Nancy Déziel, directrice générale du CNETE et André Buisson, président de la Société Laurentide, tireront chacun des avantages de l’intégration des laboratoires dans l’ancienne usine Bandag au cours des deux prochaines années.

La Société Laurentide à la rescousse

SHAWINIGAN — L’emballant projet d’agrandissement de 6,7 millions $ du Centre national en électrochimie et en technologies environnementales au Collège Shawinigan, qui s’amorcera au printemps, servira aussi de prétexte pour renforcer une collaboration déjà fructueuse avec la Société Laurentide. En conférence d’information jeudi matin, l’entreprise a présenté les locaux loués au CNETE pour une période de deux ans, à l’intérieur du Centre de recherche et d’innovation du boulevard Royal.

L’importance du chantier prévu au Collège Shawinigan imposait à l’équipe de chercheurs une relocalisation temporaire. Une dizaine de sites ont été visités et finalement, celui de l’ancienne usine Bandag a été retenu. Parmi les caractéristiques recherchées, notons l’ininflammabilité des murs, des plafonds d’une quinzaine de pieds, une ventilation particulière et une qualité de bâtiment anti-déflagration.

«Si les travaux n’avaient duré que trois mois, nous aurions peut-être pu diminuer nos activités», explique Nancy Déziel, directrice générale du CNETE. «Mais il n’était pas question de fermer pendant deux ans! Nous avons le vent dans les voiles, alors c’était important pour nous de continuer nos opérations et de conserver notre équipe.»

En décembre, une valeur de dix millions de dollars en équipements spécialisés ont donc quitté les locaux du CNETE vers ceux du Centre de recherche et d’innovation de la Société Laurentide. Des manœuvres qui se sont échelonnées sur 18 jours et qui se sont déroulées à merveille, sourit Mme Déziel.

«Nous avons su, trois semaines à l’avance, qu’il s’agissait de notre meilleure fenêtre d’opportunité pour avoir le moins d’impact sur nos opérations», raconte-t-elle. «Nous avons commencé les boîtes le 4 décembre et le 22, nous étions opérationnels à 90 %. Après les Fêtes, le 4 janvier, nous l’étions à 100 %. Tous les employés du CNETE ont mis l’épaule à la roue!»

Ces locaux temporaires constituent un prix de consolation fort acceptable pour cette équipe de 36 scientifiques, auxquels se greffent une quarantaine d’étudiants de niveau collégial ou universitaire pendant l’année. Avant ce déménagement, le CNETE occupait une superficie de 775 mètres carrés. Le Centre de recherche et d’innovation de la Société Laurentide lui a trouvé 1000 m2 sur deux étages, alors que les nouveaux locaux, qui devraient être inaugurés en 2020, offriront 1125 m2 à l’équipe de chercheurs.

Cette transition permettra ainsi au CNETE de poursuivre son élan. «Beaucoup de contrats continuent à entrer», raconte la dirigeante. «Nous supportons beaucoup d’entreprises dans la région, telles que Bionest Technologies, Nemaska Lithium, Société Laurentide, Nirvana chauffe-piscine, en plus des autres clients au Québec et en Ontario.»

Lors de l’année financière qui s’est terminée le 30 juin 2017, Mme Déziel précise que le CNETE a réalisé un chiffre d’affaires de 2,75 millions $, en hausse de 20 % par rapport au budget. En 2017-2018, elle ne doute pas que la barre des trois millions $ sera franchie.

Développement
Pour la Société Laurentide, ce partenariat lui permet de bonifier sa collaboration avec le CNETE, créant maintenant un centre d’excellence en technologie dédié au revêtement et à la peinture post-consommation.

«Ça fait une dizaine d’années que nous avons divers projets avec le CNETE», confie le président de la Société Laurentide, André Buisson. «Au départ, nous avions eu une contamination dans l’antigel de radiateur et nous perdions une bonne quantité de matériel. Avec des systèmes de membranes, le CNETE nous avait trouvé une solution.»

«Dans le domaine de la chimie à Shawinigan, ce genre de partenaire est intéressant pour nous», ajoute-t-il. «Nous avons travaillé sur différents projets et nous avons intensifié nos collaborations dans les dernières années. Financièrement, ce n’est pas pensable qu’on puisse se payer ce niveau d’équipements.»

De fil en aiguille, le CNETE est parvenu à développer une expertise plus fine en revêtement et en peinture. Il devient ainsi un partenaire encore plus précieux pour la Société Laurentide.

«Nous avions une volonté ferme de mettre en place une unité de recherche et d’innovation spécifiquement liée à la peinture post-consommation», explique M. Buisson. «Personne ne fait ça dans l’industrie; nous sommes les seuls à avoir cette perspective. Nous voulons pousser plus loin, traiter une quantité très large de matériel parce que le besoin est imminent. L’industrie de la peinture ne sait pas trop par quel bout prendre ça, mais nous avons été capables de faire avancer cet enjeu. Nous avons la taille pour explorer cette niche très pointue et jusqu’ici, ça n’a apporté que de bonnes choses au groupe. Nous avons transformé l’organisation autour de ce créneau avec beaucoup de succès.»

Parmi ces innovations, notons la création, en 2017, d’un additif dans la préparation du béton et d’un rénovateur pour asphalte composé à 99 % de matières recyclées.

«Actuellement, nous récupérons 85 % de la peinture qui entre dans nos usines», conclut le président. «Notre objectif est d’atteindre 100 %, aucun rejet.»