Tant à Sherbrooke qu’à Gatineau et Trois-Rivières, la hausse des ventes de propriétés avoisine les 100 % depuis la fin du confinement.
Tant à Sherbrooke qu’à Gatineau et Trois-Rivières, la hausse des ventes de propriétés avoisine les 100 % depuis la fin du confinement.

Immobilier : les villes du Québec reprennent vie

Après des mois de mars et avril plutôt difficiles, le marché immobilier reprend de la vigueur à Sherbrooke, à Québec, à Saguenay, à Gatineau et à Trois-Rivières.

La hausse est particulièrement spectaculaire à Saguenay et Québec où les ventes de propriétés ont bondi de près de 600 % et 300 % respectivement, selon une étude publiée par Desjardins et l’Association canadienne de l’immeuble. Les données compilées montrent que Saguenay et Québec ont même surpassé le marché de Montréal en mai.

Dans les autres grandes villes du Québec, la hausse des ventes de propriétés avoisine les 100 %, tant à Sherbrooke, Gatineau qu’à Trois-Rivières.

«Les chiffres de mai sont encourageants, mais ils reflètent à la fois la demande des acheteurs qui ont reporté leur démarche pendant le confinement et ceux qui ont mis leur projet en branle par la suite. Les ventes continueront à se redresser pendant la période estivale, mais les augmentations seront moins spectaculaires qu’en avril», indique Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins et auteure de l’étude.

Selon Mme Bégin, le niveau d’activité qui existait avant la COVID-19 ne sera pas atteint d’ici la fin de l’an prochain au Québec et en Ontario. Les difficultés du marché du travail qui tarderont à s’estomper complètement, la confiance chancelante des ménages et les difficultés financières de certains d’entre eux empêcheront un retour à la normale.

«Le taux de chômage, qui redescendra peu à peu, devrait avoisiner les 8 % au Québec et en Ontario d’ici la fin de 2020, alors qu’il se situait autour de 5 % en début d’année. Inévitablement, cela limitera le nombre d’acheteurs.»

Et les prix?

Même si la pandémie a eu pour effet de faire chuter l’offre et la demande au cours du printemps, cette «mise sur pause» du marché ne devrait pas avoir d’impact majeur sur le prix des propriétés,

«Le marché résidentiel était extrêmement serré avant la pandémie puisque l’offre de propriétés à vendre s’avérait insuffisante pour combler la demande, rappelle Mme Bégin. Même si les ventes commencent à se redresser depuis le mois de mai, le bassin de maisons et de condos disponibles a aussi augmenté depuis le début du déconfinement. Le ratio ventes/nouvelles inscriptions s’approche ainsi de l’état d’équilibre. Pour l’instant, la situation de pénurie est encore présente au Québec, ce qui permet aux prix moyens de se maintenir.»