La députée solidaire Ruba Ghazal a visité l’usine PureSphera de Bécancour et rencontré son directeur de l’exploitation, Mathieu Filion, lundi.

La députée solidaire Ruba Ghazal visite l'usine PureSphera

Bécancour — La députée solidaire responsable de la transition économique et écologique, Ruba Ghazal, était de passage à Bécancour, lundi, afin de visiter l’usine PureSphera et discuter avec ses dirigeants de la situation critique de l’établissement qui recycle les appareils de réfrigération et de climatisation.

En juin dernier, on apprenait que l’usine PureSphera, qui est la seule au Canada à recycler la laine minérale que l’on retrouve dans les réfrigérateurs, risquait de fermer. Cette mousse isolante contient des halocarbures, gaz à effet de serre qu’il est interdit de rejeter dans l’atmosphère au Québec.

C’est que la mise sur pied de l’usine PureSphera s’est faite dans l’idée que le gouvernement libéral adopterait un programme d’«écofrais», mesure proposée en 2017 qui comprenait des frais d’environ 60 $ à l’achat d’un réfrigérateur neuf, dont l’usine de Bécancour aurait bénéficié. Le gouvernement n’a toutefois jamais adopté ce programme, en raison notamment de pressions de la part de lobbyistes contre l’idée.

«C’était entendu à l’époque que ce ne serait viable que s’il y avait cet écofrais. [...] Et là, l’usine, elle crie à l’aide», indique Ruba Ghazal.

Actuellement, l’usine ne fonctionne pas à sa pleine capacité en raison de ce manque à gagner. De l’autre côté, des ferrailleurs collectent des réfrigérateurs afin de revendre leurs métaux, sans toutefois récupérer 50% des halocarbures présents à l’intérieur des appareils, qui se trouvent dans la laine minérale. Mme Ghazal déplore que le gouvernement ne vérifie pas plus rigoureusement les processus de recyclage des réfrigérateurs à ces endroits. «En ce moment, il n’y a aucun contrôle sur la façon dont on récupère ces gaz-là», dit-elle.

Il faut savoir qu’un seul réfrigérateur qui n’est pas recyclé de manière adéquate produit autant de gaz à effet de serre qu’un véhicule qui roulerait 17 000 kilomètres.

La députée solidaire souhaite maintenant faire pression sur le ministre de l’Environnement Benoit Charette afin que ce dernier considère l’implantation d’«écofrais», montant qui contribuerait au fonctionnement de PureSphera. «C’est un projet qui est gagnant pour tout: gagnant économiquement, gagnant sur le plan de l’environnement, de la création d’emplois, d’avoir une technologie innovatrice ici», affirme Mme Ghazal.

Cette dernière affirme qu’au terme de sa rencontre avec les dirigeants de l’usine, elle estime qu’un système d’«écofrais» pourrait même permettre à cette technologie d’être utilisée ailleurs. «Il pourrait y avoir une deuxième usine ailleurs au Québec ou au Canada et on pourrait aussi développer des plus petites unités, pour autres choses que les frigos, les climatiseurs et les plus petits appareils», note la députée.