Dans l’ordre habituel, on retrouve Éric Camirand, directeur technique, Michel Laforest, vice-président Développement des affaires, et Pier Grenon, vice-président Produits.

L’alternative au bac brun

TROIS-RIVIÈRES — D’ici quelques années, les municipalités du Québec devront trouver une alternative à l’enfouissement des matières organiques de leurs citoyens. En ce sens, l’ajout du fameux bac brun, un troisième après le bac à déchets et le bac à récupération, semble inévitable. À moins que...

Justement, l’entreprise Waste Robotics conçoit, fabrique et vend des systèmes intelligents dédiés au tri des matières résiduelles qui permettra de jeter le bac brun... à la poubelle. Car ses dirigeants ont su proposer un robot capable de trier les matières compostables à même le contenu du bac à déchets.

«Le marché visé comprend le tri des sacs de matières organiques, des matériaux de construction et démolition et des matières recyclables», précise le vice-président Développement des affaires, Michel Laforest. «Nous avons une équipe qui possède plus de 125 années d’expérience pertinente, en programmation, robotique, gestion de matières résiduelles et conception», renchérit-il.

Conçu pour être installé à l’entrée des centres de tri, le robot a la taille d’un VUS et surplombe un convoyeur servant à acheminer les déchets dans l’usine. Passant sous la machine, le produit de l’entreprise est doté de caméras qui analysent ce qui se trouve sur le convoyeur et sépare les différents éléments.

«Beaucoup de municipalités optent alors pour le bac brun afin de ramasser les matières organiques. Par contre, ça implique plus de camions pour faire la collecte ainsi qu’un gros investissement pour les acheter. Avec notre système, on se place comme une alternative qui fait économiser énormément d’argent aux municipalités», avait expliqué Éric Camirand, directeur technique chez Waste Robotics, lors du lancement de la première version du robot en août 2017.

Ainsi, les municipalités qui désirent se munir d’un tel système n’auront pas à demander aux citoyens de composer avec un troisième bac. Toutefois, des sacs verts compostables sont nécessaires afin de permettre aux caméras de repérer les matières organiques. Les citoyens devront donc placer leurs détritus dans le sac avant de le jeter dans la poubelle noire traditionnelle.

Même si plusieurs municipalités ont arrêté leur choix sur le bac brun, M. Camirand assure que les perspectives de croissance sont bonnes pour l’entreprise. Après seulement un an d’existence, une machine a déjà été vendue à Minneapolis, au Minnesota.

Et tout récemment, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, exprimait le souhait de voir la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie explorer cette avenue.

Le premier magistrat a déjà indiqué qu’avec la technologie de Waste Robotics, «on met nos matières compostables dans un sac spécial que l’on place dans le bac à déchets». «Le bac à déchets peut prendre nos matières compostables puisqu’elles sont déjà dedans actuellement», a-t-il plaidé dans une entrevue accordée au Nouvelliste.

Et le maire Lévesque estime que la solution robotique est beaucoup moins polluante et moins coûteuse sur le long terme. Elle éviterait, selon lui, la création d’un troisième circuit de collecte. «Les coûts évités sont énormes», estime d’ailleurs Michel Laforest.

À l’automne 2017, le Programme de vitrine technologique mis en place par la Ville de Québec a permis à Waste Robotics de tester son robot de démonstration installé dans l’incinérateur de Québec.

Dernièrement, Innovation et développement économique Trois-Rivières a accordé un prêt de 150 000 $ à l’entreprise provenant du Fonds local d’investissement. Il s’agit d’une aide pour la phase de commercialisation du produit de Waste Robotics et l’amélioration continue de la technologie, le produit ayant un potentiel international.

Alors que le siège social est situé à Québec, l’équipe de Waste Robotics a tout de même cru bon de choisir Trois-Rivières comme lieu de production.

Si la technologie permet de séparer les matières organiques des autres déchets, les possibilités de tri deviendront pratiquement infinies avec une nouvelle version de la machine.

«Ce n’est pas le robot qui change, c’est le logiciel qui le fait fonctionner qui s’adapte. On peut jouer avec les paramètres afin de lui faire reconnaître toutes sortes de déchets et remplacer le tri manuel au grand complet. Les possibilités sont inimaginables», a-t-on conclu.

Waste Robotics en chiffres

100

Pourcentage de propriété québécoise

125

Années d’expérience de l’équipe

2016

Année de fondation