Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

La nouvelle corvée de Jean Boulet

TROIS-RIVIÈRES — En 2019, Jean Boulet était dans l’action pour s’attaquer à la rareté de main-d’œuvre au Québec. Mais voilà qu’un an plus tard, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale consacre plutôt toute son énergie à atténuer les dommages économiques causés par la pandémie.

Déjà, il a vu le taux de chômage de sa circonscription de Trois-Rivières bondir de 1,6 point pour atteindre 6,3 % en mars.

«C’est sûr qu’on n’a pas été à l’abri. Les statistiques du mois d’avril vont nous permettre de mieux mesurer l’ampleur de la situation de l’emploi», a-t-il commenté.

Pourtant, avant la crise sanitaire, le taux d’assistance sociale chez les personnes âgées de 0 à 64 ans avait connu une baisse en Mauricie, passant de 8,5 % en janvier 2019 à 8 % en janvier 2020, ce qui demeure toutefois plus élevé que dans l’ensemble de la province (5,3 %).

«C’est sûr que la pandémie va exacerber des problématiques de santé mentale, d’exclusion sociale, de pauvreté, d’itinérance, d’insécurité alimentaire», appréhende le ministre.

Heureusement, dit-il, «on a agi rapidement au Québec». «On a été diligent pour relever le défi sanitaire, ce qui est certainement un gage de transition plus harmonieuse vers la reprise des activités économiques. Avec l’atteinte du sommet, on s’en va de plus en plus vers un meilleur équilibre entre le défi sanitaire et le défi économique. Comme gouvernement, on fait énormément d’efforts pour limiter les pertes d’emplois et pour réintégrer le plus rapidement en emploi les personnes, notamment celles qui font partie des services non essentiels», fait-il valoir.

Celui-ci n’est pas peu fier que le Programme actions concertées pour le maintien en emploi qu’il a annoncé lundi ait déjà suscité autant d’intérêt auprès de 29 000 entreprises au Québec, dont une quinzaine en Mauricie, incluant une demande officielle.

L’objectif du PACME, qui prendra fin le 30 septembre prochain, consiste à permettre aux entreprises de recevoir des subventions pour les aider à couvrir les coûts des activités de formation ainsi que pour l’organisation du travail.

Cela venait s’ajouter au Programme actions concertées temporaires pour les entreprises et au Programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels.

Quant au Programme d’aide temporaire aux travailleurs qui se terminait vendredi, pour faire place à l’aide fédérale, il aura permis de verser des prestations de 573 dollars par semaine à 13 000 citoyens qui se sont isolés.

«On a versé 14,5 millions de dollars par le biais de la Croix-Rouge», a fièrement annoncé le ministre Boulet.

Tout comme il est fier de sa plateforme numérique jebenevole.ca. «J’ai réussi 13 385 jumelages entre des nouveaux bénévoles et des organismes communautaires en plus de constituer une banque de 23 536 bénévoles dont 628 en Mauricie », a-t-il dévoilé.

Celui-ci n’a pas manqué de souligner les 7,3 millions de dollars supplémentaires qui ont été confirmés pour aider les PME de la Mauricie (FLI).

«On commence à travailler beaucoup pour la reprise des activités économiques qui va suivre le sommet qu’on va atteindre et je suis heureux de faire partie de l’équipe de vigilance économique du gouvernement», a-t-il ajouté.

Quand on lui demande s’il a l’impression que tous ses efforts déployés l’an dernier se soient envolés en fumée, M. Boulet rappelle que le rehaussement des compétences et l’amélioration de la productivité resteront des enjeux lors de la relance.

«Je suis en train de revoir toutes mes mesures publiques d’emploi qui découlaient de cette grande corvée. J’ai toujours dit que mon plan d’action pour la main-d’œuvre était évolutif et devait s’adapter aux réalités changeantes, en constante mutation, du marché du travail. Ça va se poursuivre de la même façon, je vais continuer d’être à l’écoute des partenaires du marché et je vais m’adapter et mon plan va s’adapter», affirme le député de Trois-Rivières.

Finalement, en cette fin de semaine pascale, ce dernier réitère l’importance du respect des consignes sanitaires qui sont répétées, dit-il, sur une base quotidienne par la Santé publique.

«Il faut continuer dans la même direction. Il va avoir de la lumière au bout du tunnel très bientôt», conclut Jean Boulet.