La croissance de la microbrasserie Broadway passe par la popularité de ses produits en canettes.
La croissance de la microbrasserie Broadway passe par la popularité de ses produits en canettes.

La microbrasserie Broadway déménagera en 2020

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Maintes fois évoqué au cours des derniers mois, le déménagement de la microbrasserie Broadway se réalisera finalement cette année. Le président de l’entreprise, Jean-Luc Marchand, confirme que son expansion se poursuivra à Shawinigan.

«Nous allons faire des annonces prochainement», avance-t-il. «Nous avons fait l’acquisition d’une bâtisse, à Shawinigan. La microbrasserie va déménager au courant de l’année. On espère avant l’hiver!»

M. Marchand avait acquis la microbrasserie Broadway au début 2017 du fondateur de l’entreprise, Marc Ménard. Il a vite constaté que les locaux étaient plutôt mal adaptés pour la production de bière.

«Nous serons dorénavant sur un seul plancher», confie-t-il. «Nous n’aurons plus d’escaliers à monter et à descendre!»

«Nous voulons aussi ajouter des cuves, mais dans notre local actuel, je ne peux pas le faire en raison de la capacité portante de l’immeuble.»

En spectaculaire croissance depuis trois ans, la vente des différentes marques en canettes représente maintenant 95 % de la production du Broadway, estime M. Marchand. Plusieurs microbrasseries sous-traitent leur mise en canettes à l’entreprise shawiniganaise, une tendance qui ne fera que s’accentuer avec l’acquisition d’un nouvel équipement.

Quelques mois après avoir pris possession de la microbrasserie, les propriétaires avaient conçu un procédé artisanal qui leur permettait environ huit mises en canettes à la minute. La nouvelle encanetteuse, acquise en pleine crise sanitaire, permet d’augmenter ce rythme à 35 à la minute!

«La tendance du marché est vraiment vers la canette», estime M. Marchand, qui confirme une augmentation de la consommation à domicile pendant la pandémie.

«Mais au début, nos clients étaient inquiets», rappelle-t-il. «Après trois semaines, les dépanneurs spécialisés en bières ont vu que les gens continuaient à consommer. Les termes de paiement ont aussi changé avec nos fournisseurs, qui voulaient se faire payer sur commande. Au début, c’était dur sur les liquidités.»

Cette crise a renforcé sa vision de diversifier ses sources de revenus pour assurer la pérennité de son entreprise.

«Actuellement, nos produits représentent environ les deux tiers de notre production. Le reste, c’est de la sous-traitance». La production totale annuelle s’élève présentement à environ 2500 hectolitres.

La fin du Broadway Pub?

Juste à côté de la microbrasserie, les perspectives d’avenir s’annoncent moins réjouissantes pour le Broadway Pub. Le restaurant-bar est fermé depuis le 17 mars, au début de la crise sanitaire. L’actuel propriétaire, Sébastien Bussière, confirme qu’il ne rouvrira pas l’endroit. Il étudie présentement diverses options, dont la vente du commerce.

Le propriétaire de l’immeuble, Marc Ménard, vient d’autoriser l’affichage sur cette propriété à vendre. Le mandat est confié à Jonathan St-Jean.

«Ça fait longtemps que la bâtisse est à vendre, mais je ne voulais pas l’afficher parce que le Broadway Pub roulait encore et je ne voulais pas lui nuire», explique M. Ménard. «Maintenant que c’est fermé, c’est moins gênant de mettre une pancarte!»

L’homme d’affaires se désole de voir que ses deux anciennes entreprises prennent des directions différentes. Il se réjouit des projets d’expansion de la microbrasserie, mais il ne cache pas que les difficultés du Broadway Pub lui font un petit pincement au cœur, même s’il sait que plusieurs restaurants seront bousculés par cette pandémie.

«Je suis content d’avoir vécu ces belles années», sourit M. Ménard. «Je ne pense pas qu’on reverra quelque chose de semblable, pas pour le moment en tout cas!»

L’année 2012, avec le party de la conquête de la Coupe Memorial et la présentation des finales provinciales des Jeux du Québec quelques mois plus tard, transpire encore dans les murs de l’immeuble. De nombreux rassemblements politiques ont aussi été organisés à cet endroit, de même qu’une multitude d’événements caritatifs. Sans oublier les soirées d’Halloween, du Nouvel An et les 5 à 7 du cégep. La liste pourrait s’étirer sur plusieurs paragraphes si on remontait à l’ère de la Place de ville.

Une nouvelle page se tournera vraisemblablement au cours des prochains mois.

«C’est quand même une bâtisse bien positionnée, au centre-ville, sans problème de stationnement, qui est déneigé par la Ville», énumère M. Ménard. «Ça peut devenir un nouveau restaurant, mais aussi des bureaux ou une clinique. Beaucoup de choses peuvent aller là.»

«Des gens m’ont déjà approché, avec de beaux projets», glisse-t-il. «Mais personne ne m’a parlé de bar! Avec le Saint-Maurice derrière, il pourrait peut-être y avoir des condos... C’est un bâtiment solide. Le pub avait été construit en fonction de recevoir un autre étage.»

L’arrêt des activités du Broadway Pub ne change pas grand-chose pour la microbrasserie, qui avait coupé les ponts avec l’entreprise voisine l’automne dernier.