La demande pour des produits désinfectants est très grande auprès des Laboratoires Choisy.
La demande pour des produits désinfectants est très grande auprès des Laboratoires Choisy.

La demande explose chez Choisy

Louiseville — L’entreprise Laboratoires Choisy réussit à alimenter ses clients habituels en cette période de coronavirus, mais le manufacturier de produits sanitaires ne peut répondre aux demandes provenant de nouveaux clients faute de matières premières en quantités suffisantes.

Propriété de la multinationale française Kersia, Choisy fabrique à son usine de Louiseville des désinfectants et des nettoyants notamment pour les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie ainsi que pour les centres hospitaliers et les centres pour aînés. Si la demande en produits de buanderie et de nettoyage pour la vaisselle a fléchi avec la fermeture de nombreux restaurants et d’hôtels, la demande pour du désinfectant à mains monte en flèche.

«Sani-Derm est notre produit de désinfection pour les mains à base d’alcool. En format de 500 ml, nos ventes sont 40 fois plus élevées en trois semaines que nos ventes en un an! Ça crée une pression énorme sur la chaîne d’approvisionnement, les matières premières et les contenants. Habituellement, on reçoit entre 70 et 80 appels par jour. On a monté à 1700 par jour depuis trois semaines. Ça fait six ans que je travaille pour la compagnie. Je n’ai jamais vu une telle demande», commente Mario Brochu, vice-président des opérations de Kersia-Choisy.

L’usine de Louiseville fabrique entre 30 000 et 40 000 litres de produits de toutes sortes par jour. La baisse de la demande pour les produits de buanderie compense la hausse des liquides désinfectants, ce qui fait que la production globale se maintient dans les mêmes eaux.

L’entreprise possède encore des matières premières. Mais si Choisy pouvait avoir accès à plus d’alcool, de glycérine et de bouteilles, entre autres produits, elle pourrait augmenter sa production et satisfaire à la demande.

«On travaille habituellement huit heures par jour (à la production). On vient d’ajouter un quart de travail de soir avec 12 nouveaux employés. On roule à 18 heures par jour. Il a fallu adapter notre production, car on produit du désinfectant pour du petit contenant, ce qui demande beaucoup plus de manutention que produire pour des contenants de 18 litres. Avec plus de matières premières, je serais capable d’avoir un quart de travail de nuit. On pourrait être à six jours par semaine. Je serais capable de fournir le marché plus rapidement, car on est dans un contre-la-montre pour lutter contre l’épidémie plus rapidement.»

Selon M. Brochu, des représentations ont lieu auprès du gouvernement fédéral pour lever la perception des taxes sur la transformation d’alcool afin d’inciter les transformateurs à produire davantage. Il souhaite que ce produit à la base des liquides désinfectants soit ainsi plus disponible pour des entreprises comme Choisy qui vient d’investir quelque 50 000 $ dans l’achat d’une nouvelle ligne de production dont la mise en exploitation est prévue la semaine prochaine. De plus, le fait que des joueurs externes du marché, comme des distilleries, entrent dans la fabrication temporaire de tels produits est une idée louable, mais cela vient diluer l’offre d’alcool au lieu de la concentrer auprès d’entreprises spécialisées en la matière qui possèdent une grande capacité de production.

Choisy étant propriétaire de ses recettes, l’équipe en recherche et développement essaie de trouver des produits différents pour contourner le problème d’approvisionnement. L’entreprise pourrait ainsi faire affaire avec de nouveaux fournisseurs.

«On cherche des équivalences, ajoute M. Brochu. C’est énormément de travail, mais c’est du plaisir. C’est un réel défi.»

L’entreprise n’est pas à court de personnel, ayant réaménagé son effectif selon la variation du marché. Les employés de la succursale de Trois-Rivières font partie du réaménagement depuis la fermeture de celle-ci il y a quelques jours.

Quelque 60 personnes travaillent à l’usine de Louiseville.