Isabelle Gélinas, directrice générale de Peinture Laurentide en compagnie du président et chef de la direction de l’entreprise, André Buisson.

Laurentide: la division peinture renaît

SHAWINIGAN — Cédée à General Paint en 2011, la division Peinture Laurentide s’apprête à renaître sur le boulevard Royal. Une nouvelle ligne de montage est en préparation et une dizaine d’employés s’ajouteront aux effectifs, confirme le président et chef de la direction de la Société Laurentide, André Buisson.

Depuis cette transaction, l’entreprise concentrait ce segment dans la fabrication de peinture recyclée. M. Buisson considère que le marché est mûr pour ce retour.

«On ramène Peinture Laurentide», confirme-t-il. «Nous allons améliorer notre offre de produits. Ce sera une gamme très simple, mais adaptée aux besoins du consommateur. Nous aurons donc l’entrée de gamme, Boomerang, un produit fait à 98 % de peinture recyclée. Nous aurons une version hybride, composée de matières recyclées et de matière vierge, pour donner un peu plus de flexibilité. Et nous aurons un produit 100 % acrylique, qui pourra entrer en compétition avec les meilleures peintures sur le marché.»

M. Buisson croit que l’arrivée du commerce électronique offre une nouvelle opportunité de développement pour ce produit. Il rappelle que Sherwin Williams, qui avait acquis Peinture Laurentide de General Paint en 2013, avait décidé d’abandonner cette signature bien québécoise.

«Nous n’avions pas vendu l’équité de la marque», précise M. Buisson. «Nous l’avions cédée sous licence. Au terme d’une certaine période, on reprenait nos droits. En constatant qu’il y avait encore une notoriété latente, un appétit pour nos gammes de produits, nous avons décidé de revenir dans des paramètres différents dans lesquels nous nous assurerons d’être compétitifs et profitables.»

Pendant que la Société Laurentide revient à ses origines, Sico vient d’annoncer qu’elle cessait la production de peinture au Québec en 2019. M. Buisson n’y voit pas instantanément une opportunité d’affaires, bien qu’il se targuera toujours de ses racines régionales.

«Sico est une marque reconnue et appréciée par les Québécois», commente-t-il. «Le fait que la fabrication ne se fasse plus sur le territoire, ça fait un pincement au cœur. Mais nous, on est là pour rester. Fabriquer de la peinture ici pour les gens d’ici, c’est une équation qui fonctionne. Dans toute l’histoire de la Société Laurentide, le développement économique régional nous a toujours tenus à coeur. Nous sommes très attachés à la région de Shawinigan et au Québec. La même recette a été appliquée dans les Maritimes, à Richibouctou, pour desservir le marché local.»

La fabrication de la peinture Boomerang déménagera aussi de Victoriaville à Shawinigan, en raison notamment d’une plus grande disponibilité de main-d’oeuvre, précise Isabelle Gélinas, directrice générale de Peinture Laurentide.

«C’était un petit peu plus facile à Shawinigan et en plus, nous avions l’espace», explique-t-elle. «Au plan de la santé et de la sécurité, ça nous permet d’améliorer l’aménagement des espaces à Victoriaville. Les gens de Victoriaville ne seront pas perdants dans cette équation.»

Cette décision n’entraînera aucune perte d’emplois dans les Bois-Francs. Pour une raison bien simple: la main-d’oeuvre est devenue trop précieuse. Mme Gélinas précise qu’à Victoriaville, particulièrement sur les quarts de travail de soir et de nuit, une dizaine de postes restent à pourvoir. En tout, Société Laurentide emploie 200 personnes.

«Nous avons vraiment de la difficulté à recruter», souligne M. Buisson. «Les douze derniers mois ont été excessivement difficiles sur ce plan. Les gens qui étaient attitrés à la fabrication de peinture auront d’autres tâches dans l’usine à Victoriaville.»