Le maire de Shawinigan, Michel Angers, lors de sa conférence annuelle devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan en janvier.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers, lors de sa conférence annuelle devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan en janvier.

Importance de l’achat local : Michel Angers insiste

Shawinigan — Le maire de Shawinigan demande à la communauté d’affaires de répandre l’importance d’encourager les commerces locaux au cours des prochains mois afin de leur permettre de survivre à l’état d’urgence provoqué par la pandémie de la COVID-19.

Michel Angers a lancé un appel bien senti en fin d’après-midi mardi, dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan. Confinement oblige, l’exercice a été mené à distance grâce à la plateforme Zoom. En tout, 31 membres ont participé à cette assemblée.

M. Angers a sauté à pieds joints dans la période de questions pour lancer un véritable cri du coeur.

Le maire s’est servi des statistiques sur les membres de la CCIS pour étayer son argumentation. En effet, sur 235 entreprises et organismes qui ont payé leur adhésion en 2019, 144 comptent 10 employés ou moins.

Cette proportion illustre bien le virage économique effectué par Shawinigan, mais en cette période de pandémie, elle démontre aussi toute la vulnérabilité du milieu.

«Depuis une dizaine d’années, nous avons bâti une organisation économique basée sur la petite et la moyenne entreprise», explique-t-il. «Toutes ces entreprises sont fragilisées par la crise actuelle. Nous tentons de les supporter du mieux qu’on peut pour les aider à passer à travers cette période très, très difficile.»

«On annonce un été plutôt tranquille en terme d’événements et d’activités», ajoute le maire. «Ça va toucher des commerces, des entreprises, des restaurants... Nous aurons besoin de tout le monde.»

À chaque semaine, la CCIS fait partie des organismes qui échangent sur la situation actuelle et sur l’après-crise. Le maire invite les gens d’affaires à poser un geste supplémentaire sur une base individuelle.

«Nous travaillons actuellement sur une campagne d’achat local», illustre-t-il. «Ça ne doit pas être juste théorique. Par exemple, une entreprise de Shawinigan vient faire mon traitement de gazon à chaque année. Mais cette année, j’ai ajouté des services.»

M. Angers souhaite que les personnes dont le revenu n’a pas été touché par les impacts de la pandémie se permettent ce petit extra pour stimuler l’économie locale.

«La CCIS a toujours eu un rôle de mobilisation, mais elle peut ajouter à ce rôle pour s’assurer que dans ses communications avec ses membres, chacun fera un petite geste à la hauteur de sa capacité. La mobilisation et la solidarité sont extrêmement importantes dans le contexte actuel.»

Le maire souhaite que sa communauté se remette à vibrer au rythme de l’achat local au cours des prochaines semaines. Plus que jamais, il appelle à dépasser le stade des nobles intentions.

«Il faut que les membres de la CCIS rappellent à leurs employés l’importance de cette reprise économique», propose M. Angers. «La plupart des membres sont en pause et auront besoin de repartir. D’autres peuvent encourager tout de suite l’achat local. Quand nous ferons la transition vers la reprise, nous devrons continuer à acheminer le même message que présentement.»

Le commentaire du maire a suscité quelques réactions. Valérie Lalbin, directrice générale de Tourisme Shawinigan, avance la nécessité d’un «plan de transformation» vers une économie plus durable, «qui reposerait sur les aspects humains et non financiers à tout prix».

Donald Angers, directeur général du Centre d’excellence en efficacité énergétique, a renchéri en proposant l’organisation d’un webinaire entre la communauté d’affaires et les élus de tous les paliers pour renforcer ce message.

Transition

L’année 2019 a marqué une nouvelle transition à la direction générale de la CCIS, ce qui ne se produit jamais sans impact. En octobre, Geneviève Racine est devenue la sixième directrice générale de la CCIS en huit ans.

Malgré une période de flottement de quelques mois l’an dernier, l’organisme est parvenu à hausser ses revenus d’adhésion de près de 15 % en 2019. Une promotion lancée en septembre a permis ce redressement.

Autre bonne nouvelle dans cette colonne, la CCIS a obtenu près de 15 000 $ en diffusant des publicités sur son nouvel afficheur électronique au centre-ville.

Par contre, les produits totaux ont subi une baisse de 13 % en 2019, principalement en raison d’un recul des revenus provenant de partenaires et ceux perçus lors des activités. Par exemple, le Gala Distinction Desjardins, l’événement phare de l’année, a encaissé une baisse de revenus de 22 % en 2019.

«La Fondation de la CSSS de l’Énergie avait organisé une activité en même temps», rappelle Mme Racine, en parlant de la Soirée VIP à la Maison de la culture Francis-Brisson, également présentée le 1er novembre.

«Nous avons toutefois fait un bon travail pour réduire les dépenses, en enlevant ce que nous pouvions sans nuire à la qualité du gala et au service», ajoute-t-elle.

«Nous avions aussi moins d’activités en 2019 par rapport à 2018. Le conseil d’administration avait pris la décision de ne pas trop remplir le calendrier pour se garder des portes ouvertes.»

Normalement, un nouveau conseil d’administration aurait dû être élu dans le cadre de cette assemblée générale. En raison des circonstances actuelles, cette obligation est reportée à une prochaine assemblée trimestrielle, en juillet ou en octobre, selon l’évolution des restrictions imposées par la COVID-19.