La nouvelle entente entre Québec et Rio Tinto n’est pas passée inaperçue chez les syndiqués lockoutés de l’ABI.

Le cas d’ABI refait surface

BÉCANCOUR — Le Syndicat des Métallos salue les dispositions de la nouvelle entente entre le gouvernement du Québec et Rio Tinto qui libèrent Hydro-Québec de l’obligation d’acheter des surplus d’énergie, comme ça avait été le cas en 2012 lors du lock-out à l’aluminerie d’Alma.

Toutefois, ce même syndicat presse Québec de corriger le contrat avec l’Aluminerie de Bécancour où un lock-out est reconnu comme un cas de «force majeure», ce qui a fait perdre à Hydro-Québec quelque 118 millions de dollars depuis le 11 janvier dernier en raison du lock-out décrété par Alcoa et Rio Tinto.

En 2012, c’est 148 millions qu’avait coûté le lock-out chez Rio Tinto Alcan à Alma. C’est qu’Hydro-Québec était alors tenue d’acheter les surplus d’électricité dus à la réduction de la production à l’usine d’Alma pendant le lock-out, qui avait duré 6 mois.

«Nous n’avons pas accès aux textes de l’entente, mais selon les déclarations de la ministre Anglade, il ne serait plus possible pour Rio Tinto de financer un conflit de travail en obligeant Hydro-Québec à racheter les surplus d’électricité. Nous avions dénoncé cette injustice en 2012 et à plusieurs reprises par la suite. C’est une épée de Damoclès de levée dans le cas de Rio Tinto Alcan au Saguenay-Lac-St-Jean. Maintenant le problème demeure entier chez ABI à Bécancour et Québec ne peut fermer les yeux», fait valoir le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

À l’Aluminerie de Bécancour où un conflit fait rage depuis six mois, le contrat entre Rio Tinto, Alcoa et le gouvernement prévoit que l’aluminerie n’est pas tenue d’acheter le bloc d’énergie qui lui est réservé en cas de lock-out, puisque celui-ci est considéré comme un cas de «force majeure». En temps normal, ABI devrait payer pour tout le bloc d’énergie qui lui est alloué.

Cela représente à ce jour un manque à gagner de 118 millions dans les coffres d’Hydro-Québec et le compteur tourne toujours, à raison de 600 000 $ par jour. De plus, ABI est dispensée de payer une pénalité pour sa baisse de production de 41,9 millions, toujours parce que le lock-out est reconnu comme une «force majeure».

«Québec a réglé le problème avec Rio Tinto, mais pendant ce temps, la facture grimpe chez ABI. Les Québécois paient encore la note pour aider une multinationale à financer son lockout. Ce déséquilibre des forces en présence est indécent. Les Québécois n’ont pas à faire les frais d’un lock-out décrété unilatéralement par des multinationales. Le gouvernement doit intervenir», a conclu M. Croteau.