Le porte-parole et membre du comité de négociation de l'Association de la construction du Québec, Éric Côté, était à Trois-Rivières dans le cadre d'une tournée d'information et de consultation.

L'Association de la construction du Québec vient recueillir les priorités régionales

Alors que les parties ont jusqu'au 30 octobre pour s'entendre en vertu de la loi spéciale, l'Association de la construction du Québec (ACQ) est venue consulter mardi ses membres à Trois-Rivières et ce, 48 heures avant la reprise des pourparlers.
«On vient faire deux choses essentiellement dans la région, soit informer les entrepreneurs de l'état de la négociation depuis l'adoption de la loi spéciale et les consulter sur les priorités pour la suite des négociations», a expliqué au Nouvelliste le porte-parole de l'ACQ, Éric Côté, en marge de la réunion organisée au Castel des Prés.
On se rappellera que le projet de loi 142, adopté le 30 mai dernier, comportait quatre aspects : la fin de la grève et le retour au travail, une augmentation salariale et la reconduction des conditions de travail actuelles, des amendes pour les contrevenants ne respectant pas le projet de loi et finalement, une période de médiation de cinq mois se terminant avec un arbitrage de différends s'il n'y a pas d'entente entre les parties. 
«Malheureusement, dans les trois derniers mois, il n'y a eu qu'une seule rencontre, malgré qu'on en souhaitait plusieurs. Mais le syndicat n'a pas souhaité qu'il y ait plus de rencontres. On doit donc informer les entrepreneurs que les négociations n'ont pas avancé depuis l'adoption de la loi spéciale», a-t-il déploré. 
Or, une deuxième séance de négociation est prévue jeudi à la suite de l'impasse constatée par le gouvernement qui a nommé un nouveau médiateur. «Il nous a reconvoqué. On est confiant que cette personne du ministère du Travail, qui a déjà réussi à aider un secteur dans l'industrie à s'entendre, va nous amener vers une entente», confie M. Côté.  
À la suite des consultations menées par l'ACQ aux quatre coins de la province, les entrepreneurs ont identifié plusieurs priorités. «À travers le Québec, les gens nous ont parlé des questions de salaires, de temps supplémentaire, de mobilité régionale et des horaires de travail. Ces éléments ont été identifiés comme étant prioritaires et on vient valider quels sont les plus importants alors qu'il reste deux mois de négociations. Il y a des priorités propres à chacune des régions et c'est pour ça qu'on se déplace ici à Trois-Rivières pour entendre les priorités des entrepreneurs», précise ce membre du comité de négociation de l'ACQ. 
Celui-ci déplore toujours que la loi spéciale ait accordé une augmentation salariale de 1,8 % aux travailleurs, sans tenir compte des demandes patronales. «La loi a donné une augmentation de salaire aux travailleurs de 1,8 % alors que de notre côté, nous, ce qu'on souhaitait, c'est de la flexibilité dans nos conventions collectives. On n'a rien obtenu. Ce gain là, on doit le faire à travers la négociation qui nous reste. C'est ce qu'on souhaite», a-t-il fait savoir.
Et M. Côté soutient que le processus d'arbitrage proposé va clairement limiter la capacité des entrepreneurs à soumettre des demandes patronales sur les sujets qu'ils jugent prioritaires, puisque le choix des sujets sera déterminé par la ministre du Travail.
«Évidemment, si on ne réussit pas à s'entendre, la loi prévoit qu'on va aller en arbitrage obligatoire et c'est un arbitre qui va décider à notre place ce qui sera dans notre convention collective. C'est sûr et c'est normal que de notre côté, on souhaite qu'on puisse en arriver à une entente. L'arbitrage, c'est un coup de dés. Ça peut tomber dans un sens ou dans l'autre. Ce n'est pas nécessairement bon quand on veut gérer nos risques de manière responsable», a-t-il conclu. L'Alliance syndicale n'a pu être joint pour commenter l'état des négociations.