Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et Marie-Louise Tardif, députée de Laviolette - Saint-Maurice, lors de leur passage au Centre Roland-Bertrand, vendredi matin.

Jean Boulet bouleversé par la pauvreté à Shawinigan

SHAWINIGAN — La dernière étape de la tournée régionale du ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet, lui réservait un choc. À Shawinigan vendredi matin, le député de Trois-Rivières a été confronté à un degré de pauvreté qu’il ne soupçonnait pas.

M. Boulet s’est notamment arrêté au Centre Roland-Bertrand, où il a pris connaissance des importants besoins de l’organisme pour desservir une population extrêmement vulnérable. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale est sorti un peu bouleversé de cette rencontre.

«J’ai été estomaqué par les chiffres sur la marginalité et l’exclusion sociale dans certains secteurs de Shawinigan», commente-t-il. «Le taux de prestataires d’aide sociale atteint 14 % à Shawinigan, alors qu’au Québec, c’est 6 %. Dans certains secteurs de Shawinigan, ça atteint 40 %. Ça me jette à terre!»

La direction du Centre Roland-Bertrand s’est appliquée à bien expliquer sa mission et les défis auxquels l’équipe est confrontée.

«Ils ont une tablée populaire, ils font de l’aide alimentaire, ils répondent aux besoins des familles à faible revenu, ils font de la réinsertion sociale et professionnelle», énumère le ministre. «Ils offrent plein de programmes qui méritent notre intérêt. Nous sommes déjà des partenaires du Centre Roland-Bertrand, mais le fait de venir ici m’a vraiment interpellé. Je leur ai dit d’essayer de développer encore plus leurs activités de financement.»

«J’ai évidemment regardé leur structure, leur budget, le profil de leur équipe», ajoute M. Boulet. «Nous avons parlé d’aspects financiers. J’ai des interventions à faire auprès de certains collègues, notamment ma collègue au ministère de la Santé et dans mon ministère, pour voir comment on peut approfondir le partenariat que nous avons déjà. (...) Ils sont en mesure de garder la tête hors de l’eau, mais ils ont besoin de bouffées d’air frais. Je suis là pour les aider.»

M. Boulet concluait vendredi sa tournée de la Mauricie, entreprise le 19 août. Outre l’extrême pauvreté de certains quartiers, le ministre observe que plusieurs défis se recoupent entre Shawinigan et le reste de la région.

«Les entreprises que j’ai visitées partout en Mauricie font état de problèmes de rareté de main-d’œuvre», reconnaît-il. «Je leur donne des façons nouvelles pour les aider à recruter. J’ai parlé de travailleurs expérimentés. J’ai annoncé une stratégie pour soutenir les travailleurs de 60 ans et plus à prolonger leur carrière ou à revenir au travail. Si on avait le même taux d’emploi qu’en Ontario chez les 65 ans et plus, on aurait 89 000 nouveaux travailleurs dans notre marché.»

Les personnes handicapées sans contraintes sévères à l’emploi et les travailleurs étrangers constituent d’autres bassins de main-d’œuvre à explorer, rappelle le ministre, qui a multiplié les annonces sur cet enjeu au cours des dernières semaines.

Lors de sa visite à Shawinigan, M. Boulet était évidemment accompagné par la députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif. Outre le Centre Roland-Bertrand, les deux élus se sont également présentés chez Kongsberg Automotive et chez Produits forestiers Arbec.

Au plan local, le nettoyage du site de l’ancienne papeterie Belgo représente une priorité. Il s’agit d’un véritable casse-tête pour le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Les travaux ont été interrompus la semaine dernière, car la quantité de matériaux à dégager avait été mal évaluée.

Le MELCC doit ainsi reprendre le processus d’appel d’offres. Un nouvel avis a été publié jeudi. Les soumissionnaires peuvent déposer leur offre jusqu’au 1er octobre. Une visite du chantier est proposée par le ministère le 19 septembre.