Jean-Marie Gélinas est le propriétaire de JM Textiles.

JM Textiles ferme en raison d'un manque de main-d'oeuvre

L’impossibilité de trouver du personnel force la direction de JM Textiles à fermer le commerce de façon définitive.

Jean-Marie Gélinas fait des affaires depuis près de 50 ans et son magasin sur le boulevard des Forges à Trois-Rivières a été ouvert en novembre 1977. Les ventes sont toujours au rendez-vous, soutient-il, mais M. Gélinas ne peut plus offrir le même niveau de service en raison de la rareté de la main-d’oeuvre.

«Ça fait trois ans qu’on cherche des employés et on n’en trouve pas. Je vais avoir 70 ans en janvier, ma fille voulait prendre la relève, mais ce n’est pas encourageant pour elle. Le commerce ferme.»

JM Textiles avait fermé ses portes durant deux semaines, l’été dernier, faute de personnel suffisant pour la période des vacances. La situation ne s’est pas améliorée au fil des derniers mois, ce qui a mené à une réflexion qui a duré une quinzaine de jours menant à l’arrêt des activités du commerce.

«On a eu un pincement au coeur quand on a décidé de fermer, mais on voyait venir les choses. On est sept personnes à travailler actuellement. J’en aurais besoin de sept ou huit de plus! Et on est un commerce spécialisé ici. Ça prend du monde qui connaît la couture. On conseille les clients pour leurs rideaux. On conseille une femme qui veut se faire une robe. Il faut être capable de calculer la bonne grandeur pour le tissu, calculer le tissu pour la doublure, conseiller pour un fermoir ordinaire ou invisible. Les gens qui connaissent le domaine sont rares. Les nouveaux employés ne connaissent pas le monde du tissu, ils ne veulent pas travailler le jeudi soir, ne veulent pas travailler le vendredi soir. On ferme à 18 h le vendredi parce qu’on manque d’employés.»

JM Textiles doit aussi composer avec un personnel vieillissant. Des gens âgés de 67 ans, de 68 ans et de 72 ans travaillent toujours pour l’entreprise. Des sept employés du commerce, six prendront leur retraite avec la fermeture du magasin.

La nécessité de rajeunir l’équipe était un élément incontournable pour la poursuite des activités. Mais personne ou presque ne s’est présenté pour travailler à ce commerce malgré les nombreuses démarches mises de l’avant en ce sens.

«Le commerce de détail est un domaine qui n’est pas facile. Mais avec la pénurie de main-d’oeuvre, c’est du bordel épouvantable. Et c’est de même partout. On le voit dans d’autres commerces. J’ai un cousin à Québec qui vit la même affaire, même chose pour un neveu qui est à Joliette.»

Maintenant que la décision de fermer est officielle, JM Textiles amorce mardi une vente de liquidation. Jean-Marie Gélinas souhaite fermer son commerce à la fin du mois de décembre. Il passera les semaines suivantes à vider le local afin de le mettre sur le marché de la location, car c’est lui possède la bande commerciale.

«La décision est prise, on regarde en avant. Il faut profiter de la vie», conclut M. Gélinas.