Le directeur général d'Innovation et Développement économique Trois-Rivières, Mario De Tilly, est enthousiaste par rapport à cette présence commune avec Shawinigan à la Foire nationale de l'emploi à Montréal.

La Mauricie en mode séduction à Montréal

Après avoir trop longtemps porté le titre peu enviable de capitale nationale du chômage, voilà que Trois-Rivières se voit dans l'obligation de se tourner vers les grands centres pour combler ses besoins de main-d'oeuvre.
Un renversement de situation partagé par Shawinigan, ce qui amène les deux villes à se rendre ensemble à la Foire nationale de l'emploi à Montréal qui aura lieu les 12 et 13 octobre prochains.
«La Mauricie va être extrêmement présente. C'est une initiative conjointe, GROUPÉ sera là et nos kiosques seront voisins. Shawinigan tire la même conclusion que nous. On a encore beaucoup d'emplois spécialisés, même parfois non spécialisés pour lesquels on a plus de difficulté à trouver preneur. C'est la raison pour laquelle on sera à ce salon. Il y a un bel esprit de collaboration entre les deux régions. On se parle fréquemment. C'est une première super le fun», a commenté le directeur général d'Innovation et Développement économique Trois-Rivières, Mario De Tilly.
Celui-ci explique que le dernier Salon de l'emploi organisé en sol trifluvien fut très réussi. «On a eu un très bon succès de participation de la part des citoyens et des employeurs. Un bon nombre des emplois offerts a été comblé, mais beaucoup sont encore disponibles», a-t-il constaté dans ses communications régulières avec les entreprises et lors de ses visites industrielles.
Par ailleurs, M. De Tilly ne manque pas de souligner la vigueur de l'économie à Trois-Rivières: investissements chez Kruger, hausse de 2,7 % du PIB, et faible taux de chômage, à 6,4 %.
«Ça ne veut pas dire qu'on n'a plus de chômeurs, mais leur nombre diminue année après année. Les gens qui ont des spécialités peuvent plus facilement se trouver des jobs à Trois-Rivières. Ça ne veut pas dire qu'on n'aidera pas le 6,4 % de taux de chômage qui nous reste encore. L'objectif, c'est d'être ultimement avec des taux de chômage frisant le plein emploi. On n'est pas encore tout à fait là, mais ça s'en vient inéluctablement», ajoute le dirigeant d'IDE. 
Selon lui, l'objectif, «c'est l'enrichissement collectif». «Qui dit emploi dit automatiquement enrichissement collectif. Il faut que ça se traduise par une baisse du chômage et une augmentation de la population active. Et on s'est dit que si la montagne ne vient pas à Mahomet, Mahomet ira à la montagne, et pourquoi ne pas aller dans le plus gros bassin de population au Québec, c'est-à-dire, Montréal, avec les emplois qui restent à combler», a-t-il expliqué.
Si cette première expérience montréalaise se voulait concluante, M. De Tilly n'écarte pas en faire «un événement annuel».
«Sinon, on trouvera d'autres stratégies. Et pour des emplois extrêmement spécialisés, on est en train de discuter avec l'entreprise privée pour aller faire du recrutement international, comme il s'en fait dans les grandes villes comme Montréal et Québec, en collaboration avec nos institutions de formation», a-t-il fait savoir. 
Si ce dernier entend bien vendre les atouts de Trois-Rivières, le maire de Shawinigan, Michel Angers, veut en faire tout autant pour sa Ville.
«On travaille de plus en plus et de mieux en mieux ensemble, Shawinigan et Trois-Rivières. Nos deux départements économiques collaborent comme rarement on l'a fait jusqu'à maintenant. On s'est parlé, on s'est vu, on a tout intérêt à unir nos forces pour attirer chez nous de la main-d'oeuvre et des entreprises. Tout le monde va en avoir pour son argent», croit-il.
Comme plusieurs régions du Québec, «on est en pénurie de main-d'oeuvre spécialisée, semi-spécialisée, que ce soit dans le domaine du minerai, du logiciel, de l'ingénierie, et dans plusieurs autres domaines. Les entreprises ont un besoin criant de personnel», observe le premier magistrat.
«On a Place aux jeunes qui vient ici, mais je pense que nous, il faut aller cogner là-bas. Malheureusement, la Mauricie, Shawinigan et Trois-Rivières ne sont pas suffisamment connus. On a beau rayonner de plus en plus dans le monde du numérique, mais il reste que plusieurs jeunes et moins jeunes ne savent pas nécessairement ce que ça veut dire que de vivre en région.
On va aller leur dire ce que c'est en termes de coût de la vie, de qualité de vie, de coût d'habitation. On s'en va faire de la séduction du côté des bassins de main-d'oeuvre où il y en a», précise M. Angers.
Pour lui, le défi majeur des entreprises de Shawinigan et de Trois-Rivières, c'est le recrutement de la main-d'oeuvre.
«On fait un salon de l'emploi au mois d'octobre. On fait toutes les sortes de promotion possible. Avant, on le faisait pour ceux qui cherchaient de l'emploi, mais là, on le fait pour les entreprises qui ont besoin de monde. C'est une bonne nouvelle en soi, mais en même temps, c'est préoccupant», avoue-t-il.
Finalement, le directeur du Service du développement économique à la Ville de Shawinigan, Luc Arvisais, parle d'une cohésion entre Shawinigan et Trois-Rivières «qu'on est en train de travailler à mettre en place».
«On s'en va là dans un esprit de collaboration régionale et dans un esprit de faire connaître aux gens de la grande métropole qu'il y a des perspectives d'emplois autant à Trois-Rivières qu'à Shawinigan. Et on veut le faire ensemble, dans une première manifestation publique», a-t-il conclu.