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Après une brève fermeture préventive volontaire, c’était la reprise des activités vendredi à la microbrasserie Archibald de Trois-Rivières. On aperçoit la serveuse Mélissa Darveau et la directrice générale Marie-Noëlle Lemire.
Après une brève fermeture préventive volontaire, c’était la reprise des activités vendredi à la microbrasserie Archibald de Trois-Rivières. On aperçoit la serveuse Mélissa Darveau et la directrice générale Marie-Noëlle Lemire.

La région retient son souffle pour ne pas basculer en zone rouge: le chemin de croix des gens d’affaires

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
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«Les employés sont découragés, ça avait les larmes aux yeux en travaillant. C’est l’espèce de montagnes russes continuelles qui est très difficile pour le moral des employés.»

Voilà comment le président d’Archibald, François Nolin, a vécu le dernier changement de couleur qui a affecté soudainement ses deux restaurants de la région de Québec, avec tout ce que ça implique comme complications au niveau des inventaires. Et le copropriétaire de la microbrasserie de Trois-Rivières, Guy Lambert, n’est pas sans appréhender le même sort alors que pour l’instant, la région est toujours en zone orange.

«On ne sait pas du tout où est-ce qu’on s’en va. On est partenaire dans l’Archibald à Blainville, il est fermé. On a un Trèfle à Limoilou et deux à Montréal et ils sont fermés», confie celui qui, tôt vendredi, «travaillait sur des subventions».

La veille, il avait jugé nécessaire de fermer volontairement son établissement de Trois-Rivières à titre préventif en raison d’un cas isolé de COVID-19. «Tout le monde est allé passer le test, tout est négatif. On a été ultra correct pour être sûr qu’il n’arrive rien», raconte celui qui a d’ailleurs rouvert sa salle à manger vendredi midi.

Pour le copropriétaire du Resto-Bar Le Brasier 1908, Yves Beaudoin, ce sont tous les Québécois qui ont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. «Il en va de la responsabilisation autant des particuliers que des entreprises», soutient-il.

Celui-ci souhaite grandement que le degré d’adhésion et de responsabilité dans la région soit maintenu. «J’ai confiance que ça va bien aller, mais une chose est certaine, il ne faut pas baisser la garde», affirme-t-il.

Ce dernier raconte avoir refusé des couples provenant de Berthierville. «Ils ne sont même pas à 40 minutes, mais Berthier, c’est dans Lanaudière et c’est zoné rouge», rapporte celui qui dit vouloir maintenir cette rigueur.

Tout comme il gère le nombre de places de manière prudente, quitte à donner l’impression que le restaurant pourrait accueillir davantage de clients.

«On pense qu’il faut continuer à jouer de façon serrée comme ça au moins jusqu’en juin, alors qu’on va vraiment avoir passé la masse critique des gens qui ont été vaccinés. C’est déjà une grande réussite que d’être encore en affaires un an plus tard et de savoir qu’on le restera, contrairement à l’année passée. Il en va de tout le monde qu’on puisse rester ouvert, on ne veut pas être de ceux qui contribuent à faire fermer les restos», poursuit-il.

Cet appel à la vigilance est largement partagé par le président de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Jean Pellerin.

«C’est un avertissement sérieux comme quoi la situation peut vraiment changer rapidement», a-t-il commenté par rapport au changement de couleur imposé par le gouvernement cette semaine dans certaines régions.

«Même si on n’a pas trop de cas et que ça semble très bien aller, on le voit de toute façon partout. On n’est pas aveugle, on voit qu’il y a des relâchements. Les week-ends, au centre-ville, quand il fait beau, on voit les attroupements un peu partout, peu de distanciation, pas de masques», renchérit-il.

Selon lui, il faut faire attention encore quelques semaines de plus et se serrer les coudes, car «ce serait vraiment dommage qu’on annule presque tous les efforts qu’on a faits».

«Le cri du cœur, c’est qu’il ne faut pas lâcher, surtout avec le congé de Pâques, et il ne faut pas que ça nous arrive, alors que d’un côté et de l’autre, c’est en zone rouge», plaide M. Pellerin.

Pour sa part, Laurie Bellerive, du Centre Athlétique T-R, était contente d’avoir été épargnée plus tôt cette semaine par les dernières décisions du gouvernement Legault.

«On est conscient que ça peut changer rapidement. Dans la situation, je vis au jour le jour, j’essaie de ne pas trop appréhender ce qui s’en vient et on va vivre avec ce qui s’en vient», a-t-elle indiqué.

À l’interne, elle dit avoir resserré les mesures imposées à sa clientèle. «On va être plus strict, ça fait un an qu’on joue à la police. J’ai lancé un message à toute mon équipe, il n’y a plus de passe-droit. On ne voudrait surtout pas qu’il arrive quelque chose comme à Québec. On sait qu’on n’est pas à l’abri, mais si un jour il arrivait quelque chose chez nous, et on sait que ça peut arriver chez nous comme n’importe où, au moins on pourrait dire qu’on a tout fait», ajoute la propriétaire de trois gyms.

De son côté, George Brunelle, du Groupe Brunelle, qui comprend, entre autres, les magasins Sports Experts, «pensait que c’était fini cette histoire-là, mais on est encore à se demander si on n’est pas pour fermer un petit bout encore».

«C’est bien embêtant, on ne connaît pas l’avenir. C’est sûr et certain que s’ils nous ferment encore, ce ne sera pas le fun. On a bien du stock et on est prêt à vendre notre stock. Et les ventes sont très bonnes en raison du printemps hâtif. Si c’est une fermeture qui est quand même assez courte, si c’est dix jours et ça se tient à ça, c’est pas pire. C’est un petit peu stressant cette histoire-là de refermer encore une fois», a-t-il conclu.