Robert Lalonde, préfet de la MRC de Maskinongé et président de Maskicom.
Robert Lalonde, préfet de la MRC de Maskinongé et président de Maskicom.

Internet haute vitesse dans Maskinongé: les choses doivent bouger, réclame Lalonde

SAINT-LÉON-LE-GRAND — «L’entente avec le gouvernement mentionne que les gens qui font partie de l’entente commune vont se réunir et activer la demande des tiers comme nous. J’espère que ce n’est pas juste un vœu pieux.»

Robert Lalonde souhaite de tout cœur que l’annonce faite jeudi par le ministre Pierre Fitzgibbon va accélérer la réalisation du projet d’internet haute vitesse au sein de la MRC de Maskinongé. Une table de concertation réunissant Hydro-Québec, Bell, Télébec, Telus et le ministère de l’Économie et de l’Innovation a l’objectif d’accélérer le déploiement de ce service dans les régions du Québec. Selon le préfet de la MRC de Maskinongé et président de Maskicom, qui implante son réseau de fibre optique au sein de son territoire, cette annonce est une bonne nouvelle. Mais il faut que les grands télécommunicateurs accordent plus rapidement les permis de passage de la fibre sur les poteaux longeant les routes.

En novembre dernier, Robert Lalonde accusait Bell de lui mettre des bâtons dans les roues. Selon lui, la compagnie responsable d’émettre les permis autorisant la location d’un emplacement sur les poteaux appartenant à Hydro-Québec faisait traîner en longueur le traitement des demandes. Six mois plus tard, les choses n’ont pas vraiment changé, soutient M. Lalonde. Il dénonce toujours les délais de traitement pour corriger la tension des fils sur les poteaux ou la réparation de ces derniers.

«On est en train de rebâtir leur parc de poteaux, car c’est le dernier qui passe qui doit réparer. Je suis en retard d’un an, minimum. Je trouve que c’est du niaisage, mais on doit vivre avec. Les gros télécommunicateurs agissent comme si tout était à eux. Mais ça ne marche pas comme ça. C’est le droit à la libre entreprise», raconte M. Lalonde.

Bell a déjà expliqué qu’une analyse complète doit être effectuée afin de s’assurer qu’un poteau a la capacité de supporter l’ajout d’équipements. La compagnie illustrait que de nombreux poteaux devaient être renforcés ou remplacés pour y parvenir.

Le réseau de fibre optique de Maskicom est de 600 km. Selon M. Lalonde, la fibre a été installée sur une distance variant de 200 à 300 km. Si les travaux de la table de concertation avancent rondement, Maskicom pourrait progresser rapidement en 2020, elle qui veut servir 5000 clients au total.

«On a une centaine de clients branchés jusqu’à maintenant à Saint-Mathieu-du-Parc. Mais il ne faut pas se fier juste sur ce chiffre. Je peux en brancher 3000 cette année. Mais on est toujours barré. Si on me donne le libre passage, je vais avancer 10 fois plus vite. Mais on attend toujours les permis.»

Cette table de concertation mise de l’avant pour accélérer l’accès aux infrastructures arrive en pleine pandémie de COVID-19. Cette pandémie qui a incité de nombreux Québécois à adopter le télétravail fait ressortir une réalité : l’absence d’un service Internet haute vitesse pour bon nombre de citoyens.

«Le télétravail, ça ne se fait pas. Des étudiants n’ont pas accès à des cours en ligne», énumère M. Lalonde.

Maskicom profite d’un appui de 10,4 millions de dollars des gouvernements canadien et québécois afin de brancher la presque totalité des maisons situées en zones rurales. Selon les ententes avec les gouvernements, le projet doit être réalisé d’ici le 31 mars 2021.

Des discussions ont lieu pour obtenir une prolongation de cet échéancier.