De gauche à droite: Marie-Noëlle Poirier, chargée de projet chez Soleno Recyclage, Marc H. Plante, député de Maskinongé, et Yvon Picotte, président du conseil d’administration de Soleno Recyclage.

Investissement de 900 000 $ chez Soleno Recyclage

YAMACHICHE — Vous mettez votre contenant de savon à lessive au recyclage? C’est une bonne idée car la matière sera transformée en tuyaux, en drains ou en ponceaux par l’entreprise Soleno. En bon citoyen, vous aurez beau rincer ce contenant comme il le faut avant de le déposer dans le bac bleu, il restera toujours quelques résidus de savon. Lorsqu’il est rincé à nouveau chez Soleno Recyclage, à Yamachiche, l’eau grise produite est tellement abondante et chargée de restes de savon de toutes sortes qu’elle ne peut pas être envoyée dans les égouts municipaux car elle nuit à l’activité bactérienne des étangs d’épuration.

Soleno Recyclage était très fière d’annoncer, vendredi, que ce problème est enfin derrière elle. Après deux années de recherche, une nouvelle technologie est présentement en période de rodage dans l’usine et permettra de filtrer les surplus de savon et même de réutiliser l’eau de rinçage. C’est un projet de 900 000 $ qui permet de consolider aussi une autre mission de Soleno soit celle de faire travailler des personnes handicapées. En prime, cette innovation technologique crée aussi trois nouveaux emplois.

Le projet de Soleno Recyclage reçoit une aide de 275 000 $ du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie. Sur le plan environnemental, il s’agit en effet d’un gain fort intéressant et c’est pourquoi la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, appuie cette nouvelle en ces termes: «L’initiative de Soleno Recyclage, qui permettra de valoriser des milliers de tonnes de plastique consommé et récupéré au Québec, est un bel exemple d’économie circulaire», dit-elle, qui «s’inscrit dans une perspective de développement durable et de protection de l’eau.»

Le président du conseil d’administration de Soleno, Yvon Picotte, indique que Soleno ne l’a pas eu facile avant d’installer ce nouveau système de traitement des eaux en circuit fermé. Il fallait en effet transporter dans la région de Sherbrooke toute l’eau usée de son usine d’Yamachiche dans des camions-citernes à coups de 2 ou 3 voyages par semaine. «Ça coûtait 200 000 $ par année», souligne-t-il.

Il aurait été justifié, dit-il, de faire quelques mises à pied en pareilles circonstances. Toutefois, personne n’a perdu une seule heure de travail, tient-il à mentionner. Bon an, mal an, entre 60 et 75 personnes handicapées travaillent chez Soleno Recyclage, dit-il.

Le député du comté de Maskinongé, Marc H. Plante, indique que «la mission sociale de l’entreprise fait que le gouvernement se doit d’accompagner Soleno Recyclage et le Groupe RCM. C’est très louable qu’une entreprise privée ait sauvé la mission sociale d’un OBNL.»

Rappelons en effet que Soleno et le Groupe RCM se sont associés, il y a quelques années, dans une période de grandes difficultés financières pour RCM. Soleno Recyclage, qui est née de cette union, est gérée à 60 % par Soleno et à 40 % par le Groupe RCM. «Voyager l’eau à l’année ne présentait aucune viabilité financière pour l’entreprise. Pour la sauvegarde des emplois et de la dignité des gens, le gouvernement devait trouver une solution», fait valoir le député Plante.

Le maire d’Yamachiche, Paul Carbonneau, se réjouit du maintien des emplois. Avec la nouvelle technologie mise en place pour régler le problème des rejets de savon, «tout le monde va être heureux», assure-t-il.