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La première vice-présidente et cheffe des Placements au Québec et de l’Investissement durable à la CDPQ, Kim Thomassin.
La première vice-présidente et cheffe des Placements au Québec et de l’Investissement durable à la CDPQ, Kim Thomassin.

La caisse de dépôt et placement du Québec en période pandémique: aide de 4 milliards $ pour les entreprises

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — «Les avoirs des Québécois sont en sécurité et la solidité financière de la Caisse nous a permis de débloquer une enveloppe de quatre milliards de dollars pour aider les entreprises du Québec pendant la crise.»

Voilà l’une des nombreuses informations transmises par la première vice-présidente et cheffe des Placements au Québec et de l’Investissement durable à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Kim Thomassin, lors du Rendez-vous d’affaires publiques organisé par la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (CCI3R).

Plus de la moitié de cette somme a déjà été allouée, investie ou en voie de l’être. «Il y a beaucoup de dossiers sous analyse. L’argent est disponible dans l’optique de permettre aux entreprises de traverser la crise et se positionner pour la relance, mais aussi saisir les opportunités que la crise a générées pour elles», a-t-elle expliqué.

Celle-ci précise toutefois que cette enveloppe se veut une offre qui est complémentaire aux initiatives gouvernementales et à celles des autres investisseurs. «Ce qu’on veut supporter, c’est des entreprises qui étaient rentables avant la crise liée à la COVID parce que ça nous prend un critère de rentabilité en raison du fait qu’on cherche à faire du rendement pour nous tous, Québécoises et Québécois», spécifie Mme Thomassin.

«On veut des entreprises qui cherchent un financement minimum de cinq millions de dollars, des sociétés qui représentent des perspectives prometteuses dans leur secteur, tournées vers l’avenir. C’est accessible pour tous les types d’entreprises, technologiques, PME, grandes entreprises du Québec. On a sur notre site internet un formulaire accessible. Parfois, on n’est pas la meilleure solution, on va alors diriger vers la bonne personne», renchérit-elle.

Pour la première vice-présidente de la Caisse, «on vit une crise qui est unique, mondiale, qui n’est pas une récession qui arrive quand l’économie s’essouffle et qui est complexe à régler». «Ce n’est pas non plus une dépression quand toute l’économie est profondément déréglée. Ce n’est pas une déflation quand tout perd sa valeur. Ce qu’on a subi, c’est un choc, c’est brutal, c’est une crise sanitaire. La cause, on la connaît, le remède, on a des pistes de solutions qui s’en viennent. C’est une crise à cause unique. Ça veut dire qu’on va se relever rapidement et tout ce qui allait bien avant la crise risque de se remettre à aller bien. On avait plein de bons indicateurs économiques, plein de belles nouvelles, plein de belles choses qui devraient revenir où elles étaient et continuer d’aller bien», prétend Mme Thomassin.

En évoquant les piliers sur lesquels repose la stratégie d’investissement de la Caisse, la conférencière invitée a donné l’exemple de Cogeco qui est appuyé pour «naviguer sur les marchés mondiaux».

«C’est un des plus grands succès de l’entrepreneuriat du Québec, mais de la Mauricie particulièrement. La Caisse, on a aidé Cogeco à s’établir encore plus fortement aux États-Unis. On a un super partenariat avec eux et un investissement avec ABB, avec eux aux États-Unis, qui est un joyau. Ce qui fait que Cogeco s’est hissé au cours des dernières années dans le top 10 des plus grands câblodistributeurs en Amérique du Nord», a-t-elle fièrement indiqué.

Par ailleurs, grâce à un partenariat avec Lightspeed, les locataires chez Ivanhoé Cambridge, une filiale de la Caisse, peuvent prendre le virage technologique. «Et on est partenaire dans DigiHub Shawinigan, qui est devenu un tremplin de l’économie numérique aussi dans la région», a souligné Mme Thomassin.

En matière d’économie verte, elle n’a pas manqué de rappeler les quelque 25 millions de dollars investis au fil des ans par la Caisse dans AddÉnergie, dont l’usine est à Shawinigan, «un champion québécois des solutions de recharge pour nos véhicules électriques».

«La Caisse continue d’appuyer l’entreprise, sa croissance au Canada, et depuis l’an dernier, son développement des marchés du côté américain», a-t-elle fait savoir.

Et à cela s’ajoute l’annonce d’un partenariat de trois ans entre la Caisse et la Fondation Trois-Rivières durable, en collaboration avec la CCI3R, pour le lancement d’un nouveau programme qui vise à accompagner 15 entreprises trifluviennes dans leur démarche de développement durable.

La Caisse de dépôt et placement du Québec, c’est plus de 330 milliards de dollars d’actifs, investis partout sur la planète. Au Québec, c’est 66,7 milliards de dollars d’actifs, 48 milliards de dollars investis dans des entreprises privées et un portefeuille de 750 entreprises, dont 650 PME. «À la Caisse, on a toujours deux idées en tête: générer du rendement pour nos 41 déposants qui représentent l’ensemble des Québécoises et Québécois et contribuer au développement économique du Québec», se plaît-elle à résumer.

À son avis, «on entre dans une nouvelle phase». «On voit que nos entreprises commencent à préparer la relance. On voit aussi un retour à la normale dans la plupart des secteurs vers la mi-2021. On sent beaucoup que nos entrepreneurs regardent déjà sur l’après-pandémie. La confiance revient. Nous, on veut adapter notre stratégie d’investissement pour appuyer les entreprises dans cette reprise-là. Et dans notre portefeuille, c’est sûr qu’on a aussi des entreprises de la Mauricie», a-t-elle conclu.