Le ministre Jean Boulet

Jean Boulet: «J’essaie de tout faire le plus équitablement possible»

TROIS-RIVIÈRES — Dès les premières minutes après son assermentation comme ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité social à l’Assemblée nationale, le 18 octobre 2018, Jean Boulet avait été questionné par Le Nouvelliste sur deux grands dossiers: le conflit de travail à l’Aluminerie de Bécancour et la pénurie de main-d’œuvre. Pas le temps de festoyer au Salon rouge, il fallait tout de suite se positionner sur ces deux enjeux majeurs.

Un an jour pour jour après son assermentation, le ministre responsable de la Mauricie convient que ces deux dossiers auront évidemment occupé beaucoup de son temps lors des 365 derniers jours, mais qu’il aura également dû s’attaquer à d’autres défis, qui continuent de le tenir occupé, à travers ses engagements dans le comté et la région.

Devant diviser ses actions entre le travail, l’emploi, la solidarité sociale, ses fonctions de ministre responsable de la Mauricie et député de Trois-Rivières, Jean Boulet est d’avis qu’il a trouvé un certain point d’équilibre à travers cette charge. «J’ai essayé d’être assez équilibré, et mon statut de ministre régional aussi m’a imposé de m’impliquer dans le Musée POP, Carpe Diem, Boréalis, dans la zone d’innovation économique pour le centre-ville de Trois-Rivières, pour Internet dans la partie nord. J’établis des priorités régionales, j’ai fait une tournée régionale, j’essaie de tout faire le plus équitablement possible», constate-t-il, ajoutant que la collaboration avec ses collègues Sonia LeBel, Simon Allaire et Marie-Louise Tardif a été et est toujours essentielle. «On travaille beaucoup en équipe et les quatre ensemble, je pense qu’on donne une voix forte à la Mauricie. On est entendu, écouté, on a de l’influence et une belle autorité je crois», constate le ministre Boulet.

En emploi, le ministre n’a pas ménagé les efforts pour lancer son Plan d’action pour la main-d’œuvre (PAMO), avec des investissements dépassant le milliard de dollars pour le maintien ou le retour en emploi des travailleurs expérimentés, l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées, des personnes issues des Premières nations, des personnes immigrantes et des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni aux études, ni en formation. Cette tranche de la population représente près de 120 000 personnes au Québec, pour qui il existe maintenant une subvention aux entreprises qui les embauchent dans le cadre d’une première expérience de travail.

«La pénurie de main-d’œuvre, c’est un défi de société. Ce n’est pas un défi qui ne repose que sur les épaules de l’État. Les travailleurs expérimentés, toutes les clientèles sous-représentées ont besoin d’accompagnement patronal. Le rapport de force est inversé. Avant, c’était les employeurs qui dictaient, aujourd’hui, ce sont les employés qui dictent», constate Jean Boulet. En ce sens, il se félicite de constater que près de 7000 des 25 000 personnes actuellement sur l’aide sociale mais susceptibles d’intégrer le marché du travail sont présentement dans le corridor du programme Objectif-Emploi.

En terme du travail, Jean Boulet a eu aussi à s’attaquer à la disparité de traitement, au salaire minimum, à l’équité salariale et aux services essentiels. Il devra en outre, dans les prochains mois, déposer son imposant projet de loi sur la réforme du régime de santé et sécurité au travail, son «autre» gros mandat.


« Le rapport de force est inversé. Avant, c’était les employeurs qui dictaient, aujourd’hui, ce sont les employés qui dictent »
Le ministre Jean Boulet

«Il y a un travail immense à faire sur les mécanismes de prévention», constate-t-il, rappelant que les deux lois encadrant les normes sur la santé et la sécurité au travail datent respectivement de 1979 et 1985. «On était avant-gardistes, mais là on a vraiment un rattrapage à faire», soutient-il, rappelant la mise en place de mesures pour faciliter aussi les procédures pour l’embauche de travailleurs étrangers.

Jean Boulet se félicite aussi d’avoir misé sur l’équité dans la distribution et le financement des organismes communautaires, et rappelle que des sommes de 1,5 milliard de dollars ont été allouées au soutien financier pour les personnes éloignées du marché du travail ou qui ont des contraintes sévères à l’emploi.

ABI

Le règlement du conflit de travail à l’Aluminerie de Bécancour aura aussi demandé de nombreuses interventions du ministre durant les premiers mois de son mandat. «Je pense que j’ai contribué à redéfinir la façon dont on abordait les relations de travail au Québec. Il ne faut pas penser en terme de lois spéciales. Je suis allé loin avec l’hypothèse de règlement. À chaque fois, j’étais motivé par une volonté profonde de rapprocher les parties et de maintenir le dialogue. Je n’ai pas la prétention que c’est moi (qui ai tout réglé). Je pense que j’ai été un facilitateur», mentionne Jean Boulet, qui souhaite maintenant que la page se tourne et qu’on regarde vers l’avenir.

Laïcité, immigration, commissions scolaires, pré maternelles 4 ans, développement économique régional: le ministre Boulet a aussi voulu saluer le bilan de son gouvernement, dont les réalisations de cette première année ne le font pas rougir. «Quand je parle aux gens dans la rue, ce qui ressort le plus, c’est: vous faites ce que vous aviez dit que vous alliez faire. On a pris des engagements et on a respecté nos engagements. On le fait aussi régionalement», assure-t-il.