Les syndiqués d’ABI sont en lock-out depuis 15 mois.

La direction d'ABI justifie le rejet de la contre-proprosition syndicale

Bécancour — Lors de la courte rencontre de conciliation tenue mercredi dans le dossier du lock-out à l’Aluminerie de Bécancour, la direction a informé le syndicat des Métallos que sa contre-offre pour une nouvelle convention collective ne répond pas aux exigences nécessaires pour un potentiel redémarrage de l’aluminerie.

Dans un communiqué de presse, on a rappelé que le 4 mars 2019, ABI avait présenté une offre complète offrant, en moyenne, des augmentations salariales annuelles d’au moins 2,55 %, soit plus de 15,3 % pour la durée du contrat de six ans proposé. Le syndicat a rejeté l’offre d’ABI le 11 mars pour ensuite présenter sa contre-offre le 21 mars.

Lundi, le 1er avril, des représentants de la direction d’ABI ont rencontré le gouvernement du Québec, «qui a travaillé de manière diligente pour aider les parties à résoudre le conflit de travail», a-t-on souligné.

«Après un examen rigoureux, la direction d’ABI a déterminé qu’elle ne peut pas accepter la contre-offre du syndicat, car celle-ci ne répond pas adéquatement aux cinq éléments clés nécessaires à l’amélioration de l’aluminerie à long terme», a fait savoir Anne-Catherine Couture, du Service des communications.

D’abord, en réorganisation du travail, ABI requiert une flexibilité pour exercer ses droits de gestion afin de répondre adéquatement et efficacement aux besoins de personnel de l’usine. L’offre de la direction n’incluait aucune mise à pied et prévoyait augmenter son efficacité à travers les départs à la retraite en cours et à venir. «La contre-offre du syndicat n’adresse pas ce besoin de souplesse et maintient une organisation du travail obsolète et inefficace», déplore la direction.

En matière de stabilité de la main-d’œuvre, ABI doit mettre en place des processus permanents qui assureront que les employés expérimentés demeurent disponibles à des postes précis et réduiront les cascades de permutations internes, qui limitent la productivité et requièrent des formations perpétuelles. La direction d’ABI a offert une solution qui assurerait ceci, tout en respectant l’ancienneté. «Toutefois, le syndicat n’a proposé que des solutions temporaires», fait remarquer la porte-parole d’Alcoa.

Par ailleurs, avec un taux d’absentéisme à l’ABI qui avoisine 12 %, «soit près du double de la moyenne de l’industrie au Québec», ABI a proposé des mesures pour améliorer ce point. «Ces idées qui avaient récemment été acceptées par le syndicat n’ont pas été pleinement intégrées à la contre-offre», signale la partie patronale.

En ce qui concerne les activités syndicales, ABI souhaite limiter de manière raisonnable les heures qu’elle paie pour les activités syndicales, et a proposé de payer pour environ 16 000 heures annuellement. «Le syndicat, en contrepartie, cherche à obtenir plus de 20 000 heures payées, ainsi qu’un nombre illimité d’heures non payées, ou de temps payé par ABI qui sera, plus tard, partiellement remboursé par le syndicat», soulève la direction.

Finalement, les parties se sont entendues pour qu’un nouveau régime de retraite soit mis en place, mais elles ne s’entendent pas sur les niveaux de contribution. «ABI a offert de fournir une contribution minimum de 12 %, soit la meilleure parmi les plans de retraite similaires au Québec», fait valoir Alcoa.

La direction d’ABI affirme qu’elle aimerait voir l’aluminerie redémarrer, mais un accord sur ces éléments fondamentaux doit tout d’abord être conclu avec le syndicat. Une fois cela fait, la direction sera disposée, dit-elle, à discuter du protocole de retour au travail.

«ABI a toujours négocié de bonne foi. Les offres qui ont été faites ont toujours été concurrentielles et équitables, dans l’objectif d’assurer la viabilité à long terme de l’aluminerie en améliorant sa productivité et sa compétitivité», a conclu Mme Couture.