Le président de Carnot Réfrigération, Marc-André Lesmerises, posant devant un système de réfrigération au CO2 destiné à une installation sportive américaine.

La touche trifluvienne pour les patinoires

Une patinoire extérieure à Toronto aura bientôt une touche trifluvienne avec l'installation d'un équipement produit par Carnot Réfrigération. Car près de dix ans après sa création, l'entreprise de la rue Bellefeuille, qui commence à être à l'étroit, fait sa place dans les arénas avec son alternative «très intéressante en matière de coût et de sécurité» aux systèmes de réfrigération à l'ammoniac et au HFC utilisés pour les glaces de loisirs.
Il faut dire que la formule a été adoptée par plus d'une municipalité à travers le Québec et au-delà de la frontière. Et pour son président Marc-André Lesmerises, cette solution serait la plus appropriée, entre autres, pour les futurs projets de colisée et de patinoire du Canadien à Trois-Rivières. «Ce serait la meilleure technologie», affirme-t-il avec conviction, tout près de l'un de ses systèmes au CO2, prêt à être expédié vers une installation sportive américaine.
D'ailleurs, l'homme d'affaires se plaît à citer les résultats d'une étude comparative de systèmes de réfrigération pour les arénas réalisée par un organisme de recherche canadien en 2013. Et on y apprend que le système au CO2 est le moins coûteux de toutes les technologies. C'est le projet d'efficacité énergétique concrétisé au centre civique de Dollard-des-Ormeaux qui figure sur la liste des 12 systèmes de réfrigération étudiés.
Or, cette initiative a permis à Carnot Réfrigération de remporter le prix Énergia dans la catégorie Bâtiment existant - secteur institutionnel en 2014 auprès de l'Association québécoise de l'efficacité énergétique. Il s'agissait de remplacer le système de réfrigération au fréon (R22) de plus de 35 ans et d'accompagner le tout de différentes mesures d'efficacité énergétique. 
Réduction de la consommation énergétique de 4 700 000 kWh après 1 an (33,4 %), économie pour le contribuable de 257 000 dollars par an, diminution de 81 % des dépenses en chauffage par rapport à un système traditionnel et période de retour sur investissement de 3,9 ans, en incluant les subventions: voilà autant d'avantages associés à cette approche.
Quant aux impacts secondaires, on note, entre autres, une réduction de l'espace utilisé par la réfrigération de 60 %, une diminution de 10 % des dépenses d'entretien par rapport à un système conventionnel et des émissions de gaz à effet de serre 1800 fois moins grandes par rapport au R22.
La compacité associée à la simplicité de la solution au CO2 transcritique offerte par Carnot Réfrigération permet donc de réaliser des économies importantes (investissements et coûts d'exploitation). «Le système au CO2 est la solution la plus sécuritaire pour les personnes et pour l'environnement disponible pour les patinoires de loisirs», renchérit M. Desmerises.
Le développement de ce créneau est arrivé après avoir déployé une solution de rechange pour le secteur des supermarchés et de l'industrie. Et la porte d'entrée fut chez Sobeys, pour son entrepôt de Trois-Rivières. Depuis ce temps, non seulement le concept fut appliqué dans un lieu d'entreposage quatre fois plus grand à Montréal, mais plusieurs systèmes de réfrigération CO2 transcritique ont été installés dans de nombreux supermarchés à travers le Canada et les diverses solutions conçues par Carnot sont maintenant disponibles pour tous les détaillants opérant en Amérique du Nord.
Et une quatrième filière est en plein essor, soit celle des salles de serveur. Déjà, les grandes entreprises de télécommunication s'arrachent les produits Carnot.
«En 2015, 17 % de l'électricité produite mondialement était pour l'application de réfrigérants tandis que les réfrigérants synthétiques comptent pour plus de 20 % des émissions», mentionne le président, faisant ainsi référence à différents rapports, tout en rappelant que le CO2 est un réfrigérant biodégradable.
Au Québec, on compte environ 4251 arénas et 75 centres de curling. Parmi ceux-ci, 71 % ont plus de 30 ans et 62 % utilisent le réfrigérant R22 de type HCFC (hydrochlorofluorocarbure). 
Celui-ci est une substance appauvrissant la couche d'ozone. L'ammoniac, un réfrigérant naturel, est présent dans 30 % des installations. La majorité des systèmes de réfrigération sont à la fin de leur vie utile et nécessitent des rénovations majeures ou un remplacement. C'est que 75 % des arénas en opération aujourd'hui ont été construits entre 1960 et 1970. Il n'est donc pas étonnant de constater que dans la majorité des cas, les systèmes de réfrigération sont maintenant vétustes et désuets.
Finalement, avec un chiffre d'affaires 25 fois plus important en 2017 qu'à ses débuts, l'entreprise, qui compte 70 employés, n'écarte pas l'idée de se relocaliser dans un nouveau bâtiment.