Le CCGS Captain Molly Kool doit quitter le chantier de Lévis pour aller assurer le déplacement sécuritaire des navires sur le fleuve Saint-Laurent.

Le couperet tombe à la Davie

À quelques jours de Noël, Chantier Davie procède au licenciement temporaire d’un peu plus de 70 travailleurs.

«Dans notre unité syndicale, 56 membres ont appris aujourd’hui (jeudi) leur mise à pied», indique au Soleil le président du Syndicat des travailleurs du chantier de Lauzon (CSN), Régent Guay.

La quinzaine d’autres travailleurs sont membres d’unités syndicales différentes ou du personnel administratif du chantier maritime de Lévis.

Avec ces nouvelles coupures, il reste à peine un peu plus de 120 travailleurs à la Davie.

D’autres mises à pied sont attendues au cours des prochaines semaines.

Selon des sources, il pourrait bientôt y avoir à peine une cinquante d’employés au chantier. Du jamais vu depuis 2012. Au moment de la construction du navire ravitailleur Asterix, le nombre de salariés à la Davie dépassait 1500.

Les dernières coupures riment avec la fin des travaux de conversion du premier des trois brise-glaces de la Garde côtière.

D’ailleurs, vendredi, la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité, Carla Qualtrough, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, et le député de Louis-Hébert, Joel Lightbound seront présents au chantier de Lévis pour baptiser ce premier brise-glace. Il portera le nom de CCGS Captain Molly Kool en l’honneur de celle qui est reconnue comme étant la première capitaine de marine enregistrée en Amérique du Nord.

Le CCGS Captain Molly Kool doit quitter le chantier de Lévis pour aller assurer le déplacement sécuritaire des navires sur le fleuve Saint-Laurent.

Les travaux de conversion des autres brise-glaces du contrat de 610 millions $ accordé à Ottawa à Davie débuteront en janvier prochain.

«Nous nous attentions à ces mises à pied», signale M. Guay. «On est pas en mode stand by au chantier par les temps qui courent.»

Précisant que la direction de Davie avait rencontré tous les employés au cours des dernières heures, le chef syndicat signale que le moral des troupes tient le coup.

«On sait que la situation est encourageante à moyen et à long terme avec le contrat pour la réparation et la maintenance des 12 frégates de la classe Halifax. Ce qui nous tracasse, c’est le court terme», insiste Régent Guay en rappelant que les travaux pour les frégates ne débuteront qu’en 2021. Et ces travaux seront partagés entre Irving Shipyards (Halifax), Seaspan Shipyards (Victoria) et Davie.

Récemment, à l’unanimité, l’Assemblée nationale du Québec a demandé au gouvernement d’ajuster sa Stratégie nationale de construction navale afin que le Québec obtienne sa juste part de contrats fédéraux et d’octroyer à Davie, à court terme, un contrat portant sur la construction de l’Obelix, le petit frère de l’Asterix.