Luc Blanchette était l'invité de la Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice. Il s'est adressé à une centaine de personnes.

«Il faut voir l'industrie forestière comme notre avenir»

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, s'est adressé aux gens d'affaires, principalement de l'industrie forestière, lundi, à La Tuque.
Il a martelé qu'il fallait mettre de la pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il intervienne dans le conflit imminent du bois d'oeuvre, mais surtout qu'il y avait de l'avenir dans l'industrie forestière.
«Il faut voir l'industrie forestière comme notre avenir dans le temps. On est à la croisée des chemins. L'industrie forestière, sans faire de mauvais jeux de mots, c'est nos racines, c'est nos emplois, c'est des familles, ça fait vivre des collectivités. Il est important de consolider ces emplois-là», a lancé le ministre Luc Blanchette.
Ce dernier soutient d'ailleurs qu'une des façons d'y arriver, c'est de mettre de la pression sur le gouvernement fédéral concernant le conflit sur le bois d'oeuvre.
«S'il y a des gens qui trouvent que Donald Trump est imprévisible, nous au contraire on le trouve très prévisible. [...] Des droits compensatoires, il va y en avoir c'est sûr. C'est pour ça qu'on négocie avec le gouvernement fédéral pour avoir des garanties de prêts et honnêtement, ça va très bien», a-t-il lancé.
L'autre façon, selon le ministre, c'est de diversifier, de moderniser, d'adapter et d'innover dans l'industrie de façon à maintenir les emplois pendant plusieurs autres décennies.
Il a insisté pour dire que les départs massifs à la retraite allaient libérer énormément d'emplois. Même dans la région qui a été particulièrement affectée par les pertes d'emplois dans les dernières années.
«On manque de main-d'oeuvre spécialisée, et là je parle d'ingénieurs forestiers, de techniciens forestiers, d'opérateurs de machinerie lourde ou fixe, d'électriciens, d'architectes... Il y a une panoplie d'emplois et on en manque cruellement à La Tuque et ailleurs», affirme M. Blanchette.
«Les usines ne pourront pas se diversifier, ne pourront pas se moderniser ni opérer si elles n'ont pas ce type d'emploi. Le plus grand souci présentement c'est de recruter de la main-d'oeuvre compétente. [...] C'est inquiétant. Ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas d'avenir dans l'industrie forestière, au contraire», ajoute-t-il.
L'allocution du ministre Blanchette a semblé plaire à la majorité des intervenants rassemblée à ce dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice, notamment au grand chef de la nation atikamekw. Constant Awashish, qui ne s'est pas gêné pour passer son message concernant le partage des ressources, était satisfait du message véhiculé par le ministre.
«Ce qui nous préoccupe c'est la question autochtone évidemment. On veut que ce soit fait dans le respect de nos droits. On veut développer un partenariat, une collaboration entre les acteurs de l'industrie et le milieu autochtone pour justement trouver une approche qui pourrait inclure notre main-d'oeuvre atikamekw qui s'en vient de plus en plus nombreuse [...] On doit travailler ensemble pour développer un avenir meilleur pour nos enfants», a lancé le grand chef Constant Awashish.
Toutefois, il n'y avait pas que des heureux. Claude Gagnon, le vice-président du Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie, n'a pas semblé avoir toutes les réponses à ses questions. Il a interpellé le ministre concernant l'accès au marché, le prix offert pour le bois de sciage aux propriétaires de lots privés et sur les problèmes reliés à la tordeuse des bourgeons de l'épinette.
«Le bois issu de la forêt privée est aussi important que celui issu de la forêt publique. Tout n'est pas parfait dans le système, mais il faut travailler ensemble», a tenu à rassurer le ministre.
Les pourvoyeurs auraient apprécié faire davantage partie du message du ministre également, même si dans l'ensemble le discours du ministre a été apprécié.
«On aurait aimé qu'il se fasse un peu plus rassurant pour les pourvoiries et les autres utilisateurs. [...] On aurait aimé qu'il voie les pourvoyeurs comme un acteur important de l'économie de la forêt. Il a parlé beaucoup des forestiers, mais nous aussi on fait partie de la forêt et on crée beaucoup de richesse et beaucoup d'emplois. C'est souvent oublié», a commenté Bruno Caron, président de l'Association des pourvoiries de la Mauricie.
Des annonces à venir
Le ministre n'a pas voulu «jouer au père Noël», mais il a toutefois laissé savoir qu'il y aurait des annonces qui devraient faire des heureux dans la région. D'importants volumes de bois non récoltés vont être redistribués.
«La région de la Mauricie en particulier a eu des gains de volume de bois à être accordé. [...] On parle de volumes importants qui vont satisfaire», a-t-il souligné.
Moratoire sur la pêche à la perchaude
Le ministre Blanchette a affirmé qu'aucune décision n'était encore prise quant au moratoire sur la pêche à la perchaude au lac Saint-Pierre.
«On est en analyse présentement. Il y aura des rencontres avec les intervenants directement concernés. Il n'y a pas de décision de prise au moment où l'on se parle. [...] Les décisions officielles n'ont pas été prises, on est en consultation présentement», a-t-il commenté.