La plus récente annonce du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, impliquait vendredi le chef du conseil de bande de la communauté abénaquise de Wôlinak, Michel R. Bernard.

Jean Boulet: quand la corvée se transforme en chantiers...

TROIS-RIVIÈRES — Depuis qu’il est ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet mène une grande corvée aux quatre coins du Québec pour s’attaquer à la rareté de main-d’oeuvre, en plus de s’impliquer dans le dossier d’ABI. Or, tout en poursuivant cette mission ambitieuse qu’il s’est donnée, le député de Trois-Rivières entend mettre en branle des chantiers importants, tels que la réforme de la Loi sur la santé et sécurité du travail et la mise en place d’un plan d’action communautaire.

En attendant, il continue de multiplier les annonces en lien avec la deuxième phase de la Grande corvée. Celle-ci s’adresse directement aux travailleurs alors que la première phase a pour objectif d’aller au-devant des besoins des entreprises pour les aider à faire face à la rareté de la main-d’œuvre.

«Mon ministère était habitué d’accompagner des chercheurs de jobs alors que maintenant, il faut accompagner les employeurs. Plus de 9000 entreprises ont été rencontrées jusqu’à présent et plusieurs ne savaient pas que mon ministère avait des conseillers en entreprise, qui sont au nombre de 220», a-t-il fait remarquer vendredi en entrevue éditoriale au Nouvelliste.

Par ailleurs, depuis le début de la Grande corvée 2.0, des mesures ont été annoncées pour rapprocher du marché du travail différents groupes sous-représentés : les travailleurs expérimentés, les personnes handicapées et, vendredi, les membres des communautés autochtones.

Dans ce dernier cas, et afin de permettre aux membres des Premières Nations et aux Inuit de prendre leur place dans le marché du travail, le ministre Boulet a confirmé un investissement de plus de 13 millions de dollars par l’intermédiaire des Alliances pour la solidarité ainsi que du Programme d’aide à l’intégration en emploi des membres des Premières Nations et des Inuit (PAIPNI).

Financé à hauteur de 4,8 millions de dollars, le PAIPNI vise à aider 500 membres des Premières Nations et Inuit à intégrer le marché du travail d’ici 2023. En lien direct avec la Grande corvée 2.0, ce programme a pour but d’aider les membres des Premières Nations et les Inuit à acquérir une première expérience de travail significative et de favoriser leur maintien en emploi.

Le PAIPNI permet de financer jusqu’à 80 % du salaire brut de la personne qui en bénéficie et de couvrir jusqu’à 100 % des coûts directs liés à la formation. Il prévoit également des mesures d’accompagnement pour les personnes embauchées et du financement pour adapter le milieu de travail ou les outils en matière de ressources humaines pour une intégration réussie. La mise en œuvre du PAIPNI se fait de concert avec les membres des communautés concernées pour bien répondre aux besoins des travailleurs.

Les Alliances pour la solidarité permettent, quant à elles, aux organisations autochtones signataires de ces ententes, en collaboration avec leurs partenaires sur leurs territoires, d’aborder la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale selon des priorités convenues en région, dont la persévérance scolaire et l’intégration professionnelle.

Les investissements totaux à cet égard s’élèvent à 8,3 millions de dollars.

«J’encourage les membres des Premières Nations et les Inuit à poser leur candidature pour les emplois disponibles, puisque c’est en accédant au marché du travail qu’ils pourront faire bénéficier leurs communautés respectives de leurs talents et de leur savoir-faire. C’est ainsi que, par l’intermédiaire du PAIPNI et des Alliances pour la solidarité, nous mobilisons une main-d’œuvre disponible, réduisant les effets de la rareté de la main-d’œuvre sur l’économie du Québec», a-t-il expliqué.