'espaces à bureaux ou commerciaux, bénéficiant d'un vaste stationnement de 110 places. Les baux offerts varient de... 4 heures à 60 mois! Le site énumère également les équipements mis en vente. La location de salles et même d'une vaste cuisine qui avait été aménagée pour offrir des cours demeurent possibles.
À la Ville de Shawinigan, Véronique Gagnon-Piquès, agente aux communications, mentionne que la division de développement économique demeure en contact avec le propriétaire pour répondre à ses besoins.
«Nous sommes en lien avec lui, nous avons amené des gens pour visiter l'endroit en respect avec la nouvelle vocation, soit un édifice à bureaux», commente-t-elle.
À la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, le directeur général, Martin St-Pierre, assure que son organisation est prête à accompagner le promoteur pour redonner un peu de vie à ce site avantageusement situé.
«C'est un concept qui m'apparaissait très pertinent, mais un peu en avant sur son temps», récapitule-t-il à propos du Fin quartier. «Le nouveau propriétaire veut changer la vocation, en proposant des locations à court, moyen et long termes, davantage vers les entreprises de services.»
Des locaux vides ne laissent jamais une très bonne impression dans un quartier, même si dans ce cas-ci, le coup d'oeil de cet immeuble, dont la construction s'est terminée en 2015, ne gâche pas trop le paysage. M. St-Pierre considère qu'il faut laisser du temps au propriétaire.
«C'est toujours très long, dans le cadre d'une acquisition aussi importante», prévient-il. «Il faut prendre le temps d'évaluer le marché, de voir les opportunités de conversion. Un an, ce n'est pas si long. J'espère que cette offre de location viendra combler ce qui n'est pas disponible sur le territoire.»