Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

«Il va faire soleil à Bécancour», dit le maire Jean-Guy Dubois

Bécancour — En laissant un échantillon de crème solaire sur les tables, à son déjeuner-conférence annuel tenu mercredi à l’Auberge Godefroy, le maire Jean-Guy Dubois voulait passer le message «qu’il va faire soleil durant l’été qui vient à Bécancour».

«Je vais passer de la pelle aux ciseaux», a-t-il prédit, s’attendant à couper des rubans d’inauguration de projets tels que la Société Écosource recyclage, avec son usine de recyclage de pneus.

Le premier magistrat a rappelé comment l’époque de son mandat réalisé de 1986 à 1995 en fut une d’âge d’or avec l’Aluminerie de Bécancour, l’usine Norsk Hydro, Télébec, l’Auberge Godefroy et le club de golf de Gentilly, Hydrogenal et Reynolds, représentant des investissements de trois milliards de dollars en dix ans.

Par la suite, de 1995 à 2012, ce fut, dit-il, des années de consolidation, avant qu’arrive «le choc de la centrale», faisant allusion à la fermeture de Gentilly-2 et la perte de 850 emplois. Le tout fut suivi par des «cigares mouillés» comme RER Hydro et Minéraux rares Quest, annoncés en grande pompe dans les deux premières semaines de son retour à la mairie en 2013, pour des investissements potentiels de 2,3 milliards de dollars.

«On est passé de super gros projets à des petits projets», a-t-il fait remarquer.

C’est dans ce contexte qu’en 2014, le maire Dubois a tenu un chantier économique qui fut marqué d’essais et d’erreurs, de son propre aveu. Deux ans plus tard, la Ville de Bécancour concluait un partenariat avec Innovation et Développement économique Trois-Rivières. «Ce fut un moment charnière. On n’est pas divisé par un fleuve, mais uni par un pont», a-t-il souligné.

Aujourd’hui, le quotidien économique de Bécancour se traduit par le Fonds de développement de Bécancour, l’incubateur, qui ouvrira ses portes en avril, le parc J.-Demers et la zone d’innovation Bécancour, qui est à voir le jour. Dans ce dernier cas, une somme de 240 000 dollars a été investie dans une analyse et la gestion des CO2 pour la grande entreprise est ciblée comme créneau.

«On veut créer à Bécancour une sorte de banc d’essai pour la province», a-t-il indiqué, évoquant le bassin d’entreprises importantes qui pourront «développer des façons de faire environnementalement rentables».

Dans les bonnes nouvelles de 2019, le conférencier du jour a évidemment salué la fin du lock-out à l’ABI. «Ça m’a magané, mais le règlement nous a enlevé un poids énorme sur nos épaules alors que cela représente 16 % de notre budget», a avoué celui pour qui la fermeture de l’aluminerie aurait été plus catastrophique que celle de la centrale nucléaire.

Alubar, qui a pris la relève de Sural, Air liquide qui a investi 30 millions de dollars, le Complexe équestre de Gentilly, la Distillerie du Quai et Greentone (l’ancien Flora Agritech) figurent aussi sur sa liste des bons coups de la dernière année.

Et en collaboration avec En+reprendre Bécancour, la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour et la SADC de Nicolet-Bécancour, la Ville travaille à des dossiers d’agrandissement, de relocalisation, d’achats d’équipements, d’expansions, de démarrage et prédémarrage.

«Pour 2020-2021, il faut revoir nos structures d’accueil», a-t-il laissé entendre, évoquant la nécessité de motels industriels.

Citant le livre de Klaus Schwab sur la quatrième révolution industrielle, Jean-Guy Dubois aimerait bien l’imiter en publiant un ouvrage qui aurait pour titre: Dans l’œil de la révolution environnementale.

«On est bombardé d’informations et 60 % d’entre elles touchent l’environnement», affirme celui qui identifie plusieurs niveaux d’intervention: personnel, municipal, industriel, gouvernemental et planétaire.

Celui-ci s’est plu à rappeler que déjà, en 1991, la Ville de Bécancour avait remporté un prix pour sa performance environnementale.

Par ailleurs, avec la nouvelle génération montante caractérisée par les technologies, l’esprit d’entrepreneuriat et les valeurs familiales, «on doit changer notre façon de placer nos priorités», a-t-il déclaré.

Finalement, le Bécancour de 2020-2022 sera celui de l’incubateur, du parc J.-Demers et de l’économie sociale, de la politique familiale, avec les saines habitudes de vie, la propreté et l’embellissement et du budget citoyen, et du contrôle efficace des finances.

«On est de bonne humeur à Bécancour», a conclu celui qui a énuméré les nombreux indicateurs favorables à sa municipalité, tantôt au niveau de la vitalité économique, tantôt sur le plan de la qualité de vie, et ce, en raison des facteurs de sécurité, accès à la propriété, robustesse de l’économie et qualité des infrastructures.