La microbrasserie l’Arsenal de Charette a fermé ses portes.

L’aventure de l’Arsenal prend fin

Charette — L’aventure de l’Arsenal prend fin à Charette. Cette microbrasserie ouverte en 2016 a fermé ses portes, comme ont pu le constater des clients qui se sont heurtés au cours des derniers jours à une porte définitivement fermée et ornée d’un avis d’un syndic.

La rumeur concernant la fermeture de cette microbrasserie circulait à Charette depuis quelques semaines. L’Arsenal avait annulé sa participation au dernier Festival brassicole tenu en juillet à Trois-Rivières. Le Nouvelliste a tenté de joindre deux des propriétaires de l’entreprise, en vain, et les appels logés au commerce sont restés sans réponse.

C’est par la voie de la Route des brasseurs de la Mauricie que la nouvelle a été confirmée. L’organisme voulait ainsi éviter que les clients qui font le circuit se déplacent à Charette sans pouvoir déguster leur bière favorite à l’Arsenal.

Le Regroupement des microbrasseries de la Mauricie se dit désolé de la tournure de la situation.

«On n’a pas eu de contact avec les gens de l’Arsenal. On a appris la nouvelle par des internautes qui ont vu l’avis d’un syndic dans la porte. On présume que c’est une faillite», explique Alex Dorval, le président du Regroupement des microbrasseries de la Mauricie.

L’Arsenal rend les armes à peine trois ans après son ouverture. Avec la naissance de nombreuses microbrasseries dans la région et ailleurs au Québec au cours des dernières années, on peut penser que le marché a atteint son niveau de saturation. Alex Dorval croit qu’on assiste actuellement à un resserrement du marché. La concurrence est vive et les microbrasseries doivent adopter une stratégie (publicité sur le web, publicité traditionnelle, présentoirs chez les détaillants) pour bien cibler la clientèle et la fidéliser.

«Je m’attends à des consolidations. Des gens vont aussi s’associer. Par exemple, une microbrasserie de Saint-Eustache s’est associée avec un bar de Québec. Le facteur de réussite, c’est quand les gens débloquent des marchés qui n’existent pas pour les microbrasseries. Il faut être plus présent dans l’événementiel. On n’a pas le droit actuellement de vendre au détail dans les marchés publics. Dans les salles de spectacle, il y a la concurrence des grandes brasseries. Et on pourrait avoir dans les SAQ un département spécialisé pour les microbrasseries. En Ontario, la LCBO (Liquor Control Board of Ontario) a développé des beer shops avec de la bière de spécialité sur une surface équivalente à une SAQ. Au Québec, ce n’est pas dans les plans», avance Alex Dorval, qui souhaiterait que la Société des alcools du Québec fasse preuve de plus d’ouverture face aux microbrasseries d’ici.