La directrice générale du pôle d’économie sociale de la Mauricie, Lynn O’Cain.
La directrice générale du pôle d’économie sociale de la Mauricie, Lynn O’Cain.

Lancement de Trajet, le nouvel accélérateur d’impact collectif

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Innovation et Développement économique Trois-Rivières et le Pôle d’économie sociale de la Mauricie ont lancé mercredi un tout nouvel outil afin de propulser les entreprises d’économie sociale de la région: Trajet, l’accélérateur d’impact collectif.

Dans les cartons depuis 2018, cette initiative a vu le jour grâce à l’accompagnement du Centre d’étude en responsabilité sociale et écocitoyenneté (CÉRSÉ). Trajet est un outil d’accompagnement qui vise à augmenter l’impact des entreprises d’économie sociale de la Mauricie par une offre de parcours adaptés. C’est également un espace de concertation pour tous les acteurs d’accompagnement en entrepreneuriat collectif afin d’offrir des activités et des services qui maximisent les expertises.

C’est à la suite d’une étude menée par le CÉRSÉ que l’intérêt de développer un accompagnement spécifique pour les entreprises d’économie sociale est né. «Cette étude nous a démontré que la Mauricie représente un terreau fertile pour la création de projets à impact, mais que l’écosystème d’accompagnement est moins propice à soutenir l’émergence de l’innovation sociale. Tout était donc réuni pour démarrer un tel projet dans la région», a commenté Élise Tousignant, directrice du CÉRSÉ.

Pour réaliser le projet, IDE Trois-Rivières et le Pôle d’économie sociale de la Mauricie ont réuni autour d’une table de concertation des partenaires clés tels que Fonds Mauricie, l’École des entrepreneurs du Québec-Campus Mauricie, la Corporation de développement économique communautaire de Trois-Rivières, la Zone entrepreneuriale du Cégep de Trois-Rivières, la Coopérative de développement régional Centre-du-Québec/Mauricie, Culture Mauricie et Culture Trois-Rivières.

Lors d’une vaste mobilisation des acteurs, les besoins des entreprises d’économie sociale et des organisations culturelles ont d’abord été identifiés. Un inventaire des ressources sur le territoire a également été réalisé. Au total, une quinzaine d’organisations de développement et une centaine d’entreprises d’économie sociale ont participé au processus.

À partir de cet état de la situation, les partenaires ont conclu que la forme d’accompagnement à privilégier était celle du parcours, permettant à chaque partenaire de contribuer selon son expertise et ainsi accroître l’impact des entreprises collectives.

Déjà, un tout premier parcours d’accompagnement de cinq entreprises s’est mis en route à Trois-Rivières. Sous forme de projet pilote, il aide les participants à entamer une réflexion stratégique pour assurer l’adaptation, la continuité et le développement de leur modèle d’affaires. Il se décline sous forme d’ateliers d’idéation, de formations et de rencontres de codéveloppement, ce qui représente huit heures de contenu et 14 heures d’accompagnement personnalisé.

«L’apport de l’entrepreneuriat collectif est essentiel à la croissance du Québec. C’est pourquoi le ministère de l’Économie et de l’Innovation a participé au financement de Trajet, pour un montant de 155 000 $. Très bientôt, le gouvernement du Québec lancera le Plan d’action gouvernemental en économie sociale 2020-2025, qui mettra en valeur ce type d’entrepreneuriat comme moyen de créer davantage de richesse au bénéfice de toutes les régions du Québec», a annoncé la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Eve Proulx.

«Nous travaillons sur le projet depuis près de deux ans, avec nos partenaires du milieu, mais dans un contexte de relance économique, Trajet arrive tout à fait à point car il permettra aux entrepreneurs collectifs d’être accompagnés dans l’adaptation de leur modèle d’affaires», renchérit Marie-Line Sauvé, commissaire industrielle chez IDE Trois-Rivières.

Pour la directrice générale du pôle d’économie sociale de la Mauricie, Lynn O’Cain, Trajet n’en est qu’à ses premiers pas. « Cet accélérateur d’impact collectif offre un potentiel immense pour les années à venir. Le parcours pilote nous permettra de raffiner notre approche et nos collaborations. Dès 2021, nous envisageons travailler sur un prochain parcours qui portera sur la commercialisation afin de soutenir les entreprises d’économie sociale de la région dans le cadre de stratégies d’achat responsable auprès des institutions et des municipalités», soutient celle qui parle d’un bassin potentiel de 430 entreprises d’économie sociale en région.

«La force du travail en synergie et en concertation dans nos communautés n’est plus à démontrer. Elle est partie intrinsèque du développement et de la pérennité des territoires. Avec ce nouvel outil, les partenaires économiques du milieu sont convaincus que les acteurs et bâtisseurs d’entreprises collectives auront accès à un accompagnement performant permettant d’accroître et d’accélérer leur impact dans nos communautés», a-t-elle ajouté.

Pour Ariane Gélinas, directrice littéraire et adjointe à la coordination aux Éditions d’Art le Sabord, ce parcours pilote est arrivé à point nommé.

«Pour nous, c’est très stimulant de vivre l’aventure Trajet. Déjà à mi-chemin du parcours, de nouvelles fenêtres se sont ouvertes. On a pu se questionner sur l’identité de l’entreprise et ce qu’elle peut devenir dans une prochaine phase. C’est bénéfique de se donner le temps de réfléchir en équipe, de voir autrement. Les ateliers et l’accompagnement offerts nous permettent de sortir de notre cadre et de regarder plus loin», a-t-elle conclu.