La coupe officielle du ruban marquant l’inauguration de la deuxième ligne de production SMT chez Kongsberg Automotive, mercredi midi. De gauche à droite: Bob Riedford (président, groupe motopropulseur et châssis), Michel Angers (maire de Shawinigan), Henning E. Jensen (président et chef de la direction) et Robert Pigg (vice-président senior, division véhicules hors-route).

Kongsberg en mode croissance et pour longtemps

Shawinigan — La haute direction de Kongsberg Automotive s’est déplacée à Shawinigan, mercredi midi, afin de dévoiler un nouvel investissement de plus de deux millions de dollars pour la création d’une deuxième ligne de production SMT (surface mount technology). Le président et chef de la direction de la multinationale, Henning E. Jensen, a profité de l’occasion pour insister sur l’importance stratégique de l’usine de la 28e Rue, de sorte que les perspectives de croissance s’annoncent excellentes pour l’avenir.

Daniel Boulanger, directeur de production du secteur électronique à Shawinigan, précise même qu’un projet pour l’ajout d’une troisième ligne sera acheminé au siège social afin qu’elle devienne fonctionnelle vers 2022. La demande pour la conception de circuits électroniques (power control boards) ne risque pas de s’essouffler, prédit-il.

Ces pièces de haute technologie peuvent s’intégrer dans un large éventail de véhicules, dont les fonctions deviennent de plus en plus sophistiquées. La valeur ajoutée produite à Shawinigan, grâce notamment à la contribution du centre de recherche de 90 techniciens et ingénieurs, est particulièrement prisée dans le groupe.

«J’ai fait des projections jusqu’en 2027 et d’ici 2022, c’est certain qu’en fonction des commandes actuelles, la deuxième ligne sera à pleine capacité», indique M. Boulanger. «Nous allons travailler fort pour entrer une troisième ligne le plus rapidement possible.»

La deuxième ligne SMT, inaugurée officiellement mercredi mais en exploitation depuis le début juillet, a nécessité deux ans de planification. Kongsberg Automotive a dû investir «un peu plus de deux millions $» pour sa réalisation, sans compter un montant de 250 000 $ pour le réaménagement de l’usine pour faire place à ces nouveaux équipements de haute technologie.

«Nous avons une croissance de 12 % par année depuis les cinq dernières années. Ça va s’accroître de façon exponentielle d’ici 2023», croit M. Boulanger.

La haute direction de Kongbserg Automotive s’est à nouveau déplacée à Shawinigan pour marquer cette annonce. Même que Larry Lyng, un Américain qui porte le titre de vice-président pour la division motopropulseur et châssis, a pris la peine de s’adresser en français aux invités, à titre de maître de cérémonie.

De son côté, M. Jensen a profité de son allocution pour réitérer l’importance stratégique de l’usine de Shawinigan dans le portfolio de Kongsberg Automotive.

«Le monde va évidemment de plus en plus vers l’électronique», constate-t-il. «(Shawinigan) est le seul site de Kongsberg Automotive, à travers le monde, qui fabrique des produits électroniques pour les véhicules hors route. Ce n’est pas surprenant que nous ayons besoin d’expansion et nous le ferons aussi longtemps que nos employés ferons croître l’entreprise.»

«Je crois que ça prendra moins de temps avant de trouver de l’espace pour une troisième ligne», glisse le président et chef de la direction.

Une mélodie évidemment toute douce aux oreilles du maire de Shawinigan, Michel Angers, qui rappelle que cette entreprise est devenue le plus important employeur privé de sa ville. La Société de développement de Shawinigan est associée de près à la croissance de Kongsberg Automotive, puisqu’elle loue l’immeuble industriel à cette entreprise.

«Cette annonce fait particulièrement plaisir à l’équipe de développement économique de la Ville et au conseil municipal», lance M. Angers. «C’est une grande marque de confiance et de fierté.»

Main-d’oeuvre
Lorsque Kongsberg Automotive a fait l’acquisition de cette usine du groupe américain Teleflex en 2007, elle comptait déjà 390 employés. On en dénombre actuellement 470, mais M. Boulanger estime à une quarantaine le nombre de postes à pourvoir, particulièrement à l’assemblage.

«Nous avons aussi besoin de journaliers, de techniciens, d’ingénieurs, de directeurs pour parfaire la croissance à Shawinigan», précise-t-il.

M. Boulanger fait remarquer que l’usine locale fournit à peine 5 % du matériel électronique utilisé par Kongsberg Automotive.

«Le reste vient de la sous-traitance, à travers le monde», explique-t-il. «À Shawinigan, nous avons été en mesure de démontrer l’expertise et l’expérience des gens, de sorte que ça vaut la peine de continuer à investir ici.»

M. Jensen fait remarquer que la recherche de main-d’oeuvre qualifiée représente un enjeu à intensité variable à travers le monde.

«Les bonnes personnes sont toujours difficiles à trouver», indique-t-il. «C’est plus facile à certains endroits par rapport à d’autres, particulièrement quand le bouche-à-oreille parle en notre faveur! Nous avons quand même un contexte favorable ici, parce que je pense que nous avons une bonne réputation. Ça rend la tâche un peu plus facile, mais il reste que nous sommes en manque de personnel, autant sur le plan technique que celui de l’assemblage. Nous demeurons confiants de pouvoir trouver ces gens dans la région.»