Dominique Anglade

Le défi de la main-d'oeuvre

Dominique Anglade a mis l'accent sur le défi de la main-d'oeuvre lors de l'inauguration du CMQ. Elle a fait de même plus tôt vendredi lors d'une entrevue éditoriale accordée au Nouvelliste. Accompagnée de ses collègues Julie Boulet, Marc H. Plante, Jean-Denis Girard, Pierre Michel Auger et Pierre Giguère, Mme Anglade a insisté sur la nécessité de miser sur des employés dont les compétences sont adaptées aux besoins des entreprises.
«Différentes initiatives ont été lancées au niveau de la main-d'oeuvre et il faut continuer dans tous les secteurs. Et l'immigration peut répondre à des besoins», raconte Mme Anglade.
Elle-même fille d'immigrants haïtiens, Mme Anglade ne peut rester insensible à toute la question des migrants irréguliers qui arrivent par milliers au Canada depuis quelques semaines. Rappelant que ce ne sont pas tous les demandeurs qui seront acceptés, la ministre est convaincue qu'une telle démarche peut donner des résultats fort positifs.
«Je ne peux pas avoir une autre position que celle de l'ouverture et de l'inclusion. C'est la force du Québec. Il faut que ça se fasse dans les règles, en harmonie avec la société d'accueil, dans le respect du vivre ensemble. Idéalement, tu veux pouvoir trouver des immigrants qui puissent travailler, envoyer leurs enfants à l'école et s'intégrer à la société. Eux veulent trouver un chez-soi ailleurs et nous, on veut des gens qui s'intègrent à la société du Québec. Je crois en une immigration réussie.»
La ministre de l'Économie voit d'un très bon oeil l'accord commercial Canada-Union européenne qui entrera en vigueur en septembre, d'autant plus que ce marché représentant 15 % des exportations du Québec est en croissance.
«Ça représente des opportunités d'affaires. Notre rôle est d'offrir ce type d'opportunités, d'informer les entreprises sur les occasions d'affaires et les soutenir pour la commercialisation. Le meuble a un volet spécifique et il est fier d'être identifié dans la stratégie d'exportation», explique-t-elle, en affirmant que le gouvernement du Québec a pris les mesures nécessaires pour se préparer en vue de la renégociation de l'ALENA.
Numérique et pot
En tant que ministre de la stratégie numérique, Dominique Anglade a annoncé fin 2016 le programme «Québec branché». Plus de 240 projets ont été déposés pour un budget de 100 millions de dollars provenant du programme québécois. Associé à la part québécoise du programme canadien (125 millions), c'est donc 225 millions qui sont offerts.
«On a fait l'arrimage (avec le gouvernement canadien) pour maximiser les retombées pour le Québec. Mais on sait que 100 millions, ce sera insuffisant. Je pense qu'il faut en avoir plus.»
Les projets retenus seront annoncés cet automne. D'autre part, Dominique Anglade est très au courant du manque de couverture cellulaire le long de la 155 en Haute-Mauricie. La ministre affirme que de bonnes nouvelles devraient être annoncées bientôt.
Toujours dans le domaine de la stratégie numérique, Dominique Anglade affirme que les bouleversements vécus depuis quelques années par les médias traditionnels sont considérés par le gouvernement du Québec. Différents médias écrits du Québec, dont les journaux de Groupe Capitales Médias, demandent aux gouvernements une aide afin de les soutenir dans le processus de transition de leur modèle d'affaires.
«Ma position est claire: on doit soutenir de manière générale la presse qui est variée. C'est la diversité des opinions. Au Québec, on n'est pas monochrome dans l'espace nord-américain, on vit de par cette différence, on vit de cette force. Il faut que cette diversité ne soit pas juste au niveau québécois, mais dans les différentes régions du Québec. L'écrit, l'importance des débats, des échanges, j'y crois énormément. Vous allez trouvez en moi qu'une alliée. La presse en régions, c'est vraiment important. S'il y a des projets concrets à regarder au point de vue du développement économique, je suis prêt à les regarder», déclare Mme Anglade, qui rappelle que le dernier budget contenait certaines mesures d'aide, ce qui démontre un message clair de la part du gouvernement.
Présente en Mauricie pour la journée, Dominique Anglade savait qu'elle se trouvait dans une région où des projets d'usines de cannabis thérapeutique sont en préparation. Questionnée à savoir si la marijuana médicinale peut être considérée comme une avenue de développement économique, Mme Anglade a eu cette réponse.
«On est loin de la grappe industrielle du pot. Mais une avenue? Oui. À certains égards, ça peut être une avenue de développement économique. Pour le cannabis médicinal, il y a une industrie qui continue de se développer. Est-ce qu'on va regarder des projets, d'un point de vue économique? Certainement.»