Le transport automobile constitue un enjeu environnemental important. IVÉO appuiera la dernière initiative d’achat local à Shawinigan pour maximiser l’efficacité de la livraison.
Le transport automobile constitue un enjeu environnemental important. IVÉO appuiera la dernière initiative d’achat local à Shawinigan pour maximiser l’efficacité de la livraison.

La mobilité durable pour compléter l’achat local

SHAWINIGAN — Après avoir lancé sa plate-forme d’achat local le mois dernier, le DigiHub de Shawinigan s’associe à l’organisme IVÉO pour passer à l’étape de la livraison des produits en réduisant l’empreinte écologique.

Depuis la mise en ligne de monshawilocal.ca, tout près de 150 commerçants se sont inscrits. En un peu moins d’un mois, plus de 2000 visites uniques ont été enregistrées. Rappelons que cette plate-forme avait été développée par Triade et StartupX, deux jeunes entreprises du DigiHub.

«La première partie de cette stratégie d’achat local est de permettre aux citoyens d’acheter des produits à distance», explique Benoit Balmana, directeur général d’IVÉO. «Après, il y a une deuxième étape importante: la livraison chez les clients.»

Bien entendu, des commerces, particulièrement dans la restauration, comptent sur leurs propres moyens pour acheminer leurs produits dans les meilleurs délais. Le défi d’IVÉO consiste à mettre des ressources ensemble pour réduire l’empreinte environnementale, sans nuire à la qualité du service.

«Avec le commerce électronique, on peut se retrouver avec beaucoup de véhicules qui se baladent dans la ville pour transporter de petits colis», indique-t-il. «Dans ce projet, nous regardons comment optimiser toute la partie livraison, en mutualisant des colis.»

«Par exemple, si vous achetez une bouteille de vin à un endroit et un morceau de bœuf ailleurs, idéalement, on voudrait éviter qu’il y ait deux livraisons», illustre M. Balmana. «Un livreur devrait pouvoir emmener l’ensemble des commandes qui ont été passées chez les commerçants locaux. C’est un volet d’optimisation de la livraison, pour éviter un nombre trop important de véhicules qui se déplacent dans la ville d’une façon peu efficace. Les voitures sont les principales émettrices de gaz à effet de serre au Québec.»

IVÉO se penchera notamment sur l’intérêt pour des transports un peu moins communs à Shawinigan, tel que le vélo cargo. «On veut utiliser des moyens de livraison autres que la voiture, plus respectueux de l’environnement», insiste le porte-parole.

IVÉO procédera à l’analyse des services de livraison disponibles à Shawinigan. «Nous amènerons des outils, principalement numériques, pour optimiser le service de livraison. Nous travaillerons avec les livreurs déjà actifs sur le territoire, en essayant d’être plus efficaces en lien avec les commerçants.»

Deuxième phase

Philippe Nadeau, directeur général du DigiHub, mentionne que monshawilocal.ca passe maintenant à la conception de mini-boutiques en ligne, où les commerçants sont invités à mettre cinq produits en vedette.

«On veut les initier, leur montrer que ce n’est pas compliqué», mentionne-t-il. «L’étape suivante sera celle des livraisons. C’est le chaînon manquant: il ne peut pas y avoir de commerce local si personne ne peut transporter les produits. Benoit Balmana a une équipe d’experts, que nous assoyons avec nous, les commerçants et la Ville pour nous amener plus de possibilités à travers leur expertise.»

La plate-forme demeure très jeune et M. Nadeau ne nie pas que des ajustements aient été effectués depuis son lancement.

«Il y avait un problème de conception», explique-t-il. «Quand les gens arrivaient sur la carte, elle était vide. Ils ne trouvaient pas de commerces. Nous avons changé la donne. Maintenant, quand nous arrivons sur la carte, 150 commerces d’affichent. Nous avons aussi éliminé des choses. Dans les derniers 15 jours, nous avons beaucoup travaillé sur l’ergonomie de l’outil et la visibilité.»

«Nous n’allons pas nous endormir sur nos lauriers», ajoute M. Nadeau. «L’outil sera en perpétuelle optimisation. Nous travaillerons jusqu’à l’obtention de quelque chose de très simple pour le consommateur et le commerçant.»

M. Balmana constate qu’à l’échelle du Québec, la pandémie a stimulé l’intérêt pour l’approvisionnement local. IVÉO est associé à une trentaine de municipalités sur des projets de mobilité durable. En ce qui concerne plus spécifiquement la thématique de la livraison, l’organisme sans but lucratif travaille sur des projets à Sherbrooke, Magog et Shawinigan.

M. Nadeau voit davantage l’achat local comme le développement d’une nouvelle culture de consommation plutôt qu’une réponse émotive à la crise sanitaire.

«Les gens ont été plus que sensibilisés aux difficultés rencontrées lors de la COVID, qui n’est pas terminée», mentionne-t-il. «La prochaine fois, ils veulent être prêts. Surtout les commerçants: ils ont compris qu’ils devaient prendre le virage maintenant.»

«Les gens ont eu un électrochoc», croit M. Nadeau. «Ils veulent favoriser l’achat local et ils souhaitent que ça perdure. Moi le premier: j’achetais régulièrement sur Amazon et j’avoue qu’aujourd’hui, je fais plus d’effort pour acheter le produit à proximité.»