Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
La plante asclépiade, surnommée la soie d’Amérique, est transformée en fibre textile dans des locaux d’Eko-Terre, à Cowansville. « C’est le futur dans la façon de faire du textile. Je crois fermement que l’asclépiade, c’est la fibre de l’avenir », dit Ghislain Bouchard, directeur général de la compagnie.
La plante asclépiade, surnommée la soie d’Amérique, est transformée en fibre textile dans des locaux d’Eko-Terre, à Cowansville. « C’est le futur dans la façon de faire du textile. Je crois fermement que l’asclépiade, c’est la fibre de l’avenir », dit Ghislain Bouchard, directeur général de la compagnie.

La fibre d'asclépiade devient Vegeto

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Qu’est-ce qui est léger, résistant, chaud et biodégradable ? La fibre Vegeto, le produit isolant d’Eko-Terre, fabriqué à base de plantes d’asclépiade, est enfin prêt à la mise en marché. Non seulement celui-ci fera rayonner le Québec à travers le monde, mais il protégera aussi l’environnement, de par son origine 100 % naturelle, croit Ghislain Bouchard, directeur général de la division asclépiade de l’entreprise.

L’industrie du textile est une des plus polluantes, explique d’emblée M. Bouchard, qui se concentre depuis deux ans sur le développement de Vegeto, la fibre étant au point depuis le mois de janvier.

« De plus en plus, la tendance dans la production est d’éliminer les gaz à effet de serre et d’avoir des produits naturels et biodégradables. C’est le futur dans la façon de faire du textile. Je crois fermement que l’asclépiade, c’est la fibre de l’avenir. »

Tout un processus est nécessaire à la transformation de la plante, dont la forme finale peut servir à isoler les manteaux, sacs de couchage, couettes ou vêtements de plein air.

Ce serait, aux dires de M. Bouchard, le seul produit de ce genre fabriqué dans la région, bien que d’autres entreprises à travers le Québec y travaillent également, notamment la Coopérative Monark, qui regroupe entre autres des producteurs en Mauricie et dans le Bas-Saint-Laurent.

Léger (et naturel) comme une plume

Tout un processus est nécessaire à la transformation de la plante (lire encadré), dont la forme finale peut servir à isoler les manteaux, sacs de couchage, couettes, vêtements de plein air, etc. Cinq ou six acheteurs ont déjà manifesté leur intérêt pour le Vegeto, dont la compagnie de vêtement extérieur Atypic, Éco & Éco et la Garde côtière canadienne, selon M. Bouchard.

L’isolation fonctionne avec l’air et la densité, explique celui qui œuvre dans le textile depuis près de quarante ans, ayant entre autres été enseignant dans le domaine pendant 15 ans au Cégep de Saint-Hyacinthe.


« C’est le futur dans la façon de faire du textile. Je crois fermement que l’asclépiade, c’est la fibre de l’avenir. »
Ghislain Bouchard, DG d’Eko-Terre à Cowansville

En 2019, Louis Bibeau, propriétaire d’Eko-Terre, a racheté l’entreprise en faillite Monark Éco Fibre (Granby) et s’est affairé à développer son expertise et ses équipements, dont la plupart ont été « faits maison ». « Pour travailler ce produit, ça prend beaucoup de passion », soutient Ghislain Bouchard, qui travaille aux côtés de quatre employés.

« J’ai toujours eu cette souche de textile là en moi et cette passion de réaliser ce qui selon moi était le plus beau projet au Québec dans les années 2015. J’ai vu l’évolution et la détérioration. Je me disais qu’on ne pouvait pas laisser aller un projet comme celui-là. »

Eko-Terre achète de l’asclépiade, l’emblème floral de Granby, d’une vingtaine de producteurs à travers le Québec. En 2020, elle s’en est procuré trois tonnes.

Eko-Terre est une compagnie spécialisée dans la production de fibre végétale, dont l’asclépiade et le chanvre qui est quant à lui produit à partir des installations de Sherbrooke. Louis Bibeau « croit à la l’importance de la biodégradabilité des fibres », affirme M. Bouchard.

Penser local

Le DG de la division asclépiade est d’avis qu’une éducation au consommateur est nécessaire, à savoir, qu’il « ne faut pas avoir peur de la nouveauté » quand il est question d’acheter un produit. « Souvent, les gens rachètent ce qu’ils connaissent déjà, sans oser essayer autre chose. Moi je dis, venez nous rencontrer, essayez notre produit, et vous verrez. »

« De plus en plus, on devrait penser et réagir localement. Les gens qui achètent local, ça aide beaucoup de gens à s’épanouir. »

Les grands rouleaux de trente mètres, bien que très légers, occupent beaucoup d’espace.

Pour la suite, il s’agit de « se faire connaître », et de réorganiser le plancher des locaux de Cowansville, puisque les grands rouleaux de trente mètres, bien que très légers, occupent beaucoup d’espace.

« On espère que les gens verront comme moi tout le nouveau potentiel qu’on a là. »

+

DE LA PLANTE AU MANTEAU

La Voix de l’Est a visité les locaux d’Eko-Terre, à Cowansville, où se trouvent des dizaines de rouleaux de trente mètres de Vegeto, fin prêts à la vente.

De la plante au produit isolant, tout un processus est nécessaire, qu’Eko-Terre a développé à coups d’essais-erreurs, de recherches et d’inventivité. Eko-Terre achète de l’asclépiade — l’emblème floral de Granby — d’une vingtaine de producteurs à travers le Québec. En 2020, elle s’en est procuré trois tonnes.

Production de la fibre textile

D’abord, l’asclépiade est passée dans un extracteur. « On n’en garde environ que 20 %, il reste 80 % de matières résiduelles », explique Ghislain Bouchard, directeur général de la division asclépiade d’Eko-Terre. La fibre étant volatile, une machine la mélange par la suite à du PLA (acide polylactique), qui est à base de fibres de maïs, toujours dans le but d’avoir un produit 100 % naturel.

Ensuite, le tout passe au « cardage », qui consiste à démêler et à aérer les fibres textiles. Pour finalement terminer sa tournée dans un étaleur-nappeur, puis au four. Quelques techniciens travaillent à la transformation, dont Stan van Doorn, qui était à l’œuvre lors du passage de La Voix de l’Est. Cette fibre, contrairement à l’amiante par exemple, n’est pas dangereuse pour l’humain, assure M. Bouchard.

Le produit peut être de différentes « épaisseurs », soit 100 g, 150 g, 200 g et 250 g, allant du moins au plus isolant. Par exemple, le 250 g est ce qu’on retrouve dans les manteaux destinés aux employés de la Garde côtière, et le 100 g peut aller dans les mitaines.