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Dans l’ordre habituel, on retrouve Stéphanie Dusablon, d’Acolyte, Caroline Marceau, d’Elenco, Guylaine Beaudoin, animatrice, et Jacqueline Hébert, des Grains de la Mauricie.
Dans l’ordre habituel, on retrouve Stéphanie Dusablon, d’Acolyte, Caroline Marceau, d’Elenco, Guylaine Beaudoin, animatrice, et Jacqueline Hébert, des Grains de la Mauricie.

La CCI3R souligne l’entrepreneuriat au féminin

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
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L’entrepreneuriat au féminin était à l’honneur mercredi lors du grand déjeuner d’affaires Cogeco de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières.

La directrice administrative et copropriétaire des Grains de la Mauricie, Jacqueline Hébert, a fièrement raconté comment elle était devenue «actionnaire à 50 %» en 1985 avec son conjoint qui, deux ans plus tôt, avait fondé Agro-Sol avec deux autres associés.

«La parité homme-femme, c’était précurseur», a-t-elle lancé lors de la conférence animée par Guylaine Beaudoin, de Beaudoin relations publiques.

La création des Grains de la Mauricie en 1989 est toutefois survenue à une époque où les taux d’intérêt sont «faramineux». «Les débuts étaient très modestes et le bureau d’accueil étant très petit, je faisais déjà du télétravail. L’agriculture évoluant à vitesse grand V, on a saisi des opportunités pour offrir des services de forfaits et créer une nouvelle compagnie», raconte Mme Hébert.

Travaillant et vivant ensemble, le couple trouvait important, dit-elle, de partager les tâches «avec chacun nos forces». Dans son cas, c’était l’administration. «J’ai développé un sixième sens pour les comptes à recevoir. En plus de 30 ans d’affaires, on a à peine perdu 10 000 dollars de comptes», a-t-elle fait savoir.

Et en 2013, les parents ont transféré l’entreprise à leur fille. «Aujourd’hui, Grains de la Mauricie, c’est notre préretraite et l’accompagnement d’une troisième génération et une possible relève avec notre petit-fils», a souligné Mme Hébert.

Issue d’un milieu familial entrepreneurial, la directrice des services-conseils et associée chez Acolyte, Stéphanie Dusablon, a un don naturel pour la compréhension des enjeux liés au monde des affaires.

Et alors qu’on lui demandait si elle allait reprendre l’entreprise familiale évoluant dans le secteur de l’automobile, elle a plutôt voulu «faire ma propre trace».

«Mon nom de famille, ce n’est pas ce qui me définit. C’est plus mes valeurs profondes que ma famille m’a inculquées. Durant les sept dernières années chez Acolyte, j’ai trouvé ma famille professionnelle», a confié celle qui se présentait uniquement par son prénom.

C’est son implication dans la Jeune Chambre de commerce qui l’aura amené à rencontrer les dirigeants d’Acolyte. Elle leur offre d’être stagiaire, ce qu’elle aura fait pendant quatre mois, avant d’accepter un emploi chez Desjardins, malgré une proposition d’être chargée de comptes chez Acolyte.

Pendant ces deux années passées comme directrice des communications et vie associative au sein de l’institution financière dans la région de Portneuf, elle garde le contact avec Philippe Lampron et Martin Dugré. Ceux-ci lui demandent alors de «sauter dans le bateau d’Acolyte», ce qu’elle a fait, et ce, sans regret.

«Ils m’ont permis de vivre une fusion avec la grande famille d’Egzakt, ce qui fut un beau tremplin pour Acolyte», a-t-elle tenu à signaler.

Or, un an après la fusion, la direction mettait en place une cellule de repreneuriat. «Martin et Philippe voulaient bâtir leur relève et donner un second souffle à l’organisation. J’avais un intérêt très fort. Ce qui fait que je viens de célébrer ma deuxième année de repreneuriat, en pleine pandémie», a déclaré Mme Dusablon, heureuse de pouvoir encore compter sur eux comme mentors pendant plusieurs années.

«Oui, j’ai des parts dans l’entreprise, oui, je suis majoritaire, oui, je veux être la relève, mais je vais rester employée de mon organisation», renchérit celle qui partage ainsi sa vision de gestionnaire tout en avouant avoir eu son lot de remises en question, ayant eu l’impression, dit-elle, de «marcher dans des chaussures un peu trop grandes».

De son côté, la présidente d’Elenco, Réseau Construction, Caroline Marceau, a rapporté comment son métier d’estimatrice l’avait amené à créer un logiciel et fonder ainsi son entreprise en 2017. Il s’agit d’un outil de référence pour optimiser et centraliser la gestion des appels d’offres et des soumissions dans le secteur de la construction.

«Quand j’ai fait mon cours, nous étions deux femmes sur la cohorte complète alors que maintenant, elles sont 50-50 à étudier l’estimation en construction», se plaît-elle à révéler.

À son avis, le style de leadership féminin est plus orienté vers l’écoute et la compassion. «J’ai toujours pas mal navigué à travers un monde un petit peu plus masculin, ayant grandi sur une ferme», fait-elle remarquer.

En lançant sa plateforme Elenco, cette dernière a dû «apprendre sur le tas» tout ce qui s’appelle marketing et administration. «J’ai appris à être entrepreneure au travers tout ça. On est sur le point de créer un gros partenariat avec un gros groupe de la construction. On le vent dans les voiles, après une année de pandémie difficile où on a trouvé des façons de survie sans nouvelles ventes. On en est sorti et on est prêt pour la reprise», conclut celle qui a évoqué au passage le défi de la conciliation télétravail-famille.