Denis Lebel (au centre), PDG Conseil de l’industrie forestière du Québec, s’est adressé aux membres de la CCIHSM. Il est entouré de Sylvie Francoeur, trésorière, Karine Rochette, directrice générale, Mélanie Ricard, présidente et Sylvain Lafrance, administrateur de la CCIHSM.

«Il y a beaucoup d’avenir en forêt»

LA TUQUE — «J’arrive avec un nouveau discours, une nouvelle façon de voir les choses. C’est clair qu’il y a beaucoup d’avenir en forêt». Le PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), Denis Lebel, s’est adressé aux membres de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice (CCIHSM) avec beaucoup de positivisme concernant l’avenir de l’industrie forestière.

«Ça va assez bien présentement. On a des voies de sortie pour nos produits. Oui, il y a le conflit avec les États-Unis, mais actuellement on refile la facture aux Américains. Au niveau du bois d’oeuvre, ça va bien. Au niveau des pâtes et papier, le défi est toujours là et les compagnies innovent régulièrement», a lancé M. Lebel.

Ce dernier ne se cache toutefois pas que des défis importants guettent l’industrie parce qu’avant de vendre le bois, il faut d’abord le récolter et le transformer. La main-d’oeuvre se fait de plus en plus rare, en quantité et en qualité.

«C’est un défi qu’on a et on va l’affronter tout le monde ensemble», a-t-il lancé.

Denis Lebel pense qu’une des façons de combler les postes vacants dans l’industrie, c’est une nouvelle stratégie d’immigration.

«On veut amener un volet différent. On pense qu’on doit aller plus dans la ruralité du monde, peu importe où ce sera, pour offrir un avenir. Dans n’importe quelle région de n’importe quel continent, on pense que les gens de ces régions-là, qui veulent avoir un avenir différent, on a un travail intéressant à offrir, des maisons libres… […] On veut trouver une façon de toucher le monde rural du monde».

L’ancien ministre conservateur veut également redorer l’image de la forêt. Il soutient que la perception des citadins vis-à-vis la forêt n’est pas tout à fait ce qu’est la réalité.

«C’est comme un jardin, si tu ne récoltes pas tes légumes et que tu les laisses pourrir dans la terre, tu ne seras jamais capable de les manger. En forêt, si tu ne récoltes pas l’arbre qui est à maturité, il va pourrir et tomber. On va perdre sa valeur économique et il va émettre du co2. C’est le même principe. C’est un jardinage de notre forêt qu’on doit faire.»

Denis Lebel a également été questionné sur l’important projet de bioraffinerie alimentée par les résidus forestiers.

«L’utilisation des sous-produits et de la fibre c’est important. On ne peut pas faire autrement qu’être content qu’il se travaille des projets comme ceux-là. Tout ce qui utilisera de la fibre forestière pour nous mérite d’être gardé», a-t-il lancé.

Le conférencier a finalement mentionné qu’il voulait être un acteur de changement pour porter des messages d’espoir et de fierté vis-à-vis l’industrie forestière.

«Les arbres vont continuer à pousser et on a la capacité de les récolter et de les transformer. Il y a du bran de scie dans les rondelles de la ligne nationale pour contrôler le rebond, qui sait ça ? Il y a des composantes de bois dans des médicaments, des produits de beauté… Les gens ne le savent pas. C’est mon devoir de passer ces messages-là et de redonner le goût et l’espoir envers la forêt».