Simon Charlebois, directeur général de la SADC de Shawinigan.
Simon Charlebois, directeur général de la SADC de Shawinigan.

La SADC de Shawinigan déjà très sollicitée en 2020

SHAWINIGAN — Même si la Société d’aide au développement des collectivités de Shawinigan a établi de nouveaux records en 2019-2020, c’est davantage le soutien que l’organisme a apporté pendant la crise de la COVID-19 pour aider les entreprises qui retient l’attention. En fait, le Fonds d’aide et de relance régionale, annoncé par la ministre fédérale Mélanie Joly le 10 juin, est déjà épuisé.

«Les sommes sont déjà toutes engagées», relate Simon Charlebois, directeur général de la SADC Shawinigan. «Nous allons supporter une quarantaine d’entreprises. Ça a été vite, mais il faut croire que ça répondait à un besoin.»

Il existe même une liste d’attente, au cas où Développement économique Canada débloquerait d’autres sommes dans le cadre d’un programme semblable.

«Entre le moment où nous avons su que nous pouvions recevoir des demandes et celui où nous n’avions plus d’argent, il s’est passé dix jours», souligne M. Charlebois.

La SADC de Shawinigan avait reçu environ 938 000 $ pour l’aide directe à l’entreprise grâce à ce programme spécial. Les sommes sont versées sous forme de prêt sans intérêt jusqu’au 31 décembre 2022. Si l’entreprise bénéficiaire rencontre ses obligations, 25 % du montant est retourné en subvention. La somme maximale était établie à 40 000 $ par dossier.

M. Charlebois rappelle que les entreprises ont bénéficié d’un large bouquet d’aides financières depuis le début de la crise sanitaire. Pour le moment, les conséquences négatives de la COVID-19 demeurent donc peu perceptibles dans la communauté, mais le directeur général s’attend à des surlendemains difficiles dans certains secteurs.

«Les fonds que nous avons avancés aux entreprises étaient pour les aider sur un horizon de six mois», explique le directeur général. «Or, on ne sait pas combien de temps tout ça va durer. Mais on remarque que des secteurs sont plus affectés que d’autres.»

«Par exemple, nous sommes intervenus financièrement auprès de plusieurs gîtes. En fait, c’est surtout les secteurs touristique, culturel et celui des services (coiffeuses, soins personnels), la restauration, qui sont assez précaires.»

M. Charlebois observe que le soutien financier vient souvent sous forme de prêts ou d’échéances repoussées dans certains paiements. La réalité rattrapera les bénéficiaires tôt ou tard.

«Ça se peut que les entreprises aient de la misère à respecter leurs obligations», convient-il. «C’est un enjeu. Il y a des moratoires chez nous, à la Ville, chez Desjardins... Quand il faudra faire les paiements à tout le monde en même temps, ça se peut qu’il y ait un effet d’étranglement. Mais nous serons flexibles. On essaie de s’adapter et d’avoir le plus de latitude possible pour aider les entreprises.»

Soutien informatique

En 2019-2020, la SADC de Shawinigan a établi de nouvelles marques en terme d’investissements. À lui seul, son fonds régulier a été sollicité à la hauteur de 3,7 millions $, un record. En ajoutant les 520 000 $ du fonds Stratégie jeunesse et le million $ du Fonds LaPrade, tout près de 5,25 millions $ ont été injectés dans la communauté en 2019-2020.

La crise sanitaire n’a pas vraiment influencé ce bilan, puisque l’année financière se terminait le 31 mars.

La sollicitation du Fonds LaPrade doit être soulignée, mais elle s’explique par une disponibilité de fonds rendue possible par le rachat d’investissements réalisés dans plusieurs entreprises au fil des années. Pas plus tard qu’en 2018-2019, le Fonds LaPrade n’avait investi que 277 500 $ dans trois projets.

À la SADC, des programmes d’accès aux technologies de l’information, notamment pour les aînés ou les jeunes entreprises, suscitent beaucoup d’intérêt d’année en année. M. Charlebois croit que la tendance ne fera que s’accentuer avec la crise sanitaire, qui a forcé l’isolement et encouragé le télétravail.

«Nous avons offert un volet d’aide technique, notamment pour aider les entreprises à se faire un site transactionnel», explique-t-il. «Ces sommes sont aussi parties rapidement. On se rend bien compte que la commercialisation ne peut plus simplement se faire sur une base traditionnelle. Il faut une plateforme web, un site transactionnel et être actif sur les réseaux sociaux. Des gens ont réalisé qu’ils devaient rejoindre leurs clients différemment.»

«Le Québec est en retard sur le développement numérique», ajoute M. Charlebois. «Si on peut retenir des éléments positifs de la crise, c’est qu’elle nous aura poussés à utiliser davantage les technologies.»

Les conseils d’administration de la SADC de Shawinigan et du Fonds LaPrade ont pris la décision de jumeler leurs réunions, afin d’augmenter leur efficacité. En fait, les deux organismes indépendants possèdent les mêmes administrateurs. Seules quelques fonctions changent.

Ne pourrait-on pas simplement fusionner?

«Développement économique Canada nous l’a demandé, mais pour nous, il y a beaucoup d’avantages de garder les deux organismes», estime M. Charlebois. «C’est plus lourd au plan administratif, mais nous avons un effet de levier. Dans la majorité des programmes du Fonds LaPrade, la SADC n’aurait pas pu se qualifier.»

Enfin, dans le cadre du nouveau contrat signé avec Développement économique Canada l’an dernier, la SADC a hérité de nouvelles limites territoriales, concentrées sur la Ville de Shawinigan. L’appellation du Centre-de-la-Mauricie n’est donc plus appropriée. Les municipalités environnantes seront desservies par les SADC de leur MRC respective.