De gauche à droite: Éric Milette, directeur général du Collège Shawinigan, Jean-François Léveillé, directeur adjoint en formation continue, Chantale Francoeur, vice-présidente ressources humaines et développement organisationnel chez Nemaska Lithium et Adel Bassaïd, technicien d’opération polyvalente chez Nemaska Lithium.

Le Collège Shawinigan s’associe à Nemaska Lithium

SHAWINIGAN — Une nouvelle attestation d’études collégiales appelée Opération et contrôle de procédés chimiques sera offerte, à l’hiver 2019, au Collège Shawinigan. Cette formation vise principalement à combler des besoins en main-d’œuvre chez Nemaska Lithium (NMX.T).

C’est d’ailleurs l’entreprise qui a approché le Collège, au printemps dernier, avec ce projet. «Nous sommes établis à Shawinigan. Nous avons déjà une collaboration importante avec le CNETE du Collège Shawinigan, donc c’était comme une suite logique de travailler avec eux, sachant qu’ils étaient flexibles, dynamiques et pouvaient nous apporter une solution à une pénurie de main-d’oeuvre», explique Chantal Francoeur, vice-présidente ressources humaines et développement organisationnel chez Nemaska Lithium.

«Les collèges ont cette expertise de l’enseignement que nous n’avons pas. Le Collège Shawinigan a une expertise dans le domaine de la chimie des procédés», fait-elle valoir.

«Nous allons commencer notre opération de l’usine commerciale au deuxième semestre de 2020», rappelle Mme Francoeur, soit juste à temps pour la fin de la formation de la nouvelle cohorte, «et nous recherchons des gens qui ont des formations en mécanique industrielle, instrumentation, opération de procédés chimiques» et autres emplois du genre, précise-t-elle. Au total, ce sont 125 employés qui sont recherchés pour combler les besoins.

La construction de la future usine commerciale se déroule selon les échéanciers prévus, précise-t-elle.

Nemaska Lithium est à la recherche de main-d’œuvre spécialisée, en particulier de techniciens en opération et contrôle de procédés chimiques pour elle-même et trois autres entreprises, soit Olin Chlor Alkali, Cepsa Bécancour et Arkema Bécancour.

Le Collège a alors proposé d’apporter des changements au programme existant, car ce dernier a déjà été développé pour le Cégep de Sherbrooke. Ceci permettra de pouvoir démarrer la cohorte plus rapidement.

Le Collège était prêt à faire face à ce genre de demande. Le directeur général, Éric Milette, explique que dans son plan stratégique 2017-2020, le Collège Shawinigan «s’est donné pour objectif d’arrimer l’offre de service de la formation continue avec les besoins de la région», dit-il.

«Actuellement, à l’instar de plusieurs entreprises, le grand défi demeure la main-d’œuvre qualifiée. Régulièrement, les services de ressources humaines doivent faire appel à des professionnels à l’extérieur de la région, de la province et même du pays. Nous désirons former et garder des personnes en Mauricie», fait-il valoir.

Selon Mme Francoeur, l’attestation d’études collégiales en opération de contrôle de procédés chimiques «deviendra un programme phare en Mauricie et nous croyons qu’au cours des prochaines années, il permettra d’attirer plusieurs cohortes de nouveaux talents qui seront parfaitement outillés pour venir travailler avec nous chez Nemaska Lithium.»

Le programme en question compte 108 heures de mises à niveau et 990 heures de cours, dont un stage de 300 heures réparties sur 10 mois, le tout totalisant 1098 heures. Cette formation sera offerte à plein temps à partir du 28 janvier 2019 à raison de 25 à 30 heures semaine.

Les personnes intéressées doivent posséder un diplôme d’études secondaires. Pour s’inscrire, il faut contacter le Service de formation continue du Collège Shawinigan au 819-539-6401 poste 2263.

La formation comprend des cours de chimie, de mécanique, de génie électrique ainsi que d’électrochimie.

Les diplômés peuvent s’attendre à un salaire de 70 000 $ par année à l’entrée ainsi qu’à des conditions de travail avantageuses. «On va devoir travailler pour le recrutement», prévoit malgré tout Chantal Francoeur qui n’a toutefois pas de craintes face au succès de ce projet. «Ce sont quand même des emplois intéressants. C’est une formation de courte durée, un an, qui mène à des emplois très bien payés, bien organisés», fait-elle valoir. «Il y a peut-être des gens qui ont abandonné le domaine des études ou qui ont fait des études et qui voudraient se repositionner. Je crois qu’il y a un bassin quand même assez intéressant pour ce type de formation-là», estime-t-elle.

Mme Francoeur rappelle qu’à la lumière d’expériences vécues ailleurs au Québec, les candidats ne doivent pas craindre l’idée de déménager dans la région de Shawinigan pour occuper de tels postes, car ils ont «une certitude d’avoir un emploi très intéressant, bien rémunéré et dans des conditions intéressantes aussi», fait-elle valoir.