Marc, Yves, Samuel et René St-Onge, de la firme Sam Habitation et Simon Dufour, courtier immobilier pour REMAX, ont récemment conclu une importante transaction à Shawinigan.

Importante transaction immobilière à Shawinigan

SHAWINIGAN — La société Sam Habitation vient de procéder à une importante transaction dans le milieu des logements locatifs à Shawinigan, en faisant l’acquisition de 74 appartements répartis dans six immeubles situés dans un quadrilatère formé par l’avenue de Nicolet, la 50e Rue et la 51e Rue. Une bouchée de quatre millions de dollars.

Ces propriétés ont été achetées d’une compagnie à numéros établie à Montréal et présidée par Massimo Morena. Sam Habitation travaillait sur ces acquisitions depuis un an et demi.

Selon Simon Dufour, agent immobilier pour la firme RE/MAX qui participé à cette transaction, il s’agit de la plus importante vente dans le multilogements à Shawinigan depuis le début du nouveau millénaire. Elle en surpasse une autre conclue en 2010, alors que la société immobilière Yvon et René Garceau vendait quatre immeubles totalisant 97 logements, sur Place Masson et l’avenue du Collège, à Matna Investissements pour la somme de 3,75 millions $.

«Nous avions déjà des immeubles et nous recherchions un produit comme celui-là, dans ce secteur», explique Samuel St-Onge, président de Sam Habitation. «Ce sont des immeubles bien entretenus, avec une piscine chauffée pour tous les locataires, un parc à proximité, beaucoup de stationnements. Il y avait tous les critères que nous recherchions!»

À la suite de cette transaction, Sam Habitation compte maintenant 101 logements dans son portefeuille. Un inventaire intéressant pour l’entreprise immobilière créée en 2016, mais M. St-Onge reconnaît qu’il faut savoir se distinguer dans un marché assez capricieux.

«Ce n’est pas évident», commente-t-il. «Nous avons les loyers les plus bas au Canada, avec des revenus assez bas. Nous sommes aussi dans l’une des villes les plus taxées. Par contre, nous avons une qualité de produit qui fait que nous pouvons être compétitifs.»

Prendre du mieux

Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, le taux d’inoccupation des appartements, à Shawinigan, est passé de 10,6 % en octobre 2015 à 6,3 % en octobre 2018, la plus récente donnée disponible. Après une baisse marquée en 2012, le prix du loyer moyen connaît une hausse constante dans le même marché. En octobre 2018, il s’établissait à 475 $ par mois.

M. Dufour observe une nette démarcation dans le marché du multilogements à Shawinigan.

«Quand ce sont de beaux immeubles avec des locataires dedans, on peut les vendre à un bon prix», explique-t-il. «Mais les propriétaires qui sont à Montréal, qui ne font pas de gestion et dont les immeubles sont à moitié vides, c’est dur à vendre.»

«Nous avons déjà vendu des six logements à 70 000 $, 80 000 $», fait-il remarquer. «Ça n’avait pas de bon sens. Depuis environ trois ans, nous avons vu tomber de gros propriétaires immobiliers. Ça a fait une flopée d’immeubles en reprises de finance, ce qui fait planter un marché.»

Au fil des mois, les acheteurs possédaient le gros bout du bâton avec des prix aussi bas.

«Les gens sont habitués à voir des immeubles à six logements à 70 000 $, 80 000 $ ou 90 000 $ et ils veulent avoir les mêmes prix», mentionne M. Dufour. «On n’en a plus vraiment à ce prix-là, comparativement à ce qui se passait il y a environ deux ans. On n’a plus de reprises de finance dans les pattes. On peut maintenant vendre à des prix plus normaux, même si Shawinigan est toujours en bas du marché.»

En octobre 2018, le loyer moyen s’établissait à 760 $ par mois au Québec, soit près de 300 $ de plus qu’à Shawinigan. Il faut dire aussi que le taux d’inoccupation s’établissait alors à 2,3 % en moyenne à travers la province.

Cette course aux aubaines attire beaucoup d’investisseurs de Montréal et même de la Colombie-Britannique, observe M. Dufour. «Ces gens-là ne comprennent pas ce qui se passe ici», relate l’agent immobilier. «Ils s’informent pour un bloc à 150 000 $ et ils me demandent si je suis sûr que c’est pour un six logements complet et non pour une porte!»

M. Dufour s’encourage avec la baisse du taux d’inoccupation observée au cours des dernières années à Shawinigan, l’arrivée de CGI et la construction d’un nouveau Centre national de vérification et de recouvrement.

«Ce sont de bonnes nouvelles pour la région», résume-t-il. «Je pense que le marché immobilier va monter. Comme à la bourse, notre action a planté à Shawinigan, mais on est en train de se reprendre.»