Mario de Tilly, directeur général d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDETR).
Mario de Tilly, directeur général d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDETR).

IDETR en mode sauvetage d’entreprises

Trois-Rivières — Mario de Tilly ne s’en cache pas: il est déchiré entre le cœur et la raison. D’un côté, il dit comprendre les décisions du gouvernement en raison de la crise sanitaire, mais de l’autre, il admet que la prolongation de la fermeture de toutes les entreprises et de tous les commerces non essentiels jusqu’au 4 mai prochain va générer des problèmes de liquidités encore plus importants.

«Quand on voit la pyramide des contaminés, le nombre de décès, le nombre de personnes hospitalisées, je peux très bien comprendre qu’on est face à une problématique majeure de santé publique et je pense que les décisions qui sont prises par l’État en ce moment sont les bonnes», fait d’abord savoir le directeur général d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDETR).

«On sait d’ores et déjà qu’on va essayer de sauver le plus possible d’entreprises, mais cependant, à l’impossible, nul n’est tenu. Nous sommes conscients qu’il y a beaucoup d’entreprises qui vont être en danger. Mais tous les efforts sont déployés pour en sauver le plus possible », renchérit-il.

En ce sens, il se réjouit des trois millions de dollars additionnels que vient d’annoncer Québec pour aider IDETR à soutenir les entreprises, ce qui porte le fonds global à près de cinq millions de dollars.

«Cependant, compte tenu du tsunami économique qui a été généré, on est quand même conscient qu’il y a des priorités qui vont devoir être faites. On va mettre en place des structures, un comité multipartite que le maire va annoncer, qui vont nous permettre de définir des priorités pour voir un peu comment on va réagir en regard des besoins immenses», a-t-il affirmé.

Chez IDETR, on a déjà enclenché, dit-il, une mise en contact avec l’ensemble des entreprises du territoire pour bien définir les besoins. «Ça ne prend pas la tête à Papineau pour savoir que le besoin, c’est un besoin de fonds de roulement, mais il faut avoir la hauteur des besoins. Nos ressources sont limitées. La question, c’est de savoir comment on peut en aider le plus possible avec les ressources», souligne celui qui souhaite d’autres budgets additionnels de la part de l’État d’ici la fin de la crise et le début de la relance.

Selon lui, ce sont davantage les entreprises faisant affaire avec le consommateur qui vont souffrir «énormément».

Que pense-t-il du Panier Bleu? «Encore là, avec le cœur, c’est une initiative exceptionnelle qui doit être maintenue après la crise. Maintenant, pour nous localement, ce qui va être l’enjeu, c’est qu’on a beaucoup d’entreprises qui n’ont pas de sites transactionnels. Ça fait partie de nos préoccupations. Nous, ce qu’on va faire, on va travailler pour aider les entreprises à se diriger vers des sites transactionnels et on va mettre en place des programmes pour les aider à accélérer de ce côté-là», indique M. De Tilly.

Par ailleurs, l’équipe d’Open Trois-Rivières vient de lancer le service Créatifs pour emporter. Il s’agit d’une aide-conseil offerte gratuitement aux entreprises qui pourraient bénéficier d’expertise en innovation pour les aider à structurer et à apporter l’étincelle manquante à leurs projets de relance.

«Nous avons mis en place des fonds spéciaux pour supporter nos entreprises, mais il faut aussi penser à leur relance. Plus que jamais, il faudra que les entreprises soient créatives et innovent dans leurs façons de faire et c’est pourquoi notre équipe d’innovation est là pour les aider», s’est plu à soulever M. de Tilly.

Prendre du recul sur la situation, stimuler la créativité et l’innovation, préparer l’entreprise à gérer la complexité et le changement et communiquer efficacement à l’interne et à l’externe: voilà les objectifs recherchés par Étienne Dansereau, coordonnateur à l’innovation, Marie-Michèle Lemay, chargée de projets stratégiques et Laurence Gagné, chargée de projets.

«La sortie de la crise va assurément passer par l’innovation et la créativité. La situation amène beaucoup de changements, de déstabilisation au sein des organisations, ce qui les force un peu à faire des changements et à être fragiles. On sait que c’est une situation qui est difficile, mais c’est surtout une opportunité pour être créatif et trouver des façons de faire des choses autrement», a commenté M. Dansereau.

Les entreprises intéressées peuvent s’inscrire jusqu’au 13 avril via le site web www.opentr.ca/creatifs-pour-emporter. Quelques heures par semaine seront consacrées aux projets retenus, selon les besoins.