Me Marie-Josée Hétu, associée directrice du bureau de Trois-Rivières pour Lavery.
Me Marie-Josée Hétu, associée directrice du bureau de Trois-Rivières pour Lavery.

Le défi des employeurs en période de crise

TROIS-RIVIÈRES — Depuis son apparition, la COVID-19 bouleverse tout sur son passage, incluant la vie des employeurs qui sont confrontés à plusieurs défis. C’est du moins ce que constate Me Marie-Josée Hétu, associée directrice du bureau de Trois-Rivières pour Lavery, qui figure pour une seconde année dans le répertoire juridique The Canadian Legal Expert Directory en raison de son expertise en droit du travail et de l’emploi.

D’abord, elle admet que le fait de réaménager des lieux de travail pour favoriser la distanciation et d’adapter les horaires de travail comporte son lot de défis. Mais ça, dit-elle, ce sont des choses qu’une fois que c’est fait, c’est fait.

«Mais l’absentéisme, les droits de refus, les gens qui contractent la COVID, ça, c’est des défis qui vont perpétuer dans le temps», fait-elle remarquer, évoquant le cas des 11 600 employés qui sont absents dans le réseau de la santé.

Et il y a ces organisations qui permettent le retour au travail après seulement sept jours d’isolement pour éviter la perte de services, mettant ainsi à risque tant le personnel que les bénéficiaires, souligne-t-elle.

«Le plus grand défi des employeurs, ça va être de ne pas relâcher toutes les mesures d’hygiène qui sont recommandées par la direction de la santé publique, de ne pas penser que les défis, c’est juste dans les premières semaines quand on va reprendre les activités», prévient Me Hétu.

À son avis, la communication «très transparente» et régulière avec les employés représente un autre défi. «Il faut s’assurer que le message soit cohérent parmi toutes les figures qui représentent l’employeur», fait-elle remarquer.

D’où l’importance de bien former le personnel de supervision pour que les messages clés soient les mêmes de tout le monde, ajoute la spécialiste.

«La communication, c’est toujours un enjeu, mais en période de crise comme en ce moment, ça devient encore plus important», précise-t-elle.

Par ailleurs, celle-ci se réjouit de toutes ces histoires de grande collaboration entre employeurs et employés devant l’adversité. «À travers tout ça, il y a un niveau d’acceptabilité des mesures qui sont prises par les employeurs qui est admirable, qui fait en sorte qu’il y a quand même des belles choses au niveau de relations de travail qui ressortent de tout ça», a-t-elle indiqué.

Et avec un marché de l’emploi en forte turbulence, plusieurs questions se posent, entre autres, au sujet de l’admissibilité à la prestation canadienne d’urgence (PCU) dans un cas de refus à reprendre le boulot sans motif valable.

«Une personne qui craint de retourner au travail parce qu’elle a peur de contracter la COVID-19 ou parce qu’elle est une personne vulnérable ou cohabite avec une personne vulnérable, risque de ne pas être admissible à la PCU. Cette personne devrait plutôt tenter de conclure une entente avec son employeur en vue d’obtenir un congé autorisé, par exemple en utilisant la banque de congés maladie, la banque de vacances ou encore un congé sans solde autorisé», suggère l’avocate.

Seule femme de la région à être reconnue par le répertoire juridique canadien, Me Hétu se plaît à jouer un rôle de partenaire stratégique avec ses clients, allant ainsi au-delà du simple conseiller juridique.

«Je pense que ce qui a fait mon succès bien humblement, c’est que quand je travaille avec mes clients, très rapidement, je parle au nous. Ce n’est pas leur problème, c’est notre problème. Je les ai accompagnés dans la crise et je vais continuer à les accompagner dans la normalité», conclut celle qui s’inquiète néanmoins de tous ces dossiers retardés en raison d’un appareil administratif inévitablement paralysé dans le présent contexte.