Prisylla Bergeron est responsable du projet chez Stratégie Carrière.
Prisylla Bergeron est responsable du projet chez Stratégie Carrière.

Immigration: Stratégie Carrière mise sur la sensibilisation à la diversité culturelle

Trois-Rivières — Stratégie Carrière va déployer, dans la prochaine année, de multiples activités et outils visant à informer et sensibiliser la population à la réalité des personnes immigrantes au Québec.

«C’est certain que ça demande des ajustements dans le contexte de la pandémie, mais on va y arriver», affirme Prisylla Bergeron, responsable du projet chez Stratégie Carrière.

C’est un portrait que l’organisme a dressé en 2018-2019 à Trois-Rivières, Shawinigan et dans la MRC de Maskinongé qui a mené à cette initiative.

Le portrait a fait ressortir différents défis dont, entre autres, le manque d’occasion de rencontres favorisant les rapprochements interculturels et la méconnaissance des personnes immigrantes et leur parcours de vie (réfugiés, demandeurs d’asile, travailleurs qualifiés). On souhaite contrer les préjugés et le racisme.

«Nos actions comportent la réalisation d’activités et d’outils tout au long de l’année permettant d’informer, de sensibiliser et d’éduquer la population québécoise à la diversité culturelle», explique Prisylla Bergeron.

«Nous croyons fermement qu’une meilleure connaissance du parcours des personnes réfugiées et immigrantes permet de sensibiliser la population à leur réalité, et ainsi de favoriser une plus grande ouverture à la diversité culturelle. Il s’agit là d’un point de départ incontournable pour permettre l’intégration des personnes immigrantes au marché du travail de façon harmonieuse», précise-t-elle.

La crise sans précédent qui nous frappe pourrait également faire prendre conscience à la population de toute l’importance des personnes immigrantes qui viennent travailler ici, entre autres, dans le domaine de la santé, mais également dans tout le secteur agroalimentaire. On espère qu’il y aura une réflexion d’amorcée dans la population.

«Les gens peuvent parfois se sentir envahis ou avoir l’impression que les immigrants volent leur emploi, alors que les personnes immigrantes sont là pour pallier le manque de main-d’œuvre. S’ils ne peuvent plus venir, les gens vont peut-être remarquer qu’ils étaient là pour pallier les manques. Dans les semaines et les mois qui vont venir, les gens vont peut-être réaliser et prendre conscience que leur présence et leur aide sont essentielles. […] L’impact va être assez important pour réaliser que l’immigration est très bénéfique», assure Prisylla Bergeron.

Évidemment, on sent les besoins criants sur le terrain. L’organisme reçoit des demandes auxquelles elle ne peut pas répondre.

«Des personnes immigrantes qualifiées disponibles, on en manque. Ç’aurait été bien de continuer à en avoir. Il y en a qui sont prêts, et même diplômés, qui pourraient être dans le domaine de la santé, mais qu’on ne peut pas intégrer en raison de la pandémie», explique Mme Bergeron.

Il y a également du positif à travers tout ce branle-bas de combat. Des stagiaires ont pu être engagés en raison de la pandémie. Les besoins étaient si grands que les employeurs ont embauché les stagiaires, même ceux qui présentaient certaines difficultés.

Pour d’autres, la situation est plus complexe. Les employeurs surchargés par la crise ont des besoins, mais ils ne sont pas toujours prêts à mettre toutes les énergies pour intégrer une personne immigrante, soutient Prisylla Bergeron.

«Pour une personne qui a une légère limitation, soit à la langue ou du côté culturel, c’est plus difficile de l’intégrer. On se retrouve avec plusieurs personnes sans emploi, qui pourraient être préposées aux bénéficiaires par exemple», explique-t-elle.

Projet essentiel

Parmi les activités prévues, notons des conférences sur l’histoire des noirs, des ateliers sur les types d’immigration et réfugiés, des expositions sur les communautés culturelles, des activités de sensibilisation pour les gestionnaires d’immeubles locatifs et des rencontres d’échanges interculturels avec les aînés.

«C’est certain qu’on ne peut pas se déplacer pour l’instant, mais on veut créer des liens avec les personnes âgées. Ça peut être un plateau de bénévole, ça peut être une conférence, un échange de repas interculturel… Pour l’instant, comme on ne peut pas y aller, on a des personnes immigrantes qui ont fait des témoignages vidéo qu’on peut transmettre à certaines résidences. Ça crée quand même des liens, et ça sensibilise les gens aux personnes immigrantes», souligne la responsable du projet chez Stratégie Carrière.

De plus, certains outils seront créés et diffusés, tels que des capsules d’information, des témoignages et un aide-mémoire pour les entreprises de la Mauricie.

«Nous sommes conscients que le contexte actuel lié à la pandémie du COVID-19 amène une contrainte énorme dans le déploiement de nos activités. Mais ce contexte entraîne un défi encore plus grand pour les personnes immigrantes qui se retrouvent isolées à cause du confinement décrété par la Santé publique. Quand on est une personne immigrante, l’isolement est déjà au cœur de notre vie quotidienne. Imaginez ce que cela peut signifier pour eux présentement, surtout quand tu ne connais pas encore suffisamment la langue pour bien comprendre ce qui se passe. Notre projet est donc plus que jamais essentiel, maintenant», explique Annie Jean, directrice générale chez Stratégie Carrière.

Dans les prochaines semaines et mois, l’équipe de Stratégie Carrière sera à pied d’œuvre pour voir à l’organisation des activités prévues au calendrier.

L’organisme sera alors en lien avec les différents partenaires de la région, dont la Ville de Trois-Rivières et le Service d’accueil des nouveaux arrivants de Trois-Rivières, et ce, dans le but de créer des ponts entre les communautés culturelles et la population.