Marielle Magnan et son conjoint André Mélançon, initiateurs des Petites bedaines pleines, ont reçu tout un coup de pouce du IGA Extra Famille Baril de Shawinigan, représentés par Séléna Baril, directrice et Claude Baril, propriétaire.

IGA Extra Famille Baril délie les cordons

SHAWINIGAN — «Toutes les causes sont importantes, mais il n’y a rien qui est plus important que les enfants qui ne mangent pas à leur faim».

Claude Baril, propriétaire du IGA Extra Famille Baril de Shawinigan, peinait à retenir une petite émotion bien sentie mardi matin, en vantant tous les mérites du projet Les Petites bedaines pleines, dirigé par Marielle Magnan pour une sixième année. L’homme d’affaires a décidé de consacrer au moins la moitié de ses commandites au cours des deux prochaines années à cette cause, un don qui pourrait atteindre 50 000 $.

Touchée par la pauvreté de certains élèves qui fréquentent l’école Saint-Jacques, Mme Magnan a d’abord cogné aux portes de connaissances pour fournir à ces enfants des collations nutritives. Après six ans, son initiative a pris beaucoup d’ampleur. Les élèves de six écoles de Shawinigan bénéficient maintenant de cette œuvre. Quatre bénévoles, dont Mme Magnan et son conjoint, concoctent ainsi 480 collations par semaine. Des jeunes inscrits à l’aide au devoir du programme Passeport pour ma réussite bénéficient également de cette pure bonté.

«Nous offrons du fromage, des barres tendres, beaucoup de fruits», énumère Mme Magnan. «Le but, c’est que l’enfant mange comme il faut. Mon conjoint et moi, on passe douze briques de fromage le dimanche, qu’on coupe en lanières pour les mettre dans de petits sacs à collation.»

Claude Baril fait partie des partenaires de ce projet depuis ses débuts. En apprenant que Mme Magnan peinait parfois à terminer l’année scolaire en raison de ressources financières insuffisantes, il a décidé de bonifier sa contribution. De 5000 $ par année, elle passe ainsi à 20 000 $. Même qu’en 2019-2020 et en 2020-2021, IGA Extra Famille Baril s’engage à aller jusqu’à 25 000 $ pour s’assurer que les collations suivront jusqu’à la fin juin.

Année après année, cette entreprise remet près de 40 000 $ en dons alimentaires et en commandites. Les Petites bedaines pleines accapareront donc environ la moitié de ce montant à l’avenir.

«Pour un papi qui a quatre merveilleux petits-enfants, penser qu’ils pourraient se rendre à l’école le ventre vide est inconcevable», lance M. Baril. «Qu’on arrive à la fin de l’année scolaire et qu’on arrête le service, surtout en période d’examens, ça nous a allumé une lumière. Nous avons donc convenu d’appuyer ce beau projet pendant toute l’année.»

«Il y a beaucoup d’organismes et beaucoup de besoins; il faut donc établir des priorités», ajoute Séléna Baril, directrice du IGA Extra. «Malheureusement, beaucoup d’enfants ne mangent pas à leur faim ou n’ont pas la nourriture adéquate pour se rendre à l’école. Le service de Mme Magnan ne demande pas d’infrastructures supplémentaires aux écoles. De plus, avec cet organisme, on sait que l’argent et les denrées s’en vont directement aux enfants qui en ont vraiment besoin.»

Pour Mme Magnan, ce don retire une tonne de pression sur sa petite équipe.

«On ne s’imagine pas que des enfants vont à l’école sans avoir mangé», se désole-t-elle. «Ils n’ont pas de collation, un dîner souvent inadéquat. On voit des mamans en grandes difficultés, monoparentales, des pères avec des problèmes de toxicomanie. Il ne faut pas les juger, mais ce sont les enfants qui payent la note souvent.»

Mario Boulanger, directeur de l’école Immaculée-Conception, assistait à cette annonce mardi matin. Il confirme les bienfaits de cette initiative dans un milieu scolaire défavorisé.

«Si on n’a pas de partenariat comme celui-ci, il nous manque de petits morceaux», fait-il remarquer. «La tension que vit un enfant quand il n’a pas déjeuné, quand il n’a pas sa collation, ça fait une différence. Quand l’enfant a répondu à un de ses besoins primaires, il peut retourner en classe et revivre plus d’activités d’apprentissages.»

M. Baril souhaite que son geste sera imité par d’autres personnalités d’affaires de la région, qui sous-estiment sans doute l’ampleur du phénomène des enfants sous-alimentés en classe. Mme Magnan ne doute d’ailleurs pas que d’autres écoles manifesteront le même besoin au cours des années à venir. La septuagénaire ne pourra se permettre de lever le pied.

«En vieillissant, on dirait que ça prend un sens à notre vie», réfléchit-elle. «C’est un choix que je fais. Je ne suis pas amatrice de café, je ne m’assoirai donc pas pendant un après-midi pour boire du café. J’aime parler avec les enfants, les voir grandir, les voir réussir. C’est ma paye!»